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Il est très important de procéder à des analyses des gazelles lâchées
Dr Mourad Ahmim. Chercheur à la faculté des sciences de la nature et de la vie (université de Béjaïa)
Publié dans El Watan le 23 - 07 - 2020

-Après la dénonciation de la chasse effrénée dans le Sahara algérien, des spécialistes dénoncent une éventuelle pollution génétique dans la région de Naâma. Pourriez-vous nous expliquer ce qui distingue concrètement les gazelles du Sahara algérien dite dorcas ou rym des gazelles de la péninsule arabique qui porte le même nom rym ?
Depuis la fin des années 80, des autorisations ont été données par les services de la Présidence aux émirs des monarchies du Golfe pour procéder à la chasse des gazelles et de l'outarde, bien que ces deux espèces soient protégées par la loi en Algérie ; cette information est de notoriété vu que beaucoup d'organes de presse en ont parlé et qu'on trouve beaucoup d'informations sur la Toile.
Cette chasse effrénée a conduit presque à la disparition des gazelles et de l'outarde et il y a eu l'idée de créer un programme de coopération algéro-émiratie et algéro-qatari conçu pour le repeuplement de la gazelle et de l'outarde dans la vaste région steppique de la wilaya de Naâma. C'est à cet effet que le centre qatari de reproduction des gazelles et de l'outarde, dans la commune de Brizina (sud de la wilaya d'El Bayadh), a été créé ainsi que la réserve naturelle de la localité de Ledjdar, relevant de la commune d'El Kesdir, d'une superficie de 380 ha située à 300 km à l'ouest de Naâma.
Le problème se pose sur la provenance des espèces qui ont été introduites, car il se pourrait que ça ne soit pas des individus d'espèces autochtones vu que le nombre de gazelles dorcas algérien a été réduit presque à néant et que très peu d'informations, concernant cet état de fait, ont filtré. En premier lieu, il y a eu un mélange d'espèces dans les enclos d'acclimatation, car il n'y a pas eu séparation des différentes espèces, car on parle de l'espèce rym et l'espèce maha qui déjà pose problème dès le départ et puis après le lâcher il va y avoir contact avec nos propres gazelles algériennes et une érosion génétique s'installera au péril de la pérennité de notre gazelle.
Pour rappel, la gazella dorcas appartient à la tribu des antilopini qui comprend une vingtaine d'espèces, et au sous-genre gazella. Les scientifiques distinguent sept espèces, gazella dorcas de l'Afrique du Nord, du Nord de la Somalie et de l'Ethiopie, du Sinaï et du Sud d'Israël, gazella saudiya d'Arabie Saoudite, du Koweït et du sud de l'Irak, gazella gazella de la péninsule arabe, d'Israël et du Liban, gazella bilkis du Nord-Yemen, gazella arabica de l'île de Farasan dans la mer Rouge, gazella spekei de Somalie et de l'est de l'Ethiopie, gazella bennetti d'Iran, du Pakistan et de l'Inde. La gazella dorcas est polyptyque et comprend, en Afrique, outre la gazella dorcas pelzelni de la région somalienne, environ quatre sous-espèces sahélo-sahariennes, la gazella dorcas dorcas, dans le désert occidental d'Egypte, la gazella dorcas isabella (G. d. littoralis), dans le désert oriental et les collines de la mer Rouge, la gazella dorcas massaesyla, sur les Hauts-Plateaux marocains et dans le Sahara atlantique et ses abords, la gazella dorcas osiris (G. d. neglecta), dans le Sahel, les massifs centro-sahariens et les abords septentrionaux du Sahara occidental.
Concernant l'érosion génétique n'ayant pas d'étude de référence faite en Algérie, nous avons pris l'exemple d'une étude qui a été faite en 2012 sur l'analyse de l'ADN mitochondrial de cette espèce au Maroc basée sur des méthodes moléculaires invasives et non invasives effectuées sur sept populations (une sauvage, quatre semi-captifs et deux captifs). Les résultats sur la structure génétique et la conservation de G. dorcas montre une diversification au niveau génétique chez les individus sauvages, semi-captifs et captifs, ce qui pourrait être le cas pour l'Algérie vu qu'il y a des individus sauvages autochtones, des individus élevés dans les enclos et des individus relâchés et qui peuvent être en contact avec les autochtones.
-Toujours à propos de ce lâcher effectué à Naâma qui provient de l'élevage intensif, certains estiment qu'au-delà de l'espèce des gazelles lâchées, leur introduction sans observer la quarantaine peut également poser problème. Ces gazelles, issues d'élevage intensif, pourraient être porteuses d'épizootie. Qu'en pensez-vous ?
Concernant les zooties, il est très important de procéder à des analyses des individus ayant été lâchés pour pouvoir déceler d'éventuelles maladies qui pourraient décimer ce qui reste du patrimoine local et autochtone en gazella dorcas.
-Plus de 2000 gazelles sont au programme périodique de lâchers dans les régions steppiques de la wilaya de Naâma dans le cadre de la coopération algéro-émirati. Dans le cas de la confirmation du risque de la pollution génétique, qui peut stopper ces lâchers ?
Concernant les lâchers et les reproductions, à mon avis il serait très important de procéder uniquement à des prélèvements et des captures d'individus autochtones algériens et de les multiplier dans des conditions idéales en free ranching, sans mélange avec d'autres sous-espèces, car toute introduction génère un problème. Une fois que les populations sont importantes, on procède au lâcher de repeuplement.
-Quelle est l'institution chargée de veiller sur la protection et de la pérennité de l'espèce dorcas ?
Les structures qui pourraient se charger de veiller à la protection de la gazelle dorcas existent déjà, mais il faut que ca soit sous l'encadrement de spécialistes et chercheurs universitaires dans le domaine de la mammalogie à qui il faut enlever les contraintes matérielles et qui superviseront périodiquement l'état d'avancement de l'application des recommandations qu'ils auront émises lors d'une manifestation scientifique spécialement dédiée à la gazelle dorcas et que les institutions étatiques chargées de la gestion et de la protection de la faune doivent être chargées du travail de suivi de logistique et de protection sur le plan réglementaire.


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