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Ouverture de l'audiovisuel : Pourquoi il faut y croire
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«Le petit écran a étendu les frontières du village et du quartier à la dimension du globe.»
Hervé Bourges
C'est fait, le président Bouteflika a mis fin au monopole de l'Etat sur l'audiovisuel. Comme annoncé dans son discours à la nation et dans le sillage de sa politique de réformes, la nouvelle loi sur l'information autorise le privé algérien à lancer des chaînes de télévision et de radios. C'est avant tout pour répondre aux exigences de la nouvelle donne politique que cette ouverture a été décidée, on ne peut pas concevoir une démocratie sans ouverture de l'audiovisuel. La liberté de la presse est le bien le plus précieux de la démocratie dans laquelle l'audiovisuel en est la valeur ajoutée.
Le pouvoir a enfin pris conscience de la nécessité de l'éclosion des initiatives privées dans ce secteur ô combien stratégique. Née dans la folie des réformes d'après-octobre 88, la loi Hamrouche sur l'information a consacré la liberté de la presse avec une liberté d'expression et de ton totale et surtout unique dans le monde arabe. Les forces d'inertie de l'époque étaient persuadées de l'échec de cette loi en prédisant pas plus de six mois d'exercice pour cette jeune presse indépendante. Vingt ans après, cette presse est plus que jamais présente, mieux, certains titres sont devenus incontournables.
D'ailleurs, les premiers à avoir exprimé leur intention de se doter de télés et de radios sont des entreprises de presse à l'image du groupe média El Watan qui a fait l'annonce par une résolution de son conseil d'administration. Ce grand média, dont l'expérience lui a permis d'engranger de nombreux acquis, n'est pas seulement un journal, c'est aussi un groupe de communication intégrant tous les métiers de la presse avec une indépendance reconnue de tous, il n'est pas inféodé ni aux forces de l'argent ni au pouvoir politique, il est la propriété d'un groupe de journalistes qui, pour la plupart, avaient fait les beaux jours du quotidien El Moudjahid. D'autres entreprises de presse comme El Khabar, L'Expression et autres E'Chourouk ont exprimé aussi leurs intentions dans ce sens.
Loin de faire dans un corporatisme béat, c'est de bon augure que des entreprises de journalistes, qui ont réussi à concevoir des journaux de référence, ambitionnent logiquement d'investir le secteur de l'audiovisuel. Certainement, les groupes économiques seront de l'aventure, certains paraissent avoir une longueur d'avance, comme le très ambitieux groupe ETRHB qui vient de lancer une web TV. Le groupe cher à Ali Haddad, déjà présent dans la presse écrite avec deux quotidiens, ne lésinera pas sur les moyens pour la réussite du challenge audiovisuel comme il est en train de le faire avec panache dans le sport. Le petit écran est né officiellement en janvier1926 après que l'ingénieur allemand Paul Nipkon a déposé en 1884 un brevet de «télescope électrique». La radio, quant à elle, est née en 1886.
Les médias lourds dans le monde ont connu des fortunes diverses au fil du temps, la fin de la Première Guerre Mondiale a été déterminante pour la suite. Durant des décennies, ces médias étaient la propriété exclusive des Etats, y compris au sein des plus grandes et vieilles démocraties. Peut-on dire aujourd'hui que cette ouverture est venue un peu tard pour un pays comme le nôtre qui a cinquante ans d'indépendance, dont trente passées sous un régime de parti et de pensée unique ? Sûrement pas ! La France a connu bien des années de télé unique propriété de l'Etat à travers l'ORTF et sa chaîne de télé France 1 (actuelle TF1).
La révolution de l'audiovisuel dans ce pays a eu lieu dans les années 1980 avec l'arrivée de la gauche au pouvoir de François Mitterand, c'était le temps des radios libres et de nouvelles chaînes de télé dont certaines ont disparu depuis comme la fameuse chaîne la Cinq. C'est durant cette période que la première chaîne française TF1 est passée sous le contrôle du groupe Bouygues dans le sillage de la politique de privatisations du gouvernement de cohabitation de Chirac. Ce pays a connu une mainmise totale du pouvoir politique sur la radio et la télé à l'époque du général de Gaulle, ce dernier, en essayant de lourdes critiques à propos de l'utilisation abusive qu'il faisait du petit écran avait prononcé cette phrase en guise de réponse aux critiques : «La télé c'est à moi.»
Comme on peut le constater, le monopole exercé par les Etats sur les médias lourds n'est pas une exception algérienne. Le secteur de l'information et de la communication, particulièrement dans les pays arabes, a été conçu comme un instrument de stratégie dont tous les régimes en places se sont servis pour amadouer, apprivoiser et anesthésier les populations ; ainsi, les médias lourds dans ces pays ont, pendant longtemps, constitué un important outil de grande propagande entre les mains des gouvernants. La première chaîne de télévision privée arabe est la 2M, elle est marocaine, elle est née en 1989, elle appartient au puissant groupe économique ONA (un des plus puissants groupes d'Afrique), cette chaîne, qui se voulait élitiste, a connu, dans le début des années 1990, des soucis financiers qui ont contraint l'Etat marocain à prendre le contrôle de la 2M à hauteur de 68% du capital.
La grande réussite audiovisuelle arabe est sans conteste la chaîne Al Jazeera dotée d'une puissance de feu qui, en quelques années, a réussi le pari de figurer dans la short-liste des marques les plus connues de la planète au même titre que la marque Coca-Cola qui, elle, a 126 ans d'existence. Cette chaîne est qatarie ; d'ailleurs, quand on parle de ce petit et riche émirat, on dit que c'est le pays d'Al Jazeera. Pour comprendre sa puissance, il faut savoir que son budget de fonctionnement avoisine les 1,5 milliard de dollars et qu'elle dispose d'une armada de correspondants aux quatre coins du globe. Comme la vocation d'une télé est d'informer et de divertir, la chaîne qatarie a réussi cette alchimie entre ses canaux d'informations qui laissent s'exprimer toutes les sensibilités et son bouquet sportif qui menace sérieusement des géants comme Canal +.
Souvent, cette chaîne fait dans la manipulation, c'est pour cela qu'elle est diversement perçue ; pour certains, elle est islamiste, alors que pour d'autres elle est pro- américaine et pro- israélienne, d'autres voient en cette chaîne un concentré de populisme. Durant le printemps arabe, tout accordant de grands espaces au combat des démocrates arabes, elle n'a pas jugé utile de dénoncer les atteintes aux libertés dans certaines monarchies du Golfe. Cette chaîne n'a pas toujours eu un comportement correct avec notre pays ; d'ailleurs, elle a indigné plus d'une fois le peuple algérien. C'est pour toutes ces raisons que le pouvoir a enfin pris conscience de l'importance de développer l'audiovisuel, comme le stipule la nouvelle loi sur l'information, un secteur audiovisuel puissant et percutant qui sera sans l'ombre d'un doute le digne défenseur des intérêts stratégiques du pays, comme l'a fait au prix d'un lourd sacrifice la presse durant les années 1990.
Mais il faut d'abord que le pays se dote d'organes de contrôle et d'instruments de régulation. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) sera la pierre angulaire de ce dispositif réglementaire. Que cela soit clair, le CSA n'est pas un organe de censure, ce n'est pas sa vocation. Ce Conseil aura pour mission de veiller au respect des cahiers des charges de chaque chaîne, c'est lui qui gère et attribue les fréquences destinées à la radio et à la télé en délivrant des autorisations d'exploitation sous forme de convention. Le CSA intervient aussi lors des différentes campagnes électorales en comptabilisant les temps d'antenne, il enregistre aussi les dérapages et autres anomalies, il rappelle à l'ordre lorsqu'il y a dépassements. C'est ce Conseil qui, à travers un contrat de concession, autorise la programmation de la diffusion de contenus par une télévision ou une radio.
L'exemple du CSA français, qui est sollicité par le parti politique UMP, qui se dit victime d'un hold-up médiatique par le parti socialiste qui a accaparé les médias durant des semaines lors des dernières primaires, le parti de Sarkozy veut tout simplement que le CSA lui attribue une compensation lors de la prochaine campagne électorale. La politique éditoriale est fondamentale pour comprendre la nature des contenus qui sont offerts, car ce n'est parce qu'on est une télé ou une radio privée que l'on doit faire du n'importe quoi, il y a un code d'éthique et des valeurs à ne pas bafouer, on ne doit pas s'éloigner de l'anthropologie sociologique de notre pays, tout en s'ouvrant sur la modernité.
La course à l'audimat ne doit pas être une fin en soi, la chaîne française TF1, par exemple, a fait exploser l'audimat avec quatorze millions de téléspectateurs en donnant en direct la parole pendant vingt minutes à une heure de grande écoute à DSK, un homme qui a commis de graves actes immoraux, les responsables de la chaîne ont tardivement réalisé qu'ils ont dérapé en donnant la parole à ce monsieur. La seule et unique garantie, c'est la qualité des programmes, ce qui a fait défaut à notre chère ENTV ces derniers temps, et pourtant elle nous avait habitués à mieux. Dans ce milieu, la compétition est violente et ne résisteront que ceux qui auront un concept d'avance. On devient un puissant media de masse que si la télé ou la radio devient d'abord créateur de contenu.
Les télés et radios seront aussi confrontées à la double concurrence : celle de l'audience et celle de l'accès aux recettes commerciales par la vente de la publicité et des programmes. C'est pourquoi avant de se lancer dans l'arène, il est judicieux de se poser la question : quelle télé ou quelle radio voulons-nous ? L'audiovisuel, c'est l'alchimie de divers métiers et de différents profils, c'est un secteur qui embauche, c'est un secteur qui bouge, c'est un secteur qui permet en permanence l'émergence de nouvelles compétences et de nouveaux talents. Ce secteur est caractérisé en amont par une production audiovisuelle et cinématographique et l'acquisition des différents droits.
En aval, c'est de l'édition et de la distribution et la commercialisation des écrans publicitaires ; c'est une véritable industrie de services et d'innovations audiovisuelles qui se mettra en place. Le nouveau paysage audiovisuel donnera un coup de pouce à la redynamisation de notre agonisant cinéma qui doit retrouver ses grands moments de gloire comme au temps de la grande RTA, car le secteur aura les capacités d'absorber les différentes productions, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui avec une chaîne unique. Les compétences dans ce domaine ne manquent pas chez nous, au contraire, d'ailleurs, beaucoup d'Algériens et d'Algériennes font les beaux jours de différentes chaînes arabes. Elles sont nombreuses les compétences restées au 21 Boulevard des Martyrs et dont on ne tire pas profit.
Et pourtant, il fut un temps où les prestations télévisuelles et radiophoniques étaient d'un niveau appréciable, aujourd'hui, seule la Radio nationale maintient ses programmes à un niveau de qualité acceptable, notamment la Chaîne III avec ses divertissements, ses différents rendez-vous qui touchent toutes les catégories de la société et le tout exprimé dans une liberté de ton réel. Aujourd'hui, dans un monde dominé par l'image, notre pays se doit de réussir sa nouvelle politique d'information en général et audiovisuelle en particulier, on est en pleine révolution technologique où Internet et médias font bon ménage aujourd'hui, l'un soutient l'autre ; en consultant le Net, on va vers la télé ou la radio et vice versa ; en Europe, les télés restent allumées en moyenne six heures par jour.
Faire une radio ou une télévision n'est pas une partie de plaisir, les premiers pas seront pénibles et le retour sur investissements prendra sûrement du temps, mais en regardant de près l'heureuse aventure de notre presse écrite et aussi la longue histoire de notre radio et notre télévision, et cela depuis la guerre de Libération nationale, il y a toutes les raisons d'être optimiste pour le secteur de l'audiovisuel, c'est pourquoi il faut croire à l'ouverture du champ audiovisuel au secteur privé algérien, surtout que la liberté d'expression est plus que jamais admise dans notre pays.
2012 sera très importante pour le pays ; en plus d'être l'année de grandes et incontournables réformes, ce sera aussi l'année du cinquantième anniversaire de notre indépendance, un grand moment historique pour notre jeune et belle nation, ce sera certainement l'année de naissance de chaînes et de radios privées algériennes. Quelle belle et symbolique date !


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