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Les «négachas», quelques dinars contre du ciment Chlef
Publié dans El Watan le 10 - 12 - 2010


On les appelle les «négachas». Les piocheurs. Depuis un an environ, de nombreux jeunes, pour la plupart mineurs, adolescents des quartiers déshérités, tournent autour de la cimenterie de Chlef. Les revendeurs de ciment et les conducteurs de camions les utilisent pour descendre au fond des cocottes y gratter les fonds de ciment. Une activité illégale et surtout dangereuse pour leur santé. «Je suis obligé de faire ça pour vivre. J'ai déposé plusieurs demandes de recrutement à l'usine et dans les autres unités de production de la zone industrielle, mais on ne m'a jamais répondu.» Khaled a la vingtaine. Sa silhouette chétive se devine sous ses vêtements usés et poussiéreux. Comme d'autres adolescents des quartiers déshérités des environs, nous l'avons rencontré dans la rue attenante à la cimenterie de Chlef, dans la grande zone industrielle de Oued Sly, à sept kilomètres du chef-lieu. Une rue où les camions s'arrêtent pour vider le reste de leur cuve avant de se diriger vers l'entrée de la cimenterie pour un nouveau chargement. Pour y accéder, il faut passer par l'unique passage pour véhicules, gardé par deux agents de sécurité. L'autorisation d'entrée est accordée seulement après paiement de 50 DA de droits d'entrée pour chaque véhicule. Une fois à l'intérieur, on emprunte la voie contournant la zone industrielle par le nord. En mauvais état, cette route est pourtant ouverte à tous les vents, car elle donne directement sur l'oued Cheliff asséché, sans clôture ni moyens de protection. Les riverains y entrent et sortent comme bon leur semble, sans être inquiétés par qui que ce soit. Tension sur le ciment oblige, un travail au noir s'est développé ces derniers temps dans la zone : des mineurs, choisis pour leur petite taille mais aussi parce qu'ils acceptent plus facilement que les adultes, sont envoyés au fond des camions-cocottes pour extraire le ciment restant. La Loi du silence A force de gratter continuellement le fond des cuves pour remonter la matière à la surface, ces enfants sont appelés «négachas» (piocheurs). Une activité illégale et dangereuse puisqu'ils s'exposent ainsi à des allergies et autres maladies respiratoires (voir interview). Mais les conditions de travail, les jeunes s'en fichent pas mal. Leur priorité : trouver des ressources, aussi pénible soit le travail, pour pouvoir nourrir leur famille démunie. La loi du silence, ici, est de mise, car les réseaux de trafiquants imposent leur loi et menacent même les jeunes de représailles au cas où ces derniers oseraient dénoncer leurs méfaits. Le jour où nous nous rendons sur place coïncide avec le lancement de l'opération de dépollution du second four de la cimenterie, le premier étant déjà équipé de filtres à manches depuis avril dernier. L'espace servant d'aire de stationnement pour les camions de la clientèle est noirci par la poussière dégagée par l'une des deux lignes de production, fonctionnant avec des anciens électrofiltres, un système antipollution dépassé. Le périmètre est censé être étroitement surveillé et contrôlé par les services de la zone industrielle. Mais une expédition pas comme les autres se déroule quasiment tous les jours, surtout les week-ends et jours fériés. Tout se passe assez vite : les jeunes, qui semblent parfaitement au fait de la démarche à suivre, s'engouffrent rapidement à l'intérieur des camions, munis d'objets servant à creuser le ciment et à remplir des sacs blancs. 20 DA le seau de 5 kilos Ces derniers sont ensuite remontés à la surface et mis à la disposition des clients habituels, contre 260 DA le sac de 40 kg. Mais l'ouvrier au noir, lui, ne perçoit que 20 DA pour chaque seau de 5 kg rempli lors de la mise en emballage des déchets. Un enfant accourt pour monter sur un camion-cocotte qui file droit vers l'usine. Il redescend immédiatement puis nous propose des sacs de ciment pour 260 DA. Il s'appelle Mohamed. Quand on lui demande son âge, il répond 19 ans, même s'il paraît pourtant plus jeune. Il habite une localité pauvre proche de la zone industrielle, et se dit victime de l'exclusion scolaire : «On m'a viré du CEM sans aucune raison valable», révèle-t-il. Il se défend de descendre au fond des camions, baisse la tête sans répondre à nos questions, puis s'éloigne pour rejoindre la marchandise prête à être chargée par des revendeurs et d'autres jeunes. Sur le chemin du retour, nous croisons d'autres jeunes, allongés à côté d'une gargote, qui proposent le même service, avec des prix plus bas, 230 DA le sac. Il est presque facile de les reconnaître. Tous sont pauvrement habillés et couverts de poussière. En discutant succinctement avec eux, on découvre qu'ils ont aussi tous abandonné l'école pour diverses raisons et qu'ils vivent dans la misère. Tous dénoncent l'exclusion dont souffrent les chômeurs des quartiers riverains de la cimenterie. Tout le monde ici est au courant, mais d'après nos informations, aucun contrôle n'a été effectué. Quant à l'Inspection du travail, un contrôleur a été envoyé sur place. «Mais ce genre de trafic, en dehors du code du travail, ne relève pas de nos responsabilités mais des services de sécurité», nous a-t-on répondu. *Les prénoms des enfants ont été changés

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