Thomas Bach, champion olympique d'escrime par équipe en 1976, a été élu à la majorité absolue dès le deuxième tour du scrutin face aux quatre autres candidats – le Suisse Denis Oswald, le Portoricain Richard Carrion, l'Ukrainien Sergueï Bubka et le Singapourien Ng Ser Miang – rescapés du premier tour où le Taïwanais Ching-Kuo Wu avait été éliminé. Immédiatement appelé à la tribune de la 125e session du CIO, Thomas Bach, avocat de formation, a commencé par remercier en sept langues ses électeurs de leur confiance. Vice-président du CIO où il était entré en 1991, Bach devient le huitième président européen de l'institution olympique dirigée par un seul Américain, Avery Brundage (1952-1972) depuis sa création en 1894. Grand favori du scrutin présidentiel, le plus disputé dans l'histoire du CIO avec six candidats en lice, Thomas Bach a triomphé d'une élection tendue, notamment ces derniers jours, en raison des critiques de son rival suisse Denis Oswald. Jacques Rogge, élu en 2001 à la succession de l'Espagnol Juan Antonio Samaranch, quitte son poste avec le sentiment du devoir accompli. En 12 années à la tête du CIO, ce chirurgien de formation a dû faire preuve d'une grande diplomatie pour opérer à la fois un grand ménage interne et redorer pour l'extérieur l'image d'une institution jugée népotique lorsqu'elle était dirigée par son prédécesseur omnipotent, Samaranch. Il est notamment parvenu à sécuriser les partenariats hyperlucratifs conclus sous l'ère précédente avec les plus grandes multinationales et les diffuseurs pour faire du CIO l'une des institutions les plus opulentes au monde, dotée aujourd'hui d'un trésor de guerre de 901 millions de dollars (683,5 millions d'euros).