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Ghardaïa : Symptôme d'un malaise national
Publié dans El Watan le 07 - 02 - 2014


La question de l'identité
Au cœur des affrontements, des habitants s'opposent. Dans les deux communautés, arabe et mozabite, on affirme avoir été attaqué par des habitants de la communauté opposée. Si certains essayent d'être modérés, dans les discours, l'opposition entre les deux finit toujours par revenir et semble irrémédiable. «Ce ne sont pas des Algériens, ils sont du MAK et ils ont demandé une intervention étrangère», accuse un jeune parlant des Mozabites, persuadé que l'information donnée par une chaîne de télévision est une généralité. «Eux, ils sont au chômage, ils ne font rien de la journée. Alors casser, contre de l'argent, ça les occupe», affirme un commerçant mozabite en parlant des jeunes Arabes qui ont attaqué avant-hier le quartier de Baba Oul Djemma.
La fracture est là. Mais les habitants mozabites estiment surtout que l'Etat n'assure pas leur sécurité et que le problème dure depuis trop longtemps. «Comment expliquez-vous que le cimetière ait été attaqué devant des policiers ?», s'interroge Hamou Mesbah, un représentant mozabite. Des observateurs estiment que le parti unique a longtemps stigmatisé la communauté mozabite en s'appuyant sur l'idéologie d'une société unifiée, en gommant les pluralités culturelles, religieuses et linguistiques. «Dès l'indépendance, il s'est instauré une dichotomie par un discours qui divise, prôné par le parti unique, qui affublait la partie arabophone de tous les louanges, révolutionnaires et nationalistes ; de l'autre côté, les Mozabites étaient traités de vassaux de la France, réactionnaires et bourgeois», témoigne Mohamed Djelmami. Mais la société n'est pas uniforme. Dans le pays, il existe des groupes de population qui ont des cultures et des langues différentes comme les Touareg, les Kabyles ou les Chaouis. Si un groupe est menacé, les autres peuvent également se sentir menacés et avoir une réaction de solidarité.
Les tensions religieuses
Au moins trois mosquées de la ville sont sous contrôle de la mouvance salafiste. Lors des affrontements de décembre, les imams de ces mosquées ont affirmé lors des prêches que les Mozabites n'étaient pas des «vrais musulmans», que le rite ibadite n'était «pas conforme» aux origines de l'islam et que les mausolées étaient des lieux d'adoration («cherk»). Ces discours ont légitimé le recours à la violence et à la profanation des cimetières. «Etant un phénomène d'acculturation, le salafisme n'a pas vocation à prêcher autre chose que la haine, la discorde et l'uniformisme qui renverrait à islam soi-disant standard qui n'a jamais existé historiquement. Avec le salafisme, il faut faire table rase pour laisser place à l'irréflexion, à l'automatisme et au pavlovisme. C'est toute la diversité de l'islam qui est visée par cet activisme nauséabond qui voudrait éradiquer des siècles de convivialité intercommunautaire», explique Zaïm Khenchlaoui, chercheur anthropologue spécialiste de l'islam.
Or, le salafisme et sa virulence contre un islam «modéré» n'est pas limité à Ghardaïa. «Il ne s'agit pas à mon sens d'un problème local, mais d'un phénomène global. Il semblerait que la résistance au discours salafiste s'avère être plus coriace dans la vallée du M'zab que dans d'autres régions du pays compte tenu de la spécificité théologique de ce territoire algérien qui de toute façon n'a pas à subir les vicissitudes doctrinales du sunnisme vu que l'ibadisme est par nature autocéphale et reconnu en tant que tel par l'islam universel», ajoute le chercheur.
La faillite de la représentation
La crise met en relief l'incapacité de l'administration locale à restaurer le calme. Les représentants ne sont plus légitimes. Les habitants de Ghardaïa, des deux communautés, jugent que les liens de clientélisme qui impliqueraient les responsables locaux, de la sécurité comme de l'administration paralysent le processus de prise de décision. «A plusieurs reprises, le wali, pourtant première autorité locale, nous a affirmé que l'affaire le dépassait et que la solution se trouvait ailleurs», rapporte un habitant.
De nombreux citoyens dénoncent aussi des connexions entre certains responsables et des réseaux de trafic locaux. La paix, qui pourtant est un intérêt supérieur, ne peut être atteinte puisque les liens de clientélismes sont si forts qu'ils annihilent toute initiative. L'administration accusée d'immobilisme et la police taxée de laxisme sont décrédibilisées. «Les élus locaux ne sont pas là lorsque les violences éclatent», rappelle un notable. «Les responsables des communautés, ceux qui ont été reçus par le Premier ministre, ne sont pas légitimes. On ne les a jamais vus quand ça n'allait pas», s'emporte un représentant mozabite.
La vulnérabilité du Sud
La défiance contre l'Etat est plus forte dans le sud du pays que dans le Nord. Ouargla, où les chômeurs ont l'appui de la population, n'est qu'à 200 km. La route de Tamanrasset, étouffée par la fermeture des frontières et la destruction du marché, en direction du nord, passe par la vallée du M'zab. Il ne faut pas sous-estimer l'exaspération de la population envers un Etat qui semble indifférent. Par ailleurs, Ghardaïa est un carrefour de plusieurs trafics. «Le M'zab reste une étape historique sur les routes sahariennes. L'affaiblissement de l'organisation d'une société fait la part belle aux trafiquants et aux trabendistes, des acteurs de cette économie informelle née précisément de l'absence d'un projet économique de développement. Tout cela explique combien il est nécessaire pour nombre de prédateurs de briser l'organisation sociale susceptible de faire barrage à une gestion dérégulée de la région», explique la sociologue Fatma Oussedik. Or, cette route du trafic implique aussi les réseaux terroristes, des réseaux présents en Libye et au nord du Mali. Aujourd'hui, l'insécurité dans le sud du pays pourrait interférer avec le dispositif sécuritaire de lutte antiterroriste des grandes puissances dans la région. 


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