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Tension sur la semence de pomme de terre
Conséquences de l'entrée en vigueur de l'accord d'association avec l'UE
Publié dans El Watan le 07 - 11 - 2005

Branle-bas de combat chez les importateurs et les fournisseurs de semence de pomme de terre. Décrié de part et d'autre, l'arrêté du 23 janvier dernier pourrait profiter aux multiplicateurs nationaux qui détiennent 20 000 t de semences certifiées.
L'accord d'association avec l'UE introduit des quotas de semences qui ne font pas l'unanimité. En effet, le tonnage des importations était quasiment laissé à l'appréciation des opérateurs - le ministère se chargeant d'émettre des autorisations et de faire procéder aux inspections d'usage dans les principaux ports de débarquement du produit - qui ne se gêneront pas de faire leur propre loi dans ce domaine sensible où la dépendance de l'extérieur est quasiment totale. C'est ainsi que les volumes admis passeront rapidement de 60 000 t à 120 000 t en l'espace de quelques années. Soucieux de laisser faire dans le but d'éviter le retour aux pénuries de triste mémoire qui feront que le tubercule sera cédé à la ménagère à pas moins de 60 DA le kg, le ministère de l'Agriculture avait peaufiné un texte régulant l'introduction de plants et semences. L'arrêté qui était fin prêt dès avril 2004 sera finalement promulgué en janvier 2005, mettant ainsi fin à une parenthèse dont auront tiré profit de nombreux spéculateurs. Désormais, cette situation qui profitait également aux fournisseurs étrangers semble révolue par la conjonction de plusieurs éléments. Il y a en premier lieu les efforts considérables effectués par les fellahs afin de hisser les niveaux de productivité à des seuils qui frôlent ceux enregistrés chez les paysans européens, enregistrant de ce fait des rendements inespérés jusque-là. Ces performances n'auront pas été possibles sans l'introduction de variétés nouvelles et le recours à des techniques de production modernes comme l'irrigation localisée ou par aspersion et l'utilisation d'une fertilisation raisonnée.
Appel d'air
Face à des résultats techniques appréciables qui génèreront de substantiels revenus aux fellahs, il y eut un véritable appels d'air en direction de nouveaux opérateurs, qui n'hésiteront pas à investir dans ce créneau juteux où les bénéfices peuvent parfois atteindre 3 à 4 fois l'investissement initial. Ce sont des marges bénéficiaires qui ne sont possibles que si les rendements à l'hectare dépassent les 50 tonnes. Il se trouve que plusieurs variétés de pomme de terre disponibles en Algérie autorisent de tels performances. Par ailleurs, l'émergence de nouveaux opérateurs dans le domaine du froid va permettre une plus longue conservation du produit, évitant ainsi les pénuries conjoncturelles occasionnées par les faibles rendements d'arrière- saison. Cependant, l'érection de ces opérateurs va rapidement se traduire par un déplacement de la zone de friction qui quitte la sphère agronomique pour investir la sphère spéculatrice. Au lieu de réguler les surplus de production, ces intermédiaires, aux moyens colossaux, vont créer la pénurie en stockant immodérément lors de la récolte - ce qui a pour premier effet une baisse des prix d'achat au producteur - et en réalimentant le marché à doses homéopathiques, maintenant ainsi des prix très élevés alors que la production aura été plus que respectable. C'est ainsi que des sources fiables soutiennent que les stocks détenus dans les chambres frigorifiques s'élèveraient à pas moins de 150 000 t, sans que les prix à la consommation ne reflètent cette réelle abondance du produit. Enlevée entre 6 et 10 DA durant la dernière campagne, une fois réintroduite dans les circuits de commercialisation, après 3 à 5 mois passés au frais, la pomme de terre n'est guère disponible en dessous de 20 DA. Une marge substantielle qui risque de grever davantage les revenus des agriculteurs de la zone littorale dont les tubercules d'arrière-saison sont en passe de peaufiner leur maturation. Le moment que choisiront les barons de la pomme de terre pour encore une fois mettre la pression sur les agriculteurs et sur les ménages. Il y a enfin les nouvelles exigences découlant en droite ligne de l'entrée en application, depuis le 1er septembre dernier, de l'accord d'association avec l'Union européenne. Celui-ci, dans son aspect relatif à l'importation de semences de pomme de terre, fixe un premier quota de seulement 45 000 t exonérées de toute taxe douanière. Les importateurs qui s'en inquiètent feront remarquer que ce tonnage représente à peine la moitié de nos besoins. Pour le reste, il faudra passer à la caisse et payer 5% en redevances douanières. Ce qui introduira une certaine disparité entre les régions de production. Les agriculteurs des régions côtières étant plus précoces pourront s'approvisionner à partir de la première tranche. Les autres devront attendre la fin janvier, voire la fin mars pour les régions de l'intérieur, et le retour du redoux pour acheter leurs semences à des prix qui risquent de faire grincer des dents. Ce que redoutent les grainetiers, c'est une ruée vers les premiers arrivages de la majorité de leurs clients dont certains auront déjà versé des arrhes depuis la dernière récolte. Climat d'incertitudes chez ces grainetiers chevronnés on se pose une batterie de questions qui démontrent leur désarroi face à une fidèle clientèle. L'un d'eux les résumera brièvement en se demandant à quel client il fera supporter cette différence de prix ? Comment pourrais-je empêcher les fellahs de l'intérieur de se porter acquéreur de produits qu'ils devront fatalement stocker jusqu'à la période de semis qui ne dépend que du climat, s'inquiétera-t-il ? Un client dira sa crainte de voir les spéculateurs s'introduire dans les circuits et doper les cours, faisant encore une fois endosser l'ardoise aux seuls fellahs.
Climat d'incertitudes
Devant ce climat fait d'incertitudes, beaucoup craignent que des importateurs peu scrupuleux ne se retournent vers des pays hors UE pour approvisionner le marché. Cela s'est déjà fait par le passé où on a vu arriver des semences de pays d'Europe de l'Est dont les qualités germinatives et phytosanitaires étaient plus que douteuses. Dans la région de Mostaganem, dont le port reçoit plus de 60% des quantités importées, beaucoup mettent en garde contre ces pratiques spéculatives qui consistent à introduire des semences de qualité approximative pour ensuite les écouler au rabais. Par le passé, certains intervenants n'auront pas hésité à casser les prix y compris en vendant à crédit aux fellahs. Une pratique qui, sous son aspect innovateur, cache mal la réalité selon laquelle un fellah endetté dès le début de campagne ne peut faire face sans assistance à un suivi technique rigoureux, seul en mesure de lui assurer un bon rendement. La suite, beaucoup de fellahs la connaissent à leurs dépens. Des rendements médiocres et une quasi dépendance vis-à-vis de leur partenaire. En fin de campagne, lorsqu'ils feront les comptes, ils s'apercevront que, avec une semence de mauvaise qualité et un suivi technique digne de l'agriculture moyenâgeuse, ils ne font qu'alimenter la spéculation.
Nouvelle réglementation
Sont-ce ces raisons qui ont poussé le ministère de l'Agriculture à mettre en application la nouvelle réglementation qui fixe les critères auxquels doivent se conformer les semences d'importation ? C'est la question que la corporation ne cesse de retourner dans tous les sens sans trouver un interlocuteur susceptible de l'éclairer. En effet, le fameux seuil de 45 000 t éligibles à l'exonération a-t il été fixé par la partie algérienne ou serait-ce une injonction de l'UE qui en retour n'autorisera l'entrée dans son marché qu'un quota de 5000 t de pomme de terre nouvelle ? Soit la production d'une centaine d'hectares représentant tout juste 200 t de semences sur les 100 000 t importées annuellement depuis l'UE ? La mise en application de l'arrêté du 7 avril 2004 aura provoqué une consternation à seulement quelques jours de la fixation des prix de la semence par les producteurs européens et la passation définitive des commandes par nos importateurs. En effet, ce n'est qu'une fois l'ensemble de la production totalement réceptionné qu'une réunion de coordination fixe les prix de vente ainsi que les quotas par pays. Regroupant les grainetiers les plus influents des Pays-Bas, de France et du Danemark, cette bourse de la pomme de terre donne le signal du début des exportations vers les pays producteurs. En effet, une fois les formalités de certification de l'origine et de l'état phytosanitaire et phytotechnique des semences accomplies, les grainetiers mettent au point les dernières retouches avec leurs clients. Or il se trouve qu'en raison de caractéristiques agronomiques particulières, ce sont les pays maghrébins qui sont les premiers à être livrés. Ce qui laisse à nos opérateurs très peu de temps pour finaliser les dossiers et recevoir les premières livraisons, qui interviennent régulièrement dès la mi-novembre et se poursuivent jusqu'à la fin janvier. Un calibrage onéreux. A cette étape cruciale du processus, l'introduction de nouveaux calibres par le ministère de l'Agriculture semble avoir pris de court les différents partenaires. A moins que ce ne soit qu'un jeu de dupes. Car, depuis des décennies, les grainetiers européens livraient à l'Algérie des calibres conventionnels, que le nouveau règlement est venu battre en brèche. Il est notoirement admis que le calibrage des tubercules permet un meilleur classement quant à la qualité des semences sélectionnées. C'est ainsi que le calibre 30-35 est le plus apprécié. Généralement, ce type de semence est gardé par les semenciers pour leurs besoins domestiques. A l'importation, il était admis un pourcentage de gros tubercules, dont le taux tolérable (entre 10 et 20%) était généralement négocié à l'amiable. C'est ainsi qu'un calibre de 28-60 est souvent livré en Algérie de manière prépondérante. Il est utile de rappeler que les conséquences du calibre sur les coûts de production sont importantes. En effet, avec un tubercule de calibre 28 il est possible de semer 15 q/ha. Avec des tubercules plus gros, la densité à l'hectare peut atteindre 30 q. A raison de 5000 DA le quintal, on passe de 75 000 DA à 150 000 DA/ ha en frais de semence. C'est pourquoi le législateur, en imposant un calibre minimal de 30 au lieu de 28, aura également défini des fourchettes pour équilibrer un sac de semences. A la lumière de la nouvelle réglementation, le calibre 30-45 doit représenter les 2/3 du sac, le tiers restant sera occupé par le calibre 45-55 avec une tolérance de 2%. Si pour le calibre conventionnel de 30-60, le nombre de tubercules devrait si situer entre 700 et 900 par sac de 50 kg, l'arrêté du 23 janvier 2005 le ramène à seulement 700 à 800 tubercules. L'application de ce texte de loi à quelques jours du début de la campagne aura certainement des répercussions sur les grainetiers européens et les importateurs algériens.
Cadrage de l'activité
D'abord en relevant le calibre minimal de 28 à 30. Ensuite en fixant le nombre de tubercules par sac de 50 kg entre 700 à 800 unités. Ce qui exclut de facto les petits tubercules. Si la mesure semble tenir la route dans ses aspects techniques - le législateur recherchant un cadrage de l'activité qui devrait a priori profiter à l'agriculteur qui hériterait d'une semence plus performante et surtout moins chère - il semble que la mesure, parce que intervenant à quelques jours de l'ouverture de la campagne d'importation, ne perturbe davantage l'activité. Ce qui devrait se traduire par une désarticulation de la campagne qui pourrait avoir des conséquences fâcheuses sur les rendements. A moins que ce rappel à l'ordre ne vise qu'à éliminer les mauvais importateurs. Ce qui devrait réjouir les opérateurs traditionnels ainsi que les producteurs. Une ère nouvelle pour la semence locale Une des plus importantes conséquences de cette réglementation devrait profiter par ricochet aux rares multiplicateurs nationaux de semences qui détiendraient dans leurs chambres froides l'équivalent de 20 000 t de produit. Une semence que nos agriculteurs continuent de bouder malgré des qualité intrinsèques indéniables. Outre son prix de cession très abordable, elle est naturellement issue d'une semence dite « Super Elite » qui lui garantit des rendements qui n'ont rien à envier aux produits d'importation. Sa vigueur génétique lui confère de hautes qualités de conservation et surtout de transmissions des caractères génétiques. Importée de manière parcimonieuse la « Super Elite » produit jusqu'à trois générations de semence de qualité. Soutenue financièrement par les pouvoirs publics, ses produits butent sur une concurrence déloyale de la part de certains importateurs et du peu d'engouement des fellah. Pour ces pionniers de l'agriculture moderne, que sont les multiplicateurs de semences, l'entrée en application de cet arrêté sonnerait peut être la fin de la traversée du désert et probablement le début d'une ère nouvelle. Un de ces innovateurs installé dans la région, espère que l'effort qu'il consent depuis plusieurs années, « sans l'aide ni le soutien de personne », pour offrir une marchandise loyale et performante, ne sera pas vain. Il est vrai qu'en produisant 20% des besoins, lui et ses pairs réduisent la facture payée à l'import de pas loin d'un million d'euros. A seulement quelques jours de la finalisation des contrats de livraison, les positions sont loin d'être tranchées. La pression que les importateurs et leurs fournisseurs européens sont en train d'exercer sur les pouvoirs publics, afin qu'ils sursoient à l'application du fameux décret, fera-t-elle reculer le département de Saïd Barkat ? Rien n'est moins sûr en ce sens que les dispositifs de contrôle sont en train de se mettre en cours au niveau des inspections régionales.


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