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John ford, l'homme qui tua liberty valence
Le western est mort, vive le western
Publié dans El Watan le 13 - 04 - 2006

« Morituri te salutant » (César, ceux qui vont mourir te saluent).
A près de 70 ans et plus de 130 films à son actif, c'est un John Ford, au sommet de son art mais désabusé, qui réunit les légendaires John Wayne, James Stewart et quelques-uns de ses acteurs fétiches pour jeter un regard funèbre sur le western.
Ce fils d'émigrants irlandais avait commencé sa carrière comme acteur en 1914. L'année suivante, on le devine sous la cagoule d'un des personnages du Ku Klux Klan dans Naissance d'une nation de David W. Griffith. Dans cette œuvre matrice du western et du film d'action, le jeune Ford avait sans doute joué, comme Walsh, le rôle de gardien de chevaux dans la production. Cette expérience va le marquer définitivement, puisque dès 1917, il commence à réaliser des films d'aventure. En bon Irlandais, il n'a jamais oublié ses origines. Il y a, certes, les œuvres franchement indépendantistes comme Le Mouchard, Révolte à Dublin ou encore L'Homme tranquille, mais son cinéma sera presque entièrement traversé par sa culture irlandaise catholique, comme le montre Dieu est mort. Il s'entoure en effet d'acteurs, de techniciens et d'auteurs d'origine irlandaise. Grâce à cette alchimie, il a réussi à faire passer dans le melting-pot américain, la truculence musclée des pubs et du petit peuple irlandais. Il a réussi également à imposer cette culture atavique dans les westerns qui ont fait sa gloire. Dans la première partie de sa vie, Ford se montre le cinéaste des gens humbles, des pionniers et des sans-grades, bagarreurs, mais vite réunis autour d'un verre. C'est l'époque de La patrouille perdue, son premier grand western du parlant, de La Chevauchée fantastique ou du Massacre de Fort Apache. Le John Ford de cette période a peut-être involontairement transmis à plusieurs générations d'êtres humains vivant aux quatre coins du monde, une vision de l'Amérique où les rôles des bourreaux et des victimes sont restés longtemps inversés, les Indiens étant les sauvages et les pionniers, les civilisateurs. Nous jouions aux cow-boys et les rôles des Indiens étaient réservés aux perdants, sans réaliser que sous l'occupation coloniale, nous étions les Indiens. L'Amérique profonde, celle des évangélistes, de Bush et du Clint Eastwood de Impitoyable ne peut que se reconnaître dans la conquête au nom de la bible de la Palestine, au risque de voir les Palestiniens disparaître, comme les Indiens d'une terre qui est la leur. Malgré une réputation non méritée de cinéaste raciste et réactionnaire, Ford est un homme honnête, vivant sa foi avec droiture. L'homme est indéniablement poussé par son désir de reconnaissance à la terre qui a accueilli ses parents et veut souvent prouver son attachement à l'Amérique. Ainsi, lors de la chasse aux sorcières, il dénonce les « méthodes dignes de la Gestapo » de Mac Carthy. Mais, lorsque le FBI le soupçonne de sympathies communistes, Ford va jusqu'à militer dans un parti d'extrême droite pour se dédouaner. Le cinéaste n'en était pas à son premier signe d'engagement de gauche, car outre son soutien à l'indépendance de l'Irlande, il apporte en 1937 son soutien actif aux Républicains espagnols dans leur lutte contre le fascisme, avant de devenir en 1938 un dirigeant de la Hollywood anti-nazi League. C'est donc avec conviction qu'il soutient l'entrée en guerre des Etats-Unis contre les nazis et s'engage comme photographe dans la Marine, dont il deviendra plus tard et pour l'honneur, vice-amiral. Après l'épisode maccarthyste, les certitudes patriotiques de Ford commencent à se fissurer. Comme Mailer et bien des intellectuels américains, il n'approuve pas l'intervention des USA en Corée et y voit une trahison du rêve américain. Le cinéaste se réfugie dans l'alcool qui, comme dans La taverne de l'Irlandais, coule à flot. Il quitte même Hollywood et réalise son premier film désenchanté The Last Hurrah en s'entourant de ses plus fidèles comédiens, dont Spencer Tracy qui avait eu maille à partir avec Mac Carthy. La défaite et la mort du héros fatigué sont aussi celles de l'Amérique des valeurs démocratiques face à celle des médiocres et des puritains. La fin des années 1950, c'est aussi l'avènement de la télévision et le crépuscule du cinéma d'auteur si bien incarné par John Ford qui, pendant longtemps, a été à la tête de l'Union des cinéastes d'Hollywood. John Ford commence alors à s'intéresser aux minorités persécutées par le racisme et l'ostracisme. C'est ainsi qu'il se passionne pour Le Sergent noir, un western dont le héros est un noir. se lie d'amitié avec le comédien principal Woody Strode qu'il dirigera dans trois autres de ses derniers films, dont L'Homme qui tua Liberty Valance. Il aura bien du mal à convaincre Hollywood de tourner ce western intimiste, en noir et blanc et en studio, loin des canyons de l'Arizona. Ici le héros Tom (John Wayne) est désabusé, oublié à sa mort. L'avenir appartient à un politicien (James Stewart) qui a bâti sa carrière sur un mensonge, puisqu'il usurpe la réputation d'avoir été l'homme qui a débarrassé l'Ouest d'un bandit au service de la mafia des grands éleveurs. En revenant assister aux funérailles de son ancien ami, c'est l'Amérique et son rêve qu'il enterre. Il a spolié Tom à la fois de son acte de bravoure et de sa fiancée, devenue l'épouse du Sénateur. Le visage triste de Vera Miles en dit long sur l'état d'esprit de celle qui a choisi d'épouser l'Amérique de l'après-frontière et de l'establishment politicard. Ford a été sans doute le cinéaste américain qui accordait le plus de place aux seconds rôles. Dans Liberty Valance, Edmond O'Brien, l'un de ses acteurs fétiches incarne à merveille le rôle du journaliste, seul capable d'inspirer une note d'espoir, dans un climat particulièrement pessimiste. Autre découverte proposée par Ford, Lee Marvin avec son fouet et son imperméable blanc, annonce la mort irrémédiable du western classique et la naissance des westerns de fin de règne comme ceux de Sam Pekinpah, de Sergio Leone ou encore de Clint Eastwood. Dernier acte de la repentance, John Ford réalise son dernier western avec L'Automne cheyenne qu'il consacre entièrement au peuple indien. « J'ai voulu, dit-il, montrer ici le point de vue des Indiens. Nous les avons roulés, volés, tués massacrés... C'est une véritable tâche dans notre histoire. » Ce qui nous ramène aux cow-boys et aux Indiens ; aux colonisés et aux Palestiniens. Ceux qui aujourd'hui envahissent les pays comme on enfourche son cheval justifient amplement le pessimisme de Ford au crépuscule de sa vie.


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