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Deux exemples de Road movies
Ismael Ferroukhi et Tony Gatlif, des cinéastes du voyage et de l'errance
Publié dans El Watan le 07 - 07 - 2005

le Grand Voyage, du Franco-Marocain Ismael Ferroukhi, est un film très élaboré dans sa structure et dans son récit. De toute évidence, Ferroukhi, né en France de parents émigrés marocains, est un réalisateur heureux.
Fruit de cinq années de travail, son premier film, Le Grand Voyage, bénéficie d'un accueil critique et public des plus favorables. Lion du futur à la Mostra de Venise et Bayard d'or de la meilleure première œuvre à Namur. Le Grand Voyage est ce qu'on appelle un « road movie » spirituel, dans lequel un jeune homme d'une vingtaine d'années, Réda (Nicolas Cazale), qui vit en Provence, est contraint de conduire, à quelques semaines du bac, à la Mecque son père (Mohamed Majd), dont tout le sépare. Le père se retranche derrière son autorité, et le fils adopte la posture d'une révolte sporadique qui ressemble fort à de la soumission. Pour lui, et selon Ferroukhi, il s'agit de reconnaître son père comme l'une de ses appartenances, mais sans renoncer à aucune autre. L'exercice est délicat et Ferroukhi s'en sort plutôt bien. Il a sans aucun doute réalisé ce qu'on pourrait appeler un « joli film » qui plaît et séduit. Sauf que les choses ne sont pas aussi claires que l'affirme le réalisateur. Tout au long du film, le père s'adresse exclusivement en arabe à son fils, qui ne lui répond qu'en français. Le père est cassant et pense que le bac c'est moins important que de se faire conduire à la Mecque. Ferroukhi ergote beaucoup sur l'amitié du père et du fils, mais en réalité ce voyage est, sous bénéfice d'inventaire, un simple parcours initiatique vers une allégeance aux valeurs du père. Après une visite étrange d'un ange de la mort sous les traits d'une vieille gitane voilée et bien brune, Réda perd la trace de son père en arrivant à la Ville Sainte. Il le retrouvera à la morgue et décide de vendre sa voiture avant d'entamer seul, le chemin du retour. Alors qu'il avait reproché à son père de gaspiller son argent en aumône, il quitte la Mecque sur un geste qui révèle sa réincarnation dans l'âme de son géniteur : il donne une pièce à une mendiante. Dès lors, on peut imaginer que ce geste est générateur de beaucoup d'autres et d'une adhésion à des valeurs qui repoussent celles de l'intégration dans des principes républicains et laïcs. Tourné dans une période cruciale pour l'Islam de France, Le Grand Voyage révèle l'emprise de la dimension fondamentaliste chez les jeunes des banlieues françaises et de la grande ambiguïté des relations entre la modernité et l'allégeance aux forces passéistes. Toujours autour du thème de l'errance, Tony Gatlif a réalisé un autre « road movie » qui dépasse le cadre de l'ambiguïté pour s'installer confortablement dans l'équivoque et la nostalgie coloniale. Exils narre le périple de Zano (Romain Duris) et sa copine Naïma (Lubna Azabal). Ils vivent en France et sont tous deux d'origine algérienne. Zano, dès les premières minutes du film, propose à sa compagne de tout laisser tomber pour aller en Algérie sur les traces de leurs ancêtres. Car Zano, dont les parents sont pieds-noirs ont quitté l'Algérie à l'indépendance, se dit Algérien, dans la pure tradition du courant colonial connu sous le nom d'« Algérianistes ». Car dans la littérature coloniale, les colons et les Européens sont les Algériens, et les autochtones sont regroupés sous le vocable d'Arabes, même si en majorité, ils sont Berbères. C'est un peu le sens que les Israéliens donnent aux Arabes d'Israël qu'ils refusent d'identifier comme Palestiniens. Zano tient à retrouver Alger, alors que Naïma est une femme légère et disjonctée. On peut imaginer que Gatlif a été tenté de l'appeler Houria, pour mieux symboliser une Algérie qui, selon lui, a perdu son âme. Le retour de Zano se fait droit dans ses baskets et face à des hordes d'Algériens qui n'ont qu'une idée : quitter le pays. Alors que Naïma hésite et s'acoquine. ce retournement des exils (et c'est là que le pluriel prend tout son sens) s'accompagne d'une courte arrivée dans Alger censée être le but du voyage, mais qu'on n'entrevoit que le temps de quelques plans, jonchée de saletés. Gatlif offre aux spectateurs une image totalement fantasmée d'une Algérie qui forcément a échoué, puisqu'elle a désiré son indépendance. Au cours de leur traversée (interminable) de l'Espagne et du Maroc, les deux errants s'attirent des éclats de rire sarcastiques chaque fois qu'ils annoncent qu'ils vont en Algérie. Ce film a été primé au Festival de Cannes en 2004. A quoi a servi l'Année de l'Algérie en France si, quelques mois plus tard, des jurés acceptent cette image totalement distordue de l'Algérie ? Quelle relation entre la réalité de notre pays en 2004 avec cette saleté et ces hordes de candidats au départ ? L'Algérie est pourtant loin d'être le plus grand pourvoyeur d'immigrés ni le pays du Maghreb, dont les citoyens souffrent le plus de privations dans leurs libertés individuelles. Fort heureusement l'indigence de la réalisation rend le film parfaitement inoffensif. Mais où donc les petits génies de Cannes ont-ils vu de la mise en scène dans ce film ? Les maîtres du film d'errance, comme David Lynch ou Wim Wenders, ont toujours placé leurs personnages dans l'espace, privilégiant les plans américains et d'ensemble pour que la traversée du paysage se fasse en harmonie avec l'itinéraire psychologique. Dans le film de Gatlif, tout est filmé en plan serré par une caméra hystérique qui ne donne guère à voir les pays traversés. On ne voit pas plus l'Algérie que l'Espagne ou le Maroc. Du coup, l'errance n'a plus de sens et seule la musique est en mesure d'offrir de longs répits à cette débauche de mouvements saccadés et épuisants. L'enfer n'aura jamais autant pavé de bonnes intentions que pour Tony Gatlif. Avec Exils, il nous a livré une apologie de la haine coloniale digne de l'extrême droite française.

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