Des dizaines de travailleurs de la société nationale de Génie civil et bâtiment (GCB, une filiale de Sonatrach) ont passé la nuit de dimanche à lundi devant le siège de la direction générale de l'entreprise, à Boumerdès. Ils sont venus de différentes wilayas du pays pour dénoncer le non-renouvellement de leur contrat de travail en mars et mai derniers. «Moi je viens de la wilaya de Annaba, j'ai huit ans d'expérience professionnelle au Sud, mais la direction a mis fin à mon contrat pour la simple raison que je ne suis pas natif de la région», s'indigne l'un des protestataires. «Nous sommes victimes de la hogra, de la marginalisation et du régionalisme», lisait-on sur une banderole accrochée sur le portail de la direction. «Ce sont nos responsables qui veulent diviser le pays. La plupart d'entre nous ont plus de cinq ans d'expérience dans les chantiers lancés par l'entreprise à Hassi Mesaoud, In Amenas et ailleurs. On a mis fin à nos contrats puis on a recruté des gens du Sud dans nos postes», regrettent-ils, avant de dénoncer le silence du syndicat auquel ils reprochent «de n'avoir rien fait pour défendre leurs droits». A en croire les protestataires, la décision de mettre un terme à leur contrat a été prise dans le sillage des mesures édictées par les autorités pour calmer les jeunes chômeurs des wilayas du Sud. Mais entre-temps, on a appris que la directive émise par le Premier ministre, qui invite les entreprises basées au Sud à favoriser les gens de la région dans les recrutements, n'a pas été respectée. «Abdelmalek Sellal n'a pas demandé aux sociétés de mettre un terme aux contrats des travailleurs du Nord pour recruter des chômeurs du Sud», indique un ouvrier venu de Guelma. Il est à rappeler que ce n'est pas la première fois que ces employés protestent devant la direction générale de l'entreprise pour les mêmes motifs. Il y a quinze jours, des centaines d'anciens ouvriers de la même société y ont observé un sit-in pour réitérer leur revendication, mais aucun responsable n'a daigné les recevoir. «Les responsables font tout pour nous pousser à commettre l'irréparable. Maintenant nous aussi on peut aller aux entreprises exerçant dans nos wilayas leur demander de libérer leurs employés qui sont originaires du sud du pays», lance un père de famille venu de Mascara jusqu'à Boumerdès dans l'espoir d'être réintégré dans son poste à Hassi Messaoud.