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La France s'enrhume, l'Europe éternue
Jacques Chirac. Troisième mandat compromis
Publié dans El Watan le 02 - 06 - 2005

« Et puis, comment voulez-vous que les Français s'entendent dans un pays où il y a 270 sortes de fromages. »
Charles de Gaulle
Quand la France est enrhumée, l'Europe éternue. Les électeurs français ont pris en grippe une Constitution dans laquelle ils ne se reconnaissent pas. L'Europe et encore plus Chirac ont subi un véritable camouflet, après le référendum de dimanche.
La France « européaniste » s'est réveillée, lundi, avec la gueule de bois. La majorité des Français a rejeté la Constitution européenne, faisant fi des appels lancés par les partisans du oui, qui n'ont pu empêcher ce véritable séisme dont l'onde de choc a dépassé les frontières hexagonales. Comment la France peut-elle accepter cette dérobade après avoir été à l'avant-garde de la construction du vieux continent : les Europtimistes en sont sonnés ! Le président français sait mieux que quiconque que la démocratie n'est supportable qu'à une seule condition : y avoir la majorité. Chirac qui a joué et perdu est sommé de partir. Lui préconise de retoucher au gouvernement en faisant sauter le « fusible » Raffarin, tout en poursuivant son combat pour l'Europe. « J'ai toujours été un Européen convaincu, depuis l'origine. » Cette affirmation fait sourire ses adversaires qui rappellent le calamiteux « appel de Cochin » lancé en décembre 1978 où il exprimait sa méfiance à l'égard des institutions européennes et sa fidélité sourcilleuse à l'indépendance nationale de la France. Le Pen et Deviliers n'auraient pas dit davantage aujourd'hui. Pourtant, Chirac soutient mordicus qu'entre lui et l'Europe, c'est un vieil amour. « J'ai été un militant de l'Europe agricole, de la politique agricole comme lorsque j'étais ministre de l'Agriculture. Vous voyez, c'est ancien ! et je continue. Je suis pour une Europe telle que la Constitution l'a décrite, et j'ai toujours été pour cette Europe. C'est-à-dire une Europe où l'on se met ensemble, dans un cadre d'harmonisation sociale et de grand marché et où les autorités européennes font ce qu'elles peuvent faire mieux que les autorités nationales, parce qu'elles sont plus fortes. Mais une Europe qui ne touche en rien l'identité des peuples et des nations, qui respecte et conserve l'identité de la France et des autres, naturellement. » Les Français ne l'ont pas entendu de cette oreille, eux qui pensent que l'Europe libérale de grands patrons va tout balayer sur son passage, privilégiant les seuls intérêts des nantis et que, forcément, il n'y aura pas d'équilibre entre l'économie de marché et la cohésion nationale. Sans doute, y a-t-il un déphasage entre la vision chiraquienne et tous ceux qui ont défendu le oui, et le manque de « lisibilité » de la Constitution que les Français majoritaires ont rejetée en bloc.
Un passé communiste
Dépassés, Chirac et ceux qui ont été chargés de porter le projet ? Le président français, né avant la création du marché commun qui a grandi pendant et après la Seconde Guerre mondiale, n'enthousiasme pas les citoyens des générations suivantes qui ne peuvent pas trouver miraculeuse cette Europe du compromis. Il n'y a qu'à voir les interventions télévisées du président, à la veille du référendum pour se rendre compte de la mollesse des réactions positives dues également à la politique intérieure menée en France, qui n'enchante personne. Assurément, c'est la France d'en-bas, celle des laissés-pour-compte qui a fait pencher la balance. Ironie de l'histoire, c'est cette France-là que Chirac défendait lorsqu'il avait 20 ans en militant dans la mouvance du parti communiste. Il vend l'Humanité rue Vaugirard et participe aux réunions des cellules communistes. Il signe même l'appel de Stockholm contre l'armement nucléaire dont l'initiateur était le Mouvement communiste international. Cela lui vaudra d'être interrogé lorsqu'il demandera son premier visa pour les Etats-Unis. Né le 29 novembre 1932 dans le Ve arrondissement de Paris, Jacques Chirac est le fils d'un administrateur de société (1893-1968). Sa mère est femme au foyer. Tous deux proviennent de familles de paysans. Le jeune Jacques, enfant unique, avait une sœur aînée qui est décédée en bas âge, avant sa naissance. Il étudie au lycée Carnot, puis à Louis le Grand. Après son baccalauréat, il fait une campagne de trois mois comme matelot sur un navire charbonnier. Il intègre en 1951 l'Institut d'études politiques dont il est diplômé en 1954, après avoir suivi le « summer school » de Harvard en 1951. Les fiançailles avec Bernadette Chodron de Courcel sont célébrées à Paris le 17 octobre 1955. Le 16 mars, il épouse Bernadette, malgré les doutes de la famille de celle-ci face au jeune homme issu d'une famille de paysans. Il aura avec elle deux filles, Laurence (1958) et Claude. De 1956 à 1958, il effectue son service militaire. Classé premier au Cadre noir de Saumur, on lui refuse le grade d'officier en raison de son passé communiste ; et il faut l'intervention des relations de la famille de sa femme (le général Koning) pour l'obtenir. Ces mêmes relations auraient pu lui éviter de faire la guerre d'Algérie, mais il se porte volontaire et est blessé en poste à Souk El Barba. Il rejoint en 1957 l'Ecole nationale d'administration dont il sort en 1959 dixième de promotion. Jacques repart en Algérie avec sa femme, cette fois, en tant que « renfort administratif » auprès d'un préfet pendant un an (avril 1959-1960). A son retour en France, il est nommé auditeur à la cour des comptes et devient maître de conférences à l'Institut d'études politiques. En 1962, il devient chargé de mission pour la constitution des travaux publics et les transports auprès du secrétaire général du gouvernement Pompidou, puis au cabinet. En 1965, il est conseiller municipal en Correze, berceau de la famille, sans qu'il se soit présenté.
« Monsieur bulldozer »
Un an plus tard, Pompidou l'envoie en Correze arracher la circonscription d'Ussel à l'opposition. Le 8 mai 1967, Chirac - surnommé « Mon bulldozer » par Pompidou - est nommé secrétaire d'Etat à l'emploi et servira encore dans tous les gouvernements successifs, dirigés par Couve de Murville, Chaban Delmas et Pierre Messmer jusqu'en 1974. Après mai 1968, il est nommé secrétaire d'Etat à l'économie et aux finances, chapeauté par Valéry Giscard d'Estaing. En 1971, il est ministre chargé des Relations avec le Parlement, puis ministre de l'Agriculture en 1972. En 1974, il contribue largement à la victoire de Giscard à l'élection présidentielle. Le 27 mai 1974, en raison de son rôle décisif dans son élection, Giscard nomme Chirac Premier ministre. En 1983, il devient le chef de l'opposition. En 1986, lors des élections législatives à la proportionnelle, l'Union RPR-UDF obtient de justesse la majorité et Mitterrand nomme Chirac Premier ministre. C'est le début de la première cohabitation. Pendant la cohabitation, MM. Mitterrand et Chirac se haïssaient aimablement. Lors du débat électoral entre les deux tours de l'élection présidentielle de 1988 Jacques Chirac dira à Mitterrand : « Permettez-moi de vous dire, que ce soir, je ne suis pas le Premier ministre et vous n'êtes pas le président de la République. Nous sommes deux candidats à égalité. Vous permettez donc que je vous appelle Monsieur Mitterrand. » Et à François Mitterrand de répondre : « Vous avez raison, monsieur le Premier ministre. » Chirac s'est illustré aussi par ses écarts de langage, qui avaient scandalisé les présents en 1991 lors d'un discours à Orléans. « Comment voulez-vous que le travailleur français qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ 15 000 FF et qui voit sur le palier à côté de son HLM entassée, une famille avec un père de famille, trois ou quatre épouses et une vingtaine de gosses et qui gagne 50 000 FF de prestations sociales, sans naturellement travailler. Si vous ajoutez à cela le bruit et l'odeur, eh bien le travailleur français sur le palier, il devient fou. Et ce n'est pas être raciste que de dire cela. Nous n'avons plus les moyens d'honorer le regroupement familial et il faut enfin ouvrir le débat qui s'impose dans notre pays et qui est un vrai débat moral pour savoir s'il est naturel que les étrangers puissent bénéficier au même titre que les Français d'une solidarité nationale à laquelle, ils ne participent pas, puisqu'ils ne payent pas d'impôts. »
L'odeur et le bruit
Chirac poussera le bouchon plus loin en s'attaquant à Margaret Thatcher lors du Sommet de Bruxelles en 1988. « Mais qu'est-ce qu'elle veut de plus, cette ménagère ? » Incident diplomatique qui a fait la une de la presse britannique Le Sun, journal à grand tirage titre : « Le Premier ministre français est ordurier. Pendant toute une nuit, traducteurs et interprètes s'interrogèrent pour savoir si Chirac avait traité Mme Thatcher de ‘‘ménagère'' ou de ‘‘couille''. » Mais depuis les années 1990, le nom de Chirac est régulièrement évoqué dans plusieurs affaires judiciaires impliquant notamment la Mairie de Paris. La réplique de Chirac est cinglante : « La France est un Etat de droit respectueuse des droits de la personne humaine, mais le président de la République n'est pas un citoyen comme les autres. Il est donc comme les politiques qui font le droit au-dessous du droit. » A propos des voyages et leur coût exorbitant, il dira : « On attribue au président de la République un certain nombre de voyages privés, payés en espèces ayant été effectués par des personnes ne portant pas son nom et qu'il ne connaît absolument pas. C'est pour des raisons de sécurité que ses voyages étaient déclarés sous des pseudos et payés en espèces. » « Les affaires » dont Chirac est l'objet se sont estompées au fil des ans. Après sept ans passés à instruire le dossier explosif des HLM de Paris dont il a été dessaisi en 2001, le juge Halphen démissionne en déclarant : « La justice fonctionne à deux vitesses. Rien n'a changé pour le voleur de sac à mains, alors que certains détournent des sommes considérables et ne sont pas jugés. » Depuis quelques mois et après l'effacement de la gauche, Chirac fait cavalier seul en visant un troisième mandat que lui contestait, jusque-là, le seul Sarkozy. Avec ce revers et le retour d'une opposition disparate mais forte, les données ont changé. Chirac a beau se démener pour placer la France à la tête de l'Europe en s'inspirant de son maître à penser. « La France ne serait plus la France sans la grandeur », affirmait de Gaulle. Chirac avait déclaré que la Constitution européenne aidera la France à répandre les valeurs universelles de la Révolution de 1789 et fera entendre la voix de la raison dans un monde multipolaire. Les Français se sont posés la question de savoir quelle place y a-t-il pour la grandeur nationale dans une Constitution, fruit d'un compromis où l'identité est diluée. C'est pour cela et sans doute pour la politique intérieure que les Français ont exprimé leur ras-le-bol. Après la défaite de sa majorité en 1997, Chirac n'a pas voulu démissionner et remettre son mandat en jeu, en cohabitant sans état d'âme avec la gauche. Une démission de sa part, aujourd'hui, signifierait sa mort politique. Mais apparemment Chirac qui dit sauver la France plus que son siège ne se fait plus d'illusions. Par Hamid Tahri
Parcours
Jacques Chirac est né en 1932 à Paris. Issu d'une famille de paysans, il fait des études normales. A 18 ans, il milite aux côtés du Parti communiste français. En 1962, il est collaborateur de Georges Pompidou. En 1967, il est élu député de Correze et entame une carrière ministérielle. En 1974, il est nommé Premier ministre par le président Giscard. En 1976, démissionnaire, il cède sa place à Raymond Barre et crée le RPR. En 1977, il est élu maire de Paris. Il le restera 18 années. En 1981, il se présente pour la première fois à l'élection présidentielle contre Giscard d'Estaing. Il n'obtient que 18% des suffrages. En 1986, il devient Premier ministre de la première cohabitation avec François Mitterrand. En 1988, il est battu au second tour par François Mitterrand. En 1995, il est élu président de la République et reconduit après avoir écrasé Le Pen au deuxième tour. Chirac brigue un troisième mandat.


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