Un industriel algérien, Djaffer Ouali, patron de la société Alitco, a signé, hier au cours de la seconde journée du forum économique méditerranéen, qui se tient depuis lundi à Palerme (Italie), un accord de partenariat industriel avec l'Italien Marchetti Giovanni Padara. Il s'agit là du seul partenariat conclu lors de cette rencontre où ont eu lieu quand même quelque 2500 contacts d'affaires. Ce partenariat algéro-italien, qui, il faut le dire, était déjà ficelé bien avant ce rendez-vous, porte sur la récupération des pneus usagés. L'activité serait, selon M. Ouali, unique en Afrique. L'usine, dont le montant d'investissement ne nous a pas été révélé même s'il paraît lourd, sera implantée à Mostaganem et les travaux de construction devraient démarrer dans trois mois. Son démarrage est prévu pour fin 2006. Cette usine, d'un nouveau genre en tout cas, s'occupera à traiter les pneus usagés après leur récupération. Tous les pneus usagés et qui sont aussi trop souvent jetés dans la nature seront ainsi récupérés et traités suivant un processus avant d'être décortiqués pour une séparation fer-gomme. Selon M. Wali, qui est également à la tête du club d'hommes d'affaires algéro-italien, le fer qui sera tiré des pneus sera acheminé à l'usine sidérurgique de Annaba pour recyclage, tandis que la gomme sera déchiquetée et empaquetée pour être utilisée dans la confection du bitume pour les routes. Selon lui, il est attendu de ce nouveau produit ainsi réutilisé l'amélioration de la qualité des routes. Aussi est-il possible de produire une matière première pour la fabrication des tapis de gymnase. Le propriétaire se félicite ainsi de la dimension écologique de sa nouvelle activité. Reste la récupération de ces quantités de pneus ? Il affirme à ce propos qu'une proposition sera faite à l'ANSEJ à l'effet d'accorder des possibilités de création de sociétés de ramassage des pneus usagés à travers le territoire national. Mais la clientèle sera aussi constituée de gros utilisateurs de véhicules utilitaires, en l'occurrence les entreprises. Une bonne partie de la production de cette usine, nous a déclaré M. Wali, sera exportée vers l'Italie. Le partenariat, dont l'Algérie détient 51% des parts, s'est effectué avec "un transfert technologique italien à titre gracieux". La partie algérienne représentée à cette manifestation économique et commerciale de Palerme a, durant toute la journée d'hier, multiplié les contacts d'affaires. Selon Djamel Zeriguine, chef de la division des IDE à l'Agence nationale pour le développement de l'investissement (ANDI), pas moins de 15 rencontres ont eu lieu avec des investisseurs italiens en quête de possibilités d'investissements en Algérie. Nombre de manifestations d'intérêts ont été exprimées par différents investisseurs. Les domaines d'intérêts vont des équipements paramédicaux, de l'assemblage de véhicules utilitaires, notamment par la marque Piaggo, aux matériels agricoles, en passant par l'équipement agroalimentaire, celui de l'assainissement des eaux usées ainsi que la franchise pour la production du matériel de construction. D'autres rencontres, en effet, ont porté sur le volet strictement commercial. Par ailleurs, la rencontre de Palerme, qui a réuni les 13 pays de la rive sud, a permis, selon le président de l'Institut italien du commerce extérieur (ICE), de faire rencontrer 360 firmes italiennes avec 250 entreprises de l'autre rive de la Méditerranée. L'initiative de Palerme a conclu, à l'issue des travaux, à la nécessité de trouver un moyen de fédérer les énergies du Nord et du Sud à l'effet d'affronter les appréhensions nées de la mondialisation et ses sous-produits. Mais a-t-on vraiment les moyens pour ce faire ? Des lignes directrices, au nombre de quatre, ont été recensées par le patron de l'ICE. Il s'agit, a-t-il dit, de voir les possibilités de travailler ensemble dans les foires et salons spécialisés, d'améliorer, pour ce qui est attendu du rôle de la presse, l'image des deux rives l'une pour l'autre, relancer le tourisme et créer les moyens de mise en liaison satellitaire. Tout un programme !