Permettez-moi, en ma qualité de personne handicapée, de vous exposer un problème dont souffrent tous les handicapés moteurs à travers le territoire national en matière d'acquisition de véhicules spécialement aménagés pour cette catégorie de personnes. Au même titre que les moudjahidine, la réglementation en vigueur donne droit aux personnes handicapées moteurs à l'acquisition d'un véhicule aménagé tous les cinq ans, en exonération des droits et taxes, et ce, conformément aux dispositions de l'article 67 de la loi de finances de l'année 1989, modifié et complété. Jusqu'à l'année 2011, les personnes concernées bénéficiaient de ce droit sans problème, après avoir payé, en plus du prix du véhicule en hors taxes (HT), le coût de l'aménagement opéré chez le seul atelier disponible au niveau national, situé sur les hauteurs de la capitale, qui varie entre 100 000 et 200 000 DA. Or, depuis la date indiquée ci-dessus, les concessionnaires évitent de traiter avec les personnes handicapées pour le bénéfice de ce droit octroyé par les lois et règlements en vigueur, en prétextant que les services des Douanes refusent l'application de cette disposition sur les véhicules aménagés par l'atelier en question. Ils exigent que le véhicule concerné soit importé aménagé de l'usine, et ce, conformément à l'interprétation textuelle de l'article en question. Ce dernier stipule que le véhicule doit être «spécialement aménagé en usine», en dépit du fait que dans la pratique, même en Europe, les aménagements des véhicules destinés aux personnes handicapées se font dans des ateliers spécialisés, (comme Kumpfs par exemple), mais jamais dans les usines de fabrication. Il n'existe pas d'aménagement standard, comme il n'existe pas de fauteuil roulant standard (c'est une autre histoire, celle des fauteuils roulants chez nous). Cette situation pénalise trop cette catégorie déjà «sanctionnée» par les dures conditions de la vie dans notre société algérienne. Moi, personnellement, résidant du Grand Sud, j'ai fait le déplacement à Alger, accompagné de ma fille unique de 14 ans, au mois de mars dernier, pour assister à la dernière foire de l'automobile et «choisir» une nouvelle voiture. J'ai été confronté à une réponse négative de tous les concessionnaires. Aucun d'eux n'a jugé utile de fournir ou de proposer des véhicules aménagés pour les personnes handicapées. (Peugeot Algérie a exposé un Partner aménagé pour le transport des handicapés avec une rampe d'accès à l'arrière, mais qui doit être conduit par une personne valide). Les autres proposent des voitures avec boîte de vitesses automatique, que les personnes handicapées doivent acquérir en TTC et procéder ensuite à son aménagement, toujours par le même atelier, ce qui représente une charge supplémentaire pour cette catégorie, au profit de laquelle la loi prévoit pourtant, ironie du sort, l'exonération totale du paiement des droits et taxes à la charge du Trésor public. Ma confiance dans El Watan et mon souhait de vous associer aux problèmes d'une frange de la société qui souffre en silence et qui ne bénéficie d'aucune prise en charge réelle dans tous les domaines, m'ont encouragé à vous soumettre ce cas unique dans l'Algérie de 2012. N. B. : seules les lettres qui traitent de sujets d'intérêt général sont pris en considération par la rédaction.