Les amateurs de gravures pourront découvrir, dès aujourd'hui 2 mars, à partir de 15h, au niveau de la galerie «Le Paon» de Riadh El Feth, la nouvelle collection de tableaux de la graveuse japonaise Wakaî Mayuka. Ouverte depuis peu, la galerie «Le Paon» donne rendez-vous, cette fois-ci, au public, avec une artiste venue de l'empire du Soleil- Levant. L'artiste, Wakaî Mayuka, est diplômée de l'université d'art de Nagoya, au Japon, et de l'Ecole supérieure des beaux- arts de Dijon, en France. Elle a à son actif plusieurs expositions collectives et individuelles, au Japon et à l'international. Elle a été sélectionnée au Mini print international de Cadaques, en 2015, et à l'exposition annuelle internationale d'Estampe Miniature du Lessedra, en 2016. Installée en Algérie depuis une année, cette femme de diplomate fait son baptême du feu à Alger, plus précisément à la galerie «Le Paon». Elle dévoile, jusqu'au 25 mars prochain, une collection intitulée «Le soleil se lève à l'ouest», riche d'une trentaine de tableaux aux dimensions et aux techniques variées. En effet, les cimaises de la galerie sont ornées, certes, de toiles aux dimensions variées, avec cependant une omniprésence de tableaux de petits formats. Il faut dire que Wakâi Mayuka n'aime pas faire dans la facilité. Preuve en est dans ce souci du détail et de la précision. Si Wakaî Mayuka est designer de formation, elle s'est essayée à la gravure il y a une quinzaine d'années à l'Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Dijon où elle a réalisé ses premières œuvres. Une fois de retour dans son pays natal, au Japon, elle décide d'aiguiser ses connaissances dans l'atelier du célèbre graveur Hiroyuki Suzuki. La graveuse, Wakaî Mayuka, a participé à des expositions collectives à Nagoya, avant de se lancer dans des expositions personnelles un peu partout au Japon, dont, entre autres, Nagoya et Tokyo, etc. En 2016, elle a eu le privilège de séjourner durant deux mois à la Cité internationale des arts à Paris et d'organiser une exposition. Pour Wakaî Mayuka, la gravure n'est autre que cet ensemble de techniques artistiques qui permettent de transcrire sur le papier des images gravées soit sur le bois, soit sur la pierre, ou bien, sur la plaque de cuivre. «Me concernant, dit-elle, je fais de la gravure sur le cuivre. Il y a plusieurs types de gravures sur le cuivre : l'etching (l'eau forte), le dry point (la pointe sèche), le monotype, etc. Je fais notamment de l'etching au Japon». L'artiste explique que la technique l'etching consiste à dessiner l'image sur la plaque de cuivre en utilisant le burin et du liquide chimique acide. Comme elle n'a pas pu apporter avec elle du Japon du liquide chimique, en Algérie, elle utilise la technique monotype, où elle dessine directement avec la plume et l'encre sur le cuivre. «Contrairement à l'etching, explique-t-elle, cette technique ne permet pas la reproduction de l'image». Dans cette exposition à la palette mitigée, la graveuse, Wakaî Mayuka, présente des œuvres créées au Japon, à Paris et à Alger. Ce qui est très important pour Mayouka, «c'est de trouver la vérité au-delà de l'objet, de ne pas être prise par l'objet, je veux faire ouvrir le monde. En prenant toujours plaisir à voir des rencontres imprévues entre le cuivre et l'encre sur mes traits, je veux faire apparaître le visage caché du monde». Dans ses œuvres, elle se plaît à représenter plusieurs motifs, tels que la mer, la rivière ou encore la végétation. Il est à noter que quelques unes des œuvres de la graveuse ont été réalisées à l'Ecole nationale des beaux-arts d'Alger. Wakaî Mayuka précise qu'elle ne fait pas dans l'expression réaliste. «Ce que je veux rendre en images, c'est de l'invisible, c'est-à-dire, l'atmosphère, l'odeur et de la sensation des objets. Le paysage algérien m'inspire beaucoup. Vous trouverez dans cette exposition des œuvres inspirées de la ville de Ghardaïa». Après Alger, l'artiste compte bien continuer son périple en exposant, prochainement à New York