Le personnel de l'établissement, qui demeure le seul géré par une municipalité au niveau de la wilaya, se plaint de l'insécurité et de l'anarchie qui y règnent. Une grande surcharge a été remarquée à l'abattoir communal de Constantine durant le mois de Ramadhan écoulé, avec une activité intense au vu de la demande accrue sur la viande rouge. Cette structure est désormais la seule gérée par une municipalité au niveau de la wilaya, après l'éradication de celle qui existait auparavant dans le quartier de Bardo, actuelle avenue Rahmani Achour. Selon Mohamed Salah Azizi, directeur des services agricoles de la wilaya, l'abattoir subit quotidiennement un contrôle des services vétérinaires. «Nous avons 8 vétérinaires qui assurent le contrôle des bêtes avant et après l'abattage, et toute carcasse impropre à la consommation est saisie sur le champ», a-t-il déclaré. L'établissement, situé au cœur de la zone industrielle Palma, est destiné à l'abattage des bovins et ovins de tous les fournisseurs de viande rouge de la wilaya, et même ceux des autres wilayas de l'Est. Le problème d'hygiène demeure le point noir dans ces lieux, où les conditions de travail sont difficiles. «La situation a connu dernièrement une légère amélioration avec la mobilisation d'un nombre assez suffisant d'agents de nettoyage de l'APC et leur disponibilité durant le temps d'ouverture de l'abattoir », a expliqué une vétérinaire rencontrée sur place. Cette dernière a précisé que le taux de consommation de la viande rouge augmente d'une façon remarquable durant le mois de Ramadhan, mais aussi pendant la rentrée sociale. «Plus de 100 q de viande rouge de bovins et d'ovins passent au contrôle chaque jour avant de délivrer le certificat d'hygiène et de salubrité aux fournisseurs», a-t-elle affirmé. L'on saura à l'occasion de notre passage dans les lieux que trois carcasses ont été saisies durant le mois de Ramadhan, sans précision sur leur nature ovine ou bovine. D'autre part, le personnel de cette structure souffre de plusieurs problèmes, entre autres, l'insécurité qui y règne et l'anarchie qui continue de marquer l'abattoir communal. «Il n'y a aucun agent de sécurité à l'entrée de l'abattoir pour contrôler et organiser le mouvement des marchandises; nous avons même été menacés plusieurs fois par des inconnus», notera une autre vétérinaire. Des égorgeurs non déclarés Des dizaines d'égorgeurs travaillent dans cette structure depuis des années sans la moindre organisation. Certains activent d'une manière illégale, car ils n'ont jamais été déclarés aux services de la mairie. Selon des sources de l'abattoir, aucune autorisation ni même une carte d'identification ne leur a été délivrée par les autorités concernées, «Ils entrent et sortent comme bon leur semble sans le moindre contrôle, trimbalant tout un arsenal d'armes blanches interdites», martèlera un agent. L'on saura que plusieurs demandes ont été adressées à l'APC pour régulariser cette situation, mais il semble qu'elle ne se soucie guère de ce qui se passe dans ces locaux. «Nous n'avons aucun certificat ou carte professionnelle qui prouve notre activité dans cet abattoir, aussi chaque jour nous sommes obligés de nous déplacer avec nos outils de travail qui sont des armes blanches prohibées, ce qui n'est pas normal», ont déclaré certains égorgeurs sollicités par les nombreux bouchers de la ville.
En effet, chacun des fournisseurs choisit son propre égorgeur qu'il paiera ensuite en vertu d'un arrangement verbal. L'autre problème de taille de cet établissement réside dans le fait que l'activité n'obéit pas aux normes requises en matière d'abattage. «Plusieurs défaillances ont été enregistrées concernant la qualité des services, et les règles à observer pour éviter l'abattage informel», nous dira la même source, ajoutant que la structure n'est guère soumise à un contrôle permanent et rigoureux, ce qui laisse la porte ouverte à certains dépassements. «Nous sollicitons les responsables de la wilaya pour réaliser un autre abattoir selon les normes», a déclaré le directeur des services agricoles.