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Le Sahel : des espaces à conquérir ou des territoires à partager ?
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«Une nation sans un gouvernement national est, à mon sens, un affreux spectacle.» A. Hamilton
Guerres chroniques au Sahel
Les guerres civiles en Afrique, malheureusement nombreuses, la plupart sous-tendues par une course au pouvoir, procèdent des mêmes frustrations. Les dégâts et les atrocités qui en résultent sont également comparables. Le plus souvent, les conséquences d'un passé douloureux apparaissent en premier plan pour expliquer le déchirement des populations à la recherche de l'équité et d'un équilibre régional pour mieux cohabiter. Riches ou moins riches, en Afrique, on n'échappe pas à la malédiction des désordres intérieurs qui débordent sur les pays voisins par les vagues de réfugiés fuyant la terreur, favorisant l'apparition de zones frontalières non contrôlées propices aux activités de trafic en tout genre. Si ce fléau a été résorbé dans la majorité des cas, sa ténacité au Sahel fait de lui une menace régionale.
On peut citer, à travers les exemples de guerres civiles au Sahel où le risque de ce genre de conflit est le plus élevé, celle du Soudan. Commencée en 1955, elle devait trouver sa solution définitive dans les Accords d'Addis Abeba signés en 1972 et qui garantissaient au sud de ce pays une importante autonomie interne. Mais la campagne d'islamisation lancée en 1983 par le président Jaffar Ennoumeiri (1969-985), son intention de transformer le Soudan en un Etat arabe, de diviser le Sud en trois régions et d'instituer la charia a remis en cause le fondement des accords. Ces décisions controversées furent à l'origine de la deuxième guerre civile qui aboutit, en janvier 2011, à l'indépendance du Sud-Soudan, après trente ans d'instabilité.
Cette solution marquera-t-elle la fin du cauchemar soudanais ? Rien n'est moins sûr, la question du Darfour reste lancinante. Au Tchad, là encore, les antagonismes ethniques et confessionnels ont débouché sur une fracture Nord-Sud. Les guerres civiles, déclenchées cinq ans après l'indépendance et qui se sont étalées sur cinq décennies (1965-1979, 1979-1982, 1998-2002, 2005-2010), trouvent des liens avec la guerre civile au Darfour et en République centrafricaine. On peut s'interroger d'ores et déjà sur les implications probables de l'indépendance du Sud-Soudan sur le Sud tchadien, de même confession et séparatiste. Au Sahel, les conflits ont cette particularité de s'inscrire dans la durée. L'instabilité au Mali et au Niger dure depuis plus de quatre décennies, les mêmes causes produisent les mêmes effets.
La médiation au Mali
La première fronde des Touareg du Mali remonte à 1963, soit trois ans après l'indépendance du pays. La réponse du pouvoir de l'époque fut la répression. La population quitta le territoire fuyant vers les pays limitrophes. La contestation se radicalise, devient sécessionniste et s'organise autour de Iiyad Ag Ghali à la tête du Mouvement populaire pour la libération de l'Azawad (MPLA). La rébellion s'exprimera par les armes, le 28 juin 1990, contre les localités de Menaka et de Tidermène. Selon Son Excellence, l'ambassadeur KI Doulaye Corentin : «La répression, par l'armée malienne fut, une fois de plus, lourde et sans pitié.» (le faso.net-02 juillet 2007). Sans les résultats escomptés.
Sur les mêmes bases de revendication territoriales et les mêmes griefs : marginalisation politique, économique et sociale, la rébellion armée des Touareg au Niger est déclenchée en 1985 par une attaque sur Tchin-Tabaradène, également par un mouvement sécessionniste, le Front populaire pour la libération du Niger (FPLN), devenu plus tard Front de libération de l'Aïr et de l'Azawak. La réponse à cette attaque fut, comme par le passé, la répression militaire qui, selon le même ambassadeur, «prendra des proportions alarmantes après la deuxième attaque sur la même localité en mai 1990». Si on considère les soulèvements armés signalés depuis, malgré le «Pacte national» du Mali du 11 avril 1992 et l'«Accord de paix» signé à Niamey le 24 avril 1995, entre le gouvernement de la République du Niger et l'Organisation de la résistance armée (ORA), on conclut au moins que ces deux engagements n'ont pas été menés à bien ou n'ont pas été suffisants pour éteindre la rébellion touareg, aussi bien au Mali qu'au Niger.
Les autres accords, venus par la suite compenser en vain leurs insuffisances exprimées par d'autres rébellions, complètent le tableau de l'absurdité de la damnation de Sisyphe. Avec 130 000 Maliens déplacés à l'intérieur de leur pays et 140 000 réfugiés dans les pays voisins (source : UNHCR), seule la mobilisation d'une assistance internationale pourrait panser les dégâts infligés aux innocents en faisant naître de l'espoir aux enfants d'aujourd'hui, menace probable pour l'avenir. Aujourd'hui, la résurgence de la rébellion dans l'Azawad suivie du coup d'Etat assombrissent plus qu'auparavant l'horizon malien. La situation exige, dans l'urgence, une solution à l'anarchie qui prévaut, pour le rétablissement de l'autorité de l'Etat sans laquelle il ne peut y avoir de règlement durable à tout différend. «On sait qu'il existe quelque chose de pire qu'un mauvais Etat, c'est l'absence de tout Etat. L'anarchie est pire que la tyrannie, car elle remplace l'arbitraire de l'un par l'arbitraire de tous», écrit le philosophe T. Todorov dans Mémoire du mal, tentation du bien, Robert Laffont.
Cette solution consiste donc à remettre d'abord les repères en place, c'est-à-dire un pouvoir fort de sa légitimité à qui il incombera de décider du modus operandi adapté à la gravité des réactions des belligérants, en premier lieu : le MNLA et les putschistes.
Ce pouvoir se doit de se réapproprier la légitimité des moyens de la violence avec la philosophie propre à tout Etat dans les circonstances où son destin se joue, c'est-à-dire en combinant à l'observation froide, une interrogation sereine à son histoire en vue d'une réaction éminemment morale. Rétablir ATT dans ses droits serait la voie la plus expressive. Car son rétablissement est en soi une réponse à ceux, qui par pur instinct, ont violé les lois de la République, et pour quel résultat sinon celui d'un aveu d'incompétence à soutenir la patrie dans une phase aussi critique que sa partition.
Démarche qui interpellerait également l'inconstance des mouvements armés du Nord non seulement par leur reniement à leurs engagements vis-à-vis de l'Etat et envers le médiateur, mais aussi par le rejet total des accords conclus y compris leur principe qui jusque là prévalait : l'intégrité du Mali. L'Etat ne peut cependant s'inscrire dans la démarche de groupes ou de bandes armées. Investi de la confiance du peuple, il recherchera la stabilité et la réhabilitation de ses institutions.
Sans perdre de vue quelle paix on souhaite instaurer, et sur la base du rapport d'Amnesty International et d'autres témoignages, il est vital pour la cohésion du peuple malien et pour le renforcement de la paix d'identifier les responsables du bombardement des populations autour de Kidal, car il constitue en soi un acte sécessionniste. Par ailleurs, une commission d'enquête doit pouvoir aboutir à l'identification des responsables de l'humiliation. Qu'ils soient de la rébellion ou de l'armée régulière, leur jugement consacrera la force de la loi et rétablira, sans doute, la confiance envers le pouvoir. Le désarmement, la démobilisation et la réinsertion, comme dans tout règlement de conflit, seront les étapes nécessaires pour le rétablissement de l'ordre et une certaine réhabilitation de l'Etat.
La réaction de la communauté internationale, y compris les membres du Conseil de sécurité de l'ONU de nature à baliser les débats entre les parties au conflit, pourrait être complétée par une assistance internationale dans le domaine économique qui compenserait les lacunes à l'origine de l'insatisfaction des engagements contenus dans l'accord-cadre de règlement des problèmes du Nord. En s'arrogeant le droit d'imposer la loi islamique par la force des armes, ce qui n'est du ressort d'aucun groupe, Ansar Eddine rejette tout dialogue par les voies consacrées au débat dans un pays réellement démocratique, le Mali. Sa présence à Ouagadougou pervertit la médiation.
Toutefois, l'espoir peut être conservé si la pédagogie de la démarche, la subtilité de la médiation pourraient l'amener à activer dans la légalité en se constituant parti politique pour défendre ses suggestions en matière de réformes de l'Etat dans un cadre civilisé, c'est-à-dire convaincre avec argumentation et non faire peur avec une kalachnikov. L'accepter à la table du dialogue dans le cadre d'une réconciliation serait un antécédent pour les générations futures ; c'est admettre le débat par les armes. Une telle démarche ne peut assurer une victoire définitive. Dans son livre référence Histoire mondiale de la stratégie, B. H. Liddell Hart conclut : «Si vous consacrez la totalité de vos efforts exclusivement à la recherche de la victoire et sans penser aux conséquences ultérieures, (…) il est presque certain que cette paix sera une mauvaise paix portant déjà les germes d'un autre conflit. C'est la leçon dictée par une longue expérience.»
S'agissant des autres groupes de trafiquants, les narcotrafiquants et de crime organisé, tel le Mujao, tout porte à croire qu'ils représentent une source non négligeable de financement des rebelles. Une concertation des organisations sous-régionales en vue d'une intervention militaire, contre désormais, le banditisme transfrontalier, le contrôle des frontières avec éventuellement la poursuite coordonnée, serait à court terme, prometteuse d'une stabilité favorable au développement de ces zones longtemps interdites. Certes, l'immensité du champ des opérations suggère la participation de la population généralement acquise à celui qui occupe le terrain. Aussi, le règlement du conflit MNLA et la réponse aux actes inconsidérés des putschistes, détermineront-ils la conviction de cette population à s'impliquer aux côtés de leur Etat et partant, l'efficience d'un tel engagement.


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