Si l'été rime avec vacances, plages et balades, il est aussi synonyme de dangers divers. A chaque saison estivale, les dangers de maladies infectieuses et les risques d'intoxications alimentaires sont très élevés. En effet, les grandes chaleurs de l'été ont des incidences qui peuvent constituer le facteur déclenchant de toutes les maladies liées à des carences hygiéniques. C'est un problème qui hante la population pendant cette saison. L'on se rappelle le spectre de l'épidémie de la conjonctivite qui a frappé de plein fouet Alger et ses environs durant l'été 2004. Cela sans compter les cas d'intoxications alimentaires qui ont causé beaucoup de dégâts. Il y a donc une corrélation directe entre les maladies et le manque d'hygiène, surtout en ce qui concerne la consommation. Cet état de fait est largement favorisé par un certain commerce qui ne tient pas compte des normes d'hygiène, que ce soit en termes de conservation des produits périssables ou de préparation des mets proposés aux clients. En effet, les commerçants de détail en alimentation générale ne manquent pas d'étaler leur marchandise dehors. Du lait, du pain et des boissons sont exposés au soleil à longueur de journée. Leur consommation devient de ce fait des plus dangereuses. Parallèlement, l'insouciance de quelques gargotiers quant à la propreté de leurs « échoppes » et de leur matériel de travail est perceptible au premier regard. Un couteau coupe-tout, manque d'eau, une harissa maison tournée sous l'effet de la chaleur, huiles utilisées plusieurs jours... Un décor qui défile quotidiennement sous les yeux des consommateurs. Par ailleurs, le commerce informel apporte son lot de malheurs dans la prolifération des maladies, durant l'été notamment. Les vendeurs à la sauvette sont surtout les « agents » qui transmettent le plus les maladies liées au manque d'hygiène. Tout au long de l'été, on les trouve sur les plages, dans les jardins publics ou sur les trottoirs des voies urbaines. Ils squattent les rues, les plages et les abords des marchés populaires. Dans ces lieux largement convoités, des jeunes et moins jeunes, pour se faire un peu d'argent ou pour subvenir aux besoins de leur famille, proposent toutes sortes de produits. Des casse-croûte (frites, fromage, casher), des beignets, des boissons et des friandises sont proposés aux gens, sous la canicule, faisant fi des normes d'hygiène. Vendre ou liquider la marchandise est, apparemment, leur priorité absolue. Le client loin d'être méfiant S'il faut incriminer certains commerçants et vendeurs à la sauvette, il ne faut pas occulter la grande responsabilité des clients dans l'apparition des maladies qui mettent directement en danger leur propre santé, et parfois même leur vie. Rien n'oblige, en apparence, un client d'acheter chez un vendeur à la sauvette. C'est, paradoxalement, un comportement qui se pratique quotidiennement. Pour quelques dinars de moins, beaucoup de gens s'exposent involontairement à tous les dangers et à toutes les maladies. Il y a donc lieu, indique-t-on, d'observer une certaine retenue dans les comportements d'achat. Un travail d'information et de sensibilisation doit être accompli de la part des autorités concernées par la préservation de la santé publique. La canicule a des incidences qui nécessitent une réelle prise en charge. Quel rôle pour la DCP ? La direction de la concurrence et des prix (DCP) a pour mission essentielle de veiller au respect des normes d'hygiène et des pratiques commerciales. Selon son directeur, la DCP a renforcé son dispositif de contrôle en application depuis le 1er juin. Ce renforcement, précise-t-il, consiste en la mobilisation de 157 agents le jour et une partie de la nuit, essentiellement dans les communes balnéaires qui connaissent une grande affluence des estivants pendant l'été. « Il s'agit surtout du contrôle préventif de l'alimentation dans les lieux touristiques. Nous enregistrons pendant la saison estivale une augmentation de 15% dans le taux des infractions relatives au manque d'hygiène par rapport aux autres périodes de l'année », précise le directeur. Les agents de la DCP devraient travailler en concertation avec les bureaux d'hygiène communaux. La DCP, ajoute son premier responsable, enregistre une nette amélioration quant à l'affichage des prix sur les produits, mais le problème du manque d'hygiène reste entier.