Depuis quelques jours, les services des Douanes de l'aéroport d'Alger sont en effervescence : certains éléments sont impliqués dans des affaires troublantes. C'est le branle-bas de combat au niveau des services des Douanes de l'aéroport d'Alger. Dix douaniers, dont des officiers, un transitaire et deux de ses agents comparaîtront aujourd'hui devant le tribunal d'El Harrach, près la cour d'Alger, pour une affaire des plus intrigantes.Depuis quelques jours, les services des Douanes de l'aéroport d'Alger sont en effervescence. Dix douaniers, le directeur régional, le directeur technique, le chef du bureau du contentieux et son adjoint, le divisionnaire chargé du fret, l'inspecteur principal de brigade, le chef de la brigade commerciale ainsi que son adjoint, le receveur et un officier de brigade comparaîtront aujourd'hui devant le tribunal d'El Harrach, près la cour d'Alger, avec un transitaire et deux de ses agents, pour une affaire des plus troublantes. En fait, celle-ci remonte à plus de deux mois, lorsqu'un jeune homme travaillant pour le compte d'un transitaire a été interpellé par un officier de brigade de la zone de sécurité du fret, avec un badge portant sa photo mais avec le nom d'une femme. Pour arriver à une zone de sécurité, donc contenant surtout de la marchandise sensible, le mis en cause a traversé trois postes de contrôle, sans avoir été repéré. Une grave défaillance qui n'a pas eu les suites nécessaires. En effet, en matière de falsification, la loi est très claire : les douaniers doivent informer immédiatement le procureur. Or, dès l'interpellation du mis en cause par le chef de brigade, le dossier a été remis, nous a-t-on indiqué, au divisionnaire, lequel l'a déposé sur le bureau du receveur, avant d'atterrir à la fin chez le directeur régional où il y restera près d'un mois. C'est un courrier du directeur général, demandant des informations sur l'affaire, qui va lui donner une autre tournure. L'enquête interne lève un lièvre Le mis en cause a franchi trois barrières de sécurité avec un faux badge et est arrivé jusqu'au service fret, situé à proximité de la piste d'atterrissage. Qu'a-t-il fait dans cette zone ? Quelle marchandise a-t-il pris ? Pourquoi aucune mesure n'a été prise après son interpellation par la brigade des Douanes ? Aucune réponse pour l'instant. Cependant, il est certain que cette affaire a pris une grave tournure. En effet, non seulement le transitaire a été destinataire d'une décision de suspension d'activité signée par le directeur général des Douanes, mais le dossier a été remis au parquet d'ElHarrach étant donné qu'il concerne deux volets, l'un lié à la falsification et l'autre à la sécurité d'une enceinte comme l'aéroport. Cette affaire intervient alors que l'enquête judiciaire sur l'incendie qui a ravagé deux dépôts des services des Douanes au port d'Alger se poursuit sans qu'aucune décision ne soit connue. Cet incendie, faut-il le rappeler, avait fait l'effet d'une bombe au sein de l'administration dans la mesure où les pyromanes avaient visé les dépôts de marchandises en situation de contentieux judiciaire, mais également en instance de procédure de dédouanement. Les premières estimations du préjudice financier font état de 750 millions de dinars, ce qui a nécessité l'ouverture de quatre enquêtes. D'abord celles de l'Inspection générale des finances (IGF) et de l'Inspection générale des douanes (IGD) puis celle de la Cour des comptes et celle des services de police judiciaire. De nombreux douaniers, dont des responsables comme le receveur du port d'Alger, le chef de l'inspection divisionnaire (CID) ainsi que le directeur régional ont été plusieurs fois interrogés par la police judiciaire qui semblait intéressée par les complicités qu'aurait pu avoir le pyromane pour accéder, sans être inquiété, dans une zone aussi protégée que les dépôts de marchandises en situation de contentieux, qui se trouvait non loin de l'entrepôt des produits pyrotechniques. Ce même service, est-il important de le signaler, avait fait l'objet, quelques semaines auparavant, d'un vol énigmatique de 7 boîtes d'archives et de 3 unités centrales d'ordinateurs. En tout état de cause, l'affaire du service fret de l'aéroport a provoqué un véritable séisme dans les rangs des douaniers, qui voient une dizaine de leurs collègues déférés à la justice…