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Rassemblement devant le palais du gouvernement
La colère des familles victimes du terrorisme
Publié dans El Watan le 20 - 03 - 2006

Ils ont honoré, hier, le rendez-vous pris dimanche dernier devant le Palais du gouvernement, à Alger, en dépit du dispositif de sécurité imposant déployé autour du jet d'eau.
Beaucoup de tension et de moments forts ont marqué ce deuxième rassemblement contre la libération massive des terroristes. Hissant des portraits de leurs proches, enfants, maris, pères et mères assassinés par les groupes islamistes armés, les manifestants, surtout des femmes, ont scandé pendant plus de deux heures des slogans hostiles au gouvernement, mais aussi aux terroristes. « Dawla irhabiya » (Etat terroriste), « Adala naima, oul hogra kaina » (la justice sommeille et l'oppression se répand), « AIS, terroriste Bouteflika complice », « Kataline dabahine ikoulou moudjahidine » (tueurs, égorgeurs et se disent des moudjahidine), « Pouvoir assassin », « Oulach smah oulach » (il n'y aura pas de pardon), « Terroristes vous êtes, terroristes vous resterez » sont les quelques phrases fredonnées tout au long de cette manifestation, encadrée par de nombreux policiers en tenue pour éviter un débordement sur la chaussée. Des larmes, des youyous et parfois des cris hystériques de douleur entrecoupent ces slogans. Certaines femmes, notamment les plus âgées ou les plus malades, s'évanouissent. C'est le cas de Mme Zanoun, mère de la jeune Amel, égorgée sur la route de Sidi Moussa. « Regardez la photo de cette belle jeune fille. Sa tête a été accrochée à un poteau électrique. Comment pourrais-je pardonner à ses bourreaux ? », lance-t-elle aux policiers. Mohamed exhibe son ventre et ses deux jambes pour montrer ses cicatrices. « Qu'ai-je fait moi pour mériter toutes ces blessures ? J'étais au marché de Birkhadem lorsqu'une bombe a explosé et m'a plongé dans un coma profond pendant 15 jours. Je ne peux pardonner à ceux qui ont actionné cette bombe. Je veux qu'ils paient pour les crimes qu'ils ont commis. Cette charte est un costume fait sur mesure pour les terroristes », dit-il aux nombreux journalistes présents sur les lieux. Un sexagénaire s'approche de lui. « Regarde, moi aussi j'ai reçu deux balles en plein visage à Beni Messous. Je n'ai pas voté pour le pardon des terroristes et aujourd'hui je veux que ceux qui ont brisé ma vie soient jugés et condamnés. » Ahmed, la cinquantaine, n'arrive pas à se calmer. Il angoisse depuis le début des libérations des terroristes. Il affirme que, tous les jours, il pointe devant Serkadji pour voir si ceux qui ont tué son fils à coups de hache, dans son quartier à La Casbah, sont libérés. « Moi, je ne crois en rien. Depuis que mon fils a été tué sous mes yeux, la flamme de sa mort ne s'est jamais éteinte et ne s'éteindra qu'une fois ses bourreaux seront morts. Le jour où je les croiserais, je vengerais mon fils. Nous sommes face à un pouvoir qui ne croit qu'au langage de la violence. Il ne croit pas aux manifestations. Vous pouvez rester ici toute la journée et même des mois, et vous n'aurez rien. Vengez vos morts puisque la justice ne vous a pas été rendue... », lance-t-il à l'adresse des manifestants. Un avis que partage le fils du journaliste Ali Boukerbache, assassiné à Dergana, il y a dix ans. « Oui, il faut que la mémoire de nos morts soient préservée. J'ai vu comment mon père a été tué par ces criminels. J'ai moi-même ramassé sa cervelle sur la chaussée. Je ne peux oublier ces moments et ce n'est certainement pas cette charte qui réussira à le faire. De toute façon, tout le monde sait que le peuple n'a pas voté pour cette charte... », note-t-il. En face, un groupe de femmes surprend les policiers en traversant la chaussée pour se mettre par terre, bloquant ainsi la circulation automobile. Les policiers paniquent et commencent à bousculer tout le monde. Des coups de coude mêlés à des bousculades brutales provoquent la colère des manifestants. Les officiers accourent et calment les esprits des uns et des autres. « Allez surveiller Ali Benhadj et Madani Mezrag, ces assassins de nos enfants. Ce sont eux les terroristes et pas nous. Vous êtes en train d'assurer la sécurité de ceux qui ont tué vos collègues, déporté vos familles et brisé vos foyers », crie une veuve d'un policier à l'adresse des anciens collègues de son mari. Malgré l'intransigeance des policiers, les femmes refusent de libérer la route, obligeant les véhicules à couper leurs moteurs pendant une dizaine de minutes. Un cortège officiel s'avance. Il est assailli par les manifestants qui crient sans cesse « Pouvoir assassin ». Le même sort est réservé à un autre véhicule officiel, à bord duquel se trouve un officier supérieur de l'ANP en tenue. « Dawla irhabiya », lancent des femmes à l'approche de la voiture en tapant sur le capot. L'officier, placide, ne réagit pas. Les policiers, et d'un geste brutal, lui ouvrent la voie pour lui permettre de quitter les lieux. Les échanges de propos entre policiers et manifestants se poursuivent pendant une heure, à l'issue de laquelle ils ont décidé de libérer la place, en se donnant rendez-vous dimanche prochain. « Nous viendrons ici tous les dimanches pour hanter les consciences de nos gouvernants et de ceux qui veulent à tout prix piétiner la mémoire de nos morts », déclare Mme Cherifa Kheddar. Elle profite de cette occasion pour annoncer que plusieurs associations de femmes et de victimes du terrorisme se sont entendues pour se rassembler mercredi prochain à la place du 1er Mai, baptisée Karima Benhadj, une jeune policière assassinée par les terroristes à la veille de son mariage, pour commémorer le 12e anniversaire de la marche contre le terrorisme organisée par les femmes le 22 mars (1994) qui avait drainé à l'époque des milliers de personnes dans la rue. Pour l'instant, seules les familles des victimes et quelques associations s'activent à défendre la mémoire de ceux qui se sont sacrifiés en affrontant le terrorisme islamiste. Les partis politiques, notamment les plus proches du combat démocratique, restent à l'écart de ce combat.

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