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la veuve et le coffre-fort
Roman. Années volées d'Anissa Bellefqih
Publié dans El Watan le 18 - 05 - 2013


Le premier roman maghrébin sur les banques.
Anissa Bellefqih nous vient du Maroc. Elle a une tendresse particulière pour l'Algérie à travers des amitiés et des échanges avec notre pays. Elle a déjà publié deux romans : Yasmina et le talisman et Je ne verrai pas l'automne flamboyant. Par ailleurs, elle est l'auteur de deux essais liés à ses recherches universitaires au Maroc et portant sur le personnage d'Arsène Lupin, le «gentleman cambrioleur» créé par l'écrivain français, Maurice Leblanc, au début du XXe siècle ! Son dernier roman, paru aux éditions L'Harmattan, nous transporte dans le monde impitoyable de la finance.
Une thématique qui répond au besoin de scruter cet horizon où se sont multipliées les banques privées au Maghreb. Une véritable jungle qui fait un peu peur. Années volées d'Anissa Bellefqih pourrait également s'intituler Le monde de la finance expliquée aux profanes ou à ma fille, selon la formule consacrée. Le lecteur sent, tout au long du récit, le désir de l'auteure de mettre à sa disposition une terminologie auparavant absconse, mais devenant limpide au fil des pages. L'intrigue donne envie de faire ce voyage dans les méandres des chiffres et des billets sans trop tarder.
En effet, dès l'entame du roman, Yasmina, veuve d'un entrepreneur, se trouve aux prises avec la banque où les comptes de son mari étaient domiciliés. Son défunt époux, Younès, avait toujours eu de bonnes relations avec cet établissement financier. Or, voilà qu'il exige des héritières, Yasmina et sa fille Ghizlaine, d'honorer les dettes contractées par la société du disparu auprès de BCG qu'on peut traduire par Banque de crédit et de gestion.
Cette nouvelle thématique, qui fait une entrée remarquée dans la littérature maghrébine, exprime une réalité économique nouvelle qui a complètement transformé l'activité commerciale en Afrique du Nord. En effet, sous couvert d'une libéralisation totale du marché, beaucoup de banques privées se sont créées et ont saisi l'opportunité de proposer toutes sortes de produits financiers aux clients. Dans cette jungle, où le commun des mortels perd son latin, certaines banques et leurs conseillers financiers font preuve de beaucoup d'indélicatesse pour recouvrer leurs créances.
Anissa Bellefqih, nous montre à travers le cas Yasmina, un exemple édifiant des déboires que peut rencontrer un citoyen lambda, non rompu aux codes qui régissent le monde de la finance. Ainsi, lorsque l'huissier débarque chez la veuve pour l'avertir d'une saisie de son appartement, elle se sent acculée et démunie. Tout ce qu'elle a construit en tant qu'enseignante, menace de s'écrouler par la magie d'une notification fallacieuse.
Ayant bénéficié d'un sursis de trois jours, elle s'adjoint les conseils d'un avocat qui la rassure sur les stratégies à adopter pour sortir de ce guêpier ubuesque. Mais, au fil des jours, son conseiller s'avère de connivence avec le mastodonte financier. Ce double jeu de l'avocat marron l'écœure et la met hors d'elle. Ainsi, elle trépigne d'impatience d'en découdre avec ses adversaires, même si, les mois passant, l'avantage est à la Banque de crédit et de gestion. Car, la banque, non seulement veut lui prendre son appartement de Casablanca, mais aussi un lot de terrain à Marrakech. Ses créanciers redoublent de férocité pour la dépouiller en entier et/ou l'intimider pour qu'elle abandonne ses poursuites.
C'est à ce moment qu'elle décide de prendre les choses en main en s'initiant au langage ésotérique des contrats commerciaux. Ses recherches et sa persévérance mettent en lumière tous les dysfonctionnements du contentieux qui l'oppose à la banque. Elle découvre les failles tapies dans les tournures des articles qui saturent les contrats et leurs clauses ambiguës. C'est ce côté Sherlock Holmes (ou Arsène Lupin ?) de Yasmina qui rend le roman à la fois passionnant et initiateur des arcanes du monde bancaire.
Le lecteur suit avec attention cette incursion et les recherches menées pour percer les mystères d'un monde inaccessible. L'aide qu'elle reçoit de Me Zerhouni et de certains universitaires, experts en droit financier, lui permettent de cheminer et de ruser avec les embûches posées sur son chemin. La relecture des contrats et le bluff qu'elle perçoit au détour de certaines formules lui permettent de renverser la situation et faire pencher la balance en sa faveur. C'est ainsi que la peur, si on ose dire, change de camp et que les responsables de la banque tentent de négocier avec elle en revoyant leurs prétentions à la baisse. Mais Yasmina, forte de sa détermination et de son bon droit, ne lâche pas prise et espère un dénouement en sa faveur à cette affaire rocambolesque.
L'arrogance de ses adversaires en prendra, pour sûr, un coup. A travers le parcours de cette héroïne moderne, c'est la volonté de l'humain qui est mise à l'honneur. Années volées d'Anissa Bellefqih montre que des vertus, comme la patience et la ténacité, mènent toujours loin. Yasmina a persévéré pendant cinq ans contre un monde qui a enfermé, sans vergogne, ses scrupules dans un coffre-fort. Ce roman est un hommage à la femme maghrébine à l'avant-garde des combats libérateurs.

Anissa Bellefqih, Années volées, roman, Ed. L'Harmattan, Paris, 2012.


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