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«rendez-nous nos armes, m. le président»
Ils ont remis leurs fusils de chasse dans les années 1990
Publié dans El Watan le 16 - 01 - 2012

L'affaire des fusils de chasse confisqués par l'Etat au début des années du terrorisme islamiste, en 1993, suite à la détérioration de la situation sécuritaire dans le pays, est loin de connaître son épilogue.
La confiscation des fusils de chasse, dans plusieurs régions du Centre touchées par le terrorisme, avait été décidée par les hautes instances de l'Etat à cette période, dans le cadre de la lutte antiterroriste, afin, justifiaient-ils, d'éviter que ces armes soient saisies par les groupes armés activant dans les maquis. Dix-neuf années se sont écoulées et les propriétaires de ces armes continuent de revendiquer leur bien sans savoir à quel saint se vouer. Depuis 2000, ils organisent chaque dimanche un rassemblement sur la place des Martyrs, à Bouira, dans le but de sensibiliser les autorités à leur unique revendication : la restitution de leurs armes confisquées. Ils ont même organisé des marches et fermé à plusieurs reprises le tronçon autoroutier, mais sans aucun résultat.
A chaque fois, les propriétaires, dont la plupart sont de simples paysans, dénoncent l'attitude autiste des pouvoirs publics et qualifient leurs cas d'«injustice à leur égard». Pour eux, l'Etat a procédé à la confiscation de leurs armes sans aucune raison valable. A en croire certains paysans qui se sont déplacés à notre rédaction et avec lesquels nous nous sommes entretenus, le besoin se fait pressant, car motivent-ils, des animaux sauvages, notamment les sangliers, font des ravages dans leurs récoltes. Que ce soit les champs de céréales, les vergers, les maraîchages et autres jardins, tout est détruit sur le passage de ces animaux.
«Nous ne pouvons pas y faire face sans nos fusils, notamment dans les campagnes, à l'instar d'Ath Laâziz, Taghzout, M'chedallah et Haizer, au nord du chef-lieu de la wilaya, et plus encore dans les régions de Sour El Ghozlane, au sud», nous dit un fellah. «Sans nos fusils, nous ne pouvons plus travailler nos terres à cause de la prolifération des sangliers dans la région», renchérit un autre. Ces bêtes ravagent tout sur leur passage. Pour Ali Bouras, un paysan de Bouira, «le fusil de chasse représente pour nous, les montagnards, un honneur. Cela fait des années qu'on réclame nos biens, mais l'Etat fait la sourde oreille». Et de s'adresser aux pouvoirs publics : «Qu'ils aient le courage de nous répondre par oui ou par non. Pourtant, c'est simple ; s'il s'agit d'une saisie, qu'ils nous le disent et l'affaire sera classée !»
9500 fusils de chasse confisqués à Bouira
Il est utile de souligner que le nombre de fusils de chasse confisquées au niveau de la wilaya de Bouira avoisine les 9500 armes, selon les statistiques des membres actifs des associations de la wilaya affiliées à la Coordination nationale pour la restitution des armes (CNRFC), qui a vu le jour il y a deux ans à Bouira. «Y'en a marre, cela fait maintenant plus de 12 ans que nous frappons à toutes les portes, sans qu'aucun responsable n'arrive à nous convaincre», se désole Ider Salah, de Haizer. Le ministre de l'Intérieur, le chef de la 1re Région militaire (Blida), l'Assemblée nationale, les partis politiques, la présidence de la République, le wali de Bouira, les présidents des APC ont tous été saisis de cette affaire. Mais, précisent nos interlocuteurs, personne n'a osé trancher. «En 2002, nous avons saisi le président de la République à travers une lettre ouverte. La réponse de la Présidence était simple : elle nous a invités à nous adresser aux autorités locales, alors que le Président sait bel et bien que cette affaire est du ressort des hautes autorités de l'Etat», souligne Ali Bouras, un fellah de la commune d'Ath Laâziz.
Une autre réponse leur a été fournie par le chef de la 1re Région militaire, qui les a informés que ce dossier est du ressort du ministère de l'Intérieur. Ils réclament tout bonnement une réponse claire et précise. «Qu'on nous donne une explication. Soit on nous rend nos armes, soit on nous indemnise, soit on nous donne des autorisations d'achat, soit on nous dit non et l'affaire est classée», tonne Brahim Recham, le président de l'association Es Salem pour la restitution des fusils de chasse des communes de la daïra de Bouira. L'association en question a été créée le 23 mars 2010, mais à ce jour aucun agrément ne lui a été délivré. M. Recham a tenu à préciser que même les autorisations d'achat sont interdites au niveau de la wilaya de Bouira. Contacté à ce sujet, le directeur de la réglementation et des affaires générales (DRAG) de la wilaya, Ouali Akli, a indiqué que la wilaya délivre des autorisations d'achat de fusils et que toutes les transactions se font au niveau de cette institution.
Le même responsable a confirmé également que sa direction ne délivre pas d'autorisation pour l'importation d'armes. Selon lui, depuis 2001, aucune décision d'importation d'armes n'a été enregistrée. Les propriétaires de fusils de chasse de Bouira se posent des questions sur l'attitude des pouvoirs publics. Ils s'interrogent sur le fait qu'en marge de la visite effectuée par le président Bouteflika, le 25 juillet 2008, à Bouira, son ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales de l'époque, M. Zerhouni, avait déclaré à la presse que les armes sont classées et que «l'Etat procédera au moment opportun soit à la restitution ou à l'indemnisation des concernés». Son successeur, Daho Ould Kablia, avait déclaré, quelques semaines après avoir pris ses fonctions que «le dossier n'est pas directement géré par le ministre de l'Intérieur. En fait, le ministère ne fait qu'exécuter une décision du ministère de la Défense». Depuis, aucun engagement pour soulager ces paysans. «Chaque fois qu'on organise une action, ils dépêchent des interlocuteurs afin de nous orienter pour procéder à des dépôts de dossier au niveau des brigades de gendarmerie territorialement compétentes.»
Pour Brahim Recham, 6500 dossiers ont été recensés par son association. «Nos dossiers sont déposés au niveau des brigades mais aucune suite ne nous a été donnée. Le dernier dépôt a été fait en mars 2011», dénonce-t-il.
«C'est comme s'ils nous enlevaient nos femmes»
Le représentant des propriétaires d'El Hamzaouia (Aïn Bessem) pour la restitution des fusils de chasse, Guerache Abdelkader, a recensé plus de 700 fusils confisqués ; il qualifie cette affaire de «violation pure et simple». «Nous ne sommes pas un parti politique. Nous avons respecté la décision de l'Etat et nous avons abdiqué, mais comment se fait-il que nos responsables fuient leurs responsabilités ?», dit-il avec colère. «Que les pouvoirs publics viennent nous enlever nos femmes, alors…», ajoute-t-il encore avec rage. Ce même représentant donne un ultimatum aux pouvoirs publics : «C'est à travers les colonnes du journal El Watan, qui a toujours été solidaire avec notre cause, que nous tenons à lancer un ultimatum de 15 jours aux responsables concernés à propos de notre cas. Nous allons initier des actions musclées. Si la dernière fois, ils ont réussi à nous bloquer au niveau de leurs barrages de gendarmerie de Reghaia et Rouiba, la prochaine fois, nous irons à la Présidence.
Nous ne sommes pas des terroristes, nous sommes de simples citoyens et nous voulons juste notre droit.» Les propriétaires de fusils de chasse de Aïn Bessem regrettent que tous les responsables saisis sur ce dossier, du président de l'APC au président de la République, n'aient pas jugé utile de répondre à leur revendication, pourtant légitime. Il y a deux ans, pas moins de 3000 lettres ont été envoyées par la poste à la Présidence. Elles sont restées sans suite. «Aucun responsable n'a osé commenter publiquement cette affaire, c'est indigne», dit M. Guerache. Pour le moudjahid Mahmoudi Abdelkader, membre de la Coordination nationale pour la restitution des armes de Bouira, «le dossier relève des prérogatives du Président en personne. Bouteflika doit prendre une décision à propos de notre cas. Au départ, nous étions contre l'indemnisation mais maintenant, nous sommes pour cette option et nous voulons juste que le Président statue sur cette affaire». «Rendez-nous nos armes, Monsieur le Président, c'est notre bien, c'est notre honneur…», lancent-ils.


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