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L'accumulation des réserves de change et les risques du « mal hollandais »
Publié dans El Watan le 12 - 12 - 2005

L'intervention du gouverneur de la Banque d'Algérie, devant les députés, a confirmé le montant des réserves de change de 51.7 milliards de dollars à la fin septembre 2005. Ce confort financier permet à l'Etat de réduire sa dette et de renforcer ainsi la crédibilité et la stabilité financière du pays. La maîtrise de l'inflation mérite également d'être signalée, car son impact est déterminant dans la vie économique et sociale (taux d'inflation entre 3 et 4 %.).
Mais les aspects négatifs sont, eux aussi, importants et concernent : un taux de chômage important (officiellement 17%), une économie informelle intervenant pour plus de 30% dans l'activité économique, une faible productivité, une inefficacité de l'action publique, un fonctionnement du secteur financier en deçà des normes internationales... Comment ces caractéristiques (positives et négatives) vont-elles agir sur l'évolution de l'économie ? L'arrivée massive de recettes induites par la hausse du prix du pétrole ne va-t-elle pas réorienter l'économie algérienne vers des solutions de facilité et d'éviter des réformes structurelles difficiles, mais vitales ? Dans l'affirmative, l'économie algérienne aura à subir, à moyen terme voire à court terme, les effets du “mal hollandais” ?
Le “mal hollandais”
Cette notion est née dans les années 1970, période où les Pays-Bas ont connu de fortes entrées en devises suite aux découvertes du gaz naturel, à son exploitation et à une forte augmentation des prix des hydrocarbures. Ce flux en fonds a créé, à moyen terme, une situation économique paradoxale. D'un côté des comptes extérieurs excédentaires et de l'autre une économie déstructurée caractérisée notamment par :
Une stagnation de la production industrielle non liée au secteur des hydrocarbures.
Une évolution de l'investissement privé très faible.
Frein des exportations des autres produits
Chômage en augmentation En un mot, l'économie hollandaise, durant cette période, a connu des signes de déclin et non des signes de développement. Les spécialistes ont qualifié cette situation économique paradoxale, par le terme le “ mal hollandais”. Pour résumer les différents aspects de cette notion, j'ai retenu la définition donnée par Christine Ebrahim-Zadeh dans la revue Finance et développement (mars 2003) où elle définit le “mal hollandais” comme : “Un terme qui se rapporte de manière générale aux conséquences nuisibles d'une forte augmentation du revenu d'un pays.” Le “mal hollandais” caractérise, donc, une situation économique induite par une entrée massive de revenus et présentant des symptômes agissant d'une manière négative sur la structure de l'économie en générale et sur la structure des exportations et la monnaie, en particulier. Les effets du « mal hollandais » ont été observés, depuis des décennies, dans plusieurs pays possédant une économie spécialisée dans l'exportation d'un seul produit, en général, le pétrole.
Le cas de L'Algérie
L'état de l'économie algérienne présente quelques similitudes avec les symptômes du syndrome hollandais, notamment :
La quasi-totalité des recettes des exportations provient de l'exportation des hydrocarbures, actuellement le taux est de 98%
La baisse permanente des exportations des autres produits
Un chômage important.
Productivité assez faible par rapport aux normes des pays émergeants.
Coûts élevés
Incapacité des autres secteurs (hors hydrocarbures) à se développer. La corrélation entre évolution des recettes issues des exportations des hydrocarbures et la baisse des exportations des autres produits est évidente et elle est confirmée dans les exercices 2004 et 2005. Les exportations hors hydrocarbures représentaient avant le premier choc pétrolier, en 1971, 25% du total des exportations, 12 % en 1974, après la première forte augmentation du prix du baril, 2% en 2005. Les recettes extérieures sont donc liées au prix du pétrole, l'influence du reste des secteurs est insignifiante. Ce rôle déterminant des recettes émanant des hydrocarbures empêche toute diversification des exportations et place le pays dans une incapacité structurelle à promouvoir les exportations des autres produits que traditionnellement, l'Algérie exportait. Cette dépendance accentue la vulnérabilité de l'économie vis-à-vis de la conjoncture du marché pétrolier et compromet, à long terme, le développement du pays. Cependant, la situation de l'économie algérienne présente des facteurs positifs non négligeables. Il convient de veiller à leur maintien et à leur renforcement, notamment, la maîtrise de l'inflation, la gestion des équilibres macro-économiques. La lutte contre les effets pervers de l'entrée massive de devises nécessite des politiques basées sur des réformes structurelles et des actions de politiques économiques et financières courageuses impliquant l'ensemble des institutions, des opérateurs économiques et des partenaires sociaux. L'analyse des résultats économiques des pays producteurs de pétrole (développés ou non) par les instances internationales a montré la nette corrélation entre la bonne gestion des flux financiers et la qualité des institutions. Ce n'est pas par hasard que la Norvège est classée parmi les meilleurs pays à bien gérer ses recettes issues de l'exportation des hydrocarbures. La notion de qualité des institutions nous renvoie à la qualité de la gouvernance et au respect de ses conditions, notamment en matière de démocratie, de transparence, de lutte contre la corruption, aux libertés, à la présence d'un contre-pouvoir, à la participation effective des élus à la définition des objectifs et au contrôle, à l'amélioration de l'efficacité des actions des pouvoirs publics, à la qualité du management au sein des entreprises et des banques, à la qualité de l'enseignement... Dans le respect des conditions citées plus haut, le plan de développement peut constituer une action fondamentale dans l'amélioration économique du pays et jeter les bases d'un développement permanent, indépendant de l'évolution du prix du pétrole. Mais le taux d'inflation risquerait de connaître une évolution, suite à la très forte demande des matériaux de construction nécessaires pour la réalisation d'un million de logements et à une éventuelle augmentation des salaires sans lien avec l'évolution de la productivité. Actuellement, le seul rempart à l'inflation pourrait venir de l'amélioration de la production agricole, une offre en produits en constante augmentation, agirait sur l'évolution générale des prix. Le défi auquel sera confronté le gouvernement est lié à la nécessité de lancer des réformes institutionnelles et imaginer les mécanismes et les leviers aptes à concilier des objectifs apparemment contradictoires ; investir, compresser l'inflation, améliorer le niveau de vie du citoyen par l'emploi productif et une répartition équitable de la richesse, revoir la gestion publique, améliorer la qualité de l'enseignement et de la formation... Mais la part des exportations des hydrocarbures restera très élevée, avoisinant les 98% vu que le développement des exportations des autres produits ne constitue pas dans la réalité un objectif prioritaire. La hausse du prix du baril entraînant des recettes rapides va retarder toute politique visant une amélioration des exportations hors hydrocarbures, avec des résultats, à la fois, incertains et à long terme. Cette situation maintiendra toujours le pays sous la menace des effets du syndrome hollandais et renforcera, donc, sa vulnérabilité vis-à-vis de la conjoncture liée au prix du pétrole.
e-mail : lakhlef@yahoo. fr


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