La faiblesse chronique en ressources propres, les subventions dérisoires, les besoins pressants en matière d'équipements mettent la collectivité dans une situation délicate. Surnommée par un poète de la région «Poumon vert de Béjaïa» et «Cœur de la Kabylie», la commune d'Adekar fait face à divers problèmes touchant presque tous les secteurs d'activité. Forte de ses 13000 habitants et de ses 25 villages éparpillés sur un territoire de 10760 hectares, Adekar est une commune rurale presque sans ressources, qui ne vit que grâce aux maigres subventions de l'Etat. Et pourtant, la commune possède plusieurs atouts pouvant la transformer en pôle touristique qui compte dans le pays. Elle est située entre 600 et 1000 mètres d'altitude moyenne, culminant à plus de 1400 mètres à la limite avec la wilaya de Tizi-Ouzou et dotée d'un relief montagneux constitué de forêts denses très riches en faune et en flore. Mais laissé à son sort, depuis l'indépendance, aucun projet notable dans le domaine touristique n'y est entrepris à ce jour. Idir Hamour, le P/APC, nous a affirmé, à ce sujet, que la station thermale, d'Acif-El-Hammam va bénéficier sous peu, d'un véritable projet de modernisation qui la transformera en un complexe thermal, mais en attendant la concrétisation de ce projet, cette station, qui attire pourtant de nombreux visiteurs, est laissée aux bons soins de Sidi-Baâziz El-Hammam, le Saint-patron des lieux. L'exploitation de cette source thermale et des deux marchés hebdomadaires (Adekar centre et Acif el Hammam) ainsi que la location de quelques locaux commerciaux n'apportent pour l'instant pour la collectivité que de maigres subsidiaires. Ainsi la faiblesse chronique en ressources propres et les subventions dérisoires accordées, ajoutées aux besoins pressants en matière d'équipements mettent la collectivité dans une situation délicate et limitent son aptitude à répondre aux besoins légitimes de la population. Et les préoccupations des citoyens sont évidemment multiples et diverses et ont pour noms : eau, assainissement, viabilisation des nouveaux lotissements, gaz de ville, emploi, transport scolaire, enlèvement des ordures ménagères… L'équipe aux commandes croit que pour en finir avec ces urgences qui perdurent depuis l'indépendance du pays, la commune doit initier des projets d'avenir d'envergure pouvant réellement la transformer en «petit dragon» et lui procurer une certaine indépendance d'action. Il s'agit entre autres, de la réalisation d'un accès routier moderne reliant Acif-El-Hammam au plages de Bni-Ksila, d'une usine de transformation de chêne-liège, d'une station climatique, d'un centre de regroupement des équipes sportives, d'un vrai complexe thermal, d'un sanatorium, d'une piscine olympique, d'un grand parc animalier… Pour les élus, si ses projets ambitionnés verraient le jour, Adekar serait à l'abri et gagnera alors le pari de sortir de l'ornière du sous-développement. En attendant, la commune tente tant bien que mal de gérer ces urgences dont la récurrence met un bémol aux grandes ambitions. Vu la délicatesse de la situation, l'APC privilégie la collaboration des comités de villages; elle veut impliquer la population dans la gestion de son quotidien. D'ailleurs, plusieurs projets touchant notamment à l'ouverture des pistes et à l'eau ont été réalisés grâce au concours de la population. Concernant l'emploi, grand sujet de mécontentement national, presque 50 % de la population active de la commune est occupée dans le BTP, et le nombre de demandeurs d'emploi avec ou sans qualification ne cesse d'augmenter. L'agriculture de montagne, qui occupe quelque 1500 personnes de la population active, paye les frais des incendies ravageurs qui se déclarent pratiquement chaque été. A quand la concrétisation des grands projets générateurs d'emploi qui pourraient absorber le chômage et changer le visage de la région ? Telle est la question obsédante que n'arrêtent pas de poser les citoyens de la région.