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Quelle place pour les langues étrangères dans notre système éducatif ?
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Publié dans El Watan le 24 - 10 - 2013

«Une langue que l'on n'enseigne pas est une langue qu'on tue. Tuer une langue est un crime.»
J. Jullian
Les langues vivantes ont-elles la place qu'elles méritent dans notre système d'enseignement, et leur accorde-t-on réellement une importance en rapport avec l'outil indispensable de communication qu'elles sont devenues dans tous les domaines ?
Dans ce début du XXIe siècle, qui a vu naître de nouvelles technologies de pointe, des inventions spectaculaires, une mondialisation-globalisation galopante, des règles de fonctionnement de l'économie, est apparue une définition nouvelle des besoins en langues vivantes, non plus en fonction de traditions intellectuelles, mais surtout en fonction d'efficacité économique, technique, technologique, scientifique, culturelle et dans le sens du développement de la personnalité.
Dans la plupart des pays, et plus précisément dans les pays émergents (BRICS) les horaires des langues vivantes sont plus élevés que les nôtres. Chez nous, les étudiants entament leur première année d'université dans les filières scientifiques (médecine, pharmacie, médecine vétérinaire, chirurgie dentaire, biotechnologie, architecture…) et technologiques (tronc commun en arabe mais les mots techniques en français durant 2 années et la fin du cursus en français), dans la langue de Molière, alors que toute leur scolarité, depuis la maternelle, s'est faite en langue nationale, l'arabe. Et nous apprenons (El Watan du 4.7.2013) à travers l'arrêté ministériel n°23 du 30 juin 2013, que le département de M. Baba Ahmed vient d'amputer les horaires de langues française et anglaise de 30 mn pour les quatre niveaux dans le moyen (4h30 au lieu de 5h pour le français, 2h30 au lieu de 3h pour l'anglais).
Cela ne va sûrement pas améliorer le niveau de nos élèves en langue étrangère en dépit des mauvais résultats obtenus actuellement au niveau de nos établissements.Et les professeurs concernés auront-ils fini leur programme en sachant que vers la fin du mois de mai, des collégiens commenceront à déserter leur établissement, une fois les compositions trimestrielles terminées ? Et l'année scolaire chez nous se trouve parmi les plus courtes de ce qui se pratique dans d'autres pays.
Il faut rappeler aussi que certains étudiants, qui débutent leurs études universitaires dans les filières énoncées plus haut, n'ont pas le niveau voulu en français, ce qui dénote que l'enseignement de la langue étrangère depuis le primaire est défaillant. Avec les moyens limités, nous irons incontestablement à des résultats limités.
Programmes obsolètes
Les programmes scolaires de l'école algérienne sont l'épouvantail. Comme ce parent d'élève, inquiet de l'avenir de son enfant (élève de 4e année primaire) qui se précipite chez le chef d'établissement avec son fils en pleurs. Ne voulant plus aller en classe, son chérubin a peur d'être sanctionné par la maîtresse, car il n'a pas appris toutes ses leçons. C'était pendant la période des compositions trimestrielles. Le père, mal à l'aise, sort les cahiers du cartable et désigne le nombre de cours que sa progéniture n'a pu mémoriser : histoire, géographie, sciences, langue arabe, français, technologie, récitations (en arabe et en français), règles grammaticales, conjugaison, tharbia madania, tharbia islamia, (instruction civique et morale religieuse)… de nombreux résumés d'une dizaine de lignes et plus chacun, très longs, d'après lui, pour la petite mémoire du gamin : «Monsieur le directeur, je ne pourrai jamais retenir tout cela, si j'étais à sa place !»
On les accuse toujours d'écraser les élèves, dont nombreux parmi eux vivent le problème de la surcharge des classes, d'étouffer leur spontanéité, de les enfermer dans un carcan extrêmement pesant. C'est la préoccupation majeure des parents aujourd'hui. En sortant de l'enseignement secondaire, un grand nombre de nos élèves n'a pas atteint le niveau souhaitable. Le second cycle marque généralement un recul de l'intérêt pour les langues vivantes, c'est l'un de nos soucis majeurs. La raison en est que lorsqu'ils arrivent en classe de 1re AS (classe souvent très difficile à conduire, car la plupart du temps très hétérogène), ils sont sollicités par des matières très exigeantes et éprouvent une certaine lassitude à l'égard des langues vivantes.
La raison principale peut provenir aussi du fait qu'à partir de la 1re AS, les élèves sont intellectuellement des adultes et qu'il y a un contraste saisissant entre leur âge mental et la puérilité des moyens d'expression dont ils disposent en langue étrangère. Les élèves de la section lettres-langues de la 2eAS, sont en contact avec la langue allemande pour la première fois : pourquoi ne pas commencer à l'étudier dès l'entrée en 1eAM comme 2e langue vivante ? Nous pouvons leur proposer encore l'italien ou l'espagnol. L'anglais est déjà enseigné. Ils auront un choix à faire dès leur admission au collège… manque de professeurs ou on veut que tous fassent la même chose et de la même façon ?
L'Algérie est le pays où nous poussons le plus loin le souci de l'uniformité. Si on donnait un certain traitement à certains élèves, différent de celui qu'on donne à d'autres, on aurait l'impression qu'on porte préjudice aux uns ou aux autres. Cette centralisation abusive est la grande faiblesse de notre système d'enseignement.
Nous avons effectivement un certain retard. L'horaire réparti à la langue étrangère est à revoir. Dans les pays développés, pays émergents et certains en voie de développement, elle est enseignée à raison de six, sept, voire neuf heures par semaine. Leur politique est fondée sur une sorte de vision démocratique et égalitaire qui consiste à donner des choix aux gens.
Dans les pays comme l'Allemagne, la Russie, la Chine…, si l'horaire des langues est plus généreux, il n'est pas pour autant réparti avec égalité. On s'arrange, par exemple, pour accroître considérablement le temps de contact des élèves avec la langue étrangère, en leur donnant certains autres enseignements dans cette langue, entre autres, l'éducation physique, le travail manuel, l'éducation musicale auxquels peuvent s'adjoindre plus tard, selon la compétence des élèves, l'enseignement au moins partiel de la géographie, de l'histoire ou des institutions du pays étranger.
Le bilinguisme de Lewis Balkan
Les élèves suédois, pour qui l'anglais est de pratique presque aussi naturelle que leur langue maternelle et qui accordent beaucoup de temps à l'étude de la seconde langue, sont, semble-t-il, aussi bon mathématiciens, aussi bon physiciens, aussi bon logiciens que les autres élèves des pays limitrophes à qui on demande un effort moindre pour les langues vivantes.
On peut citer dans le même ordre d'idées les conclusions au terme de son étude concernant les «effets du bilinguisme sur les aptitudes intellectuelles de l'enfant».
Ayant réussi à mettre en évidence des capacités intellectuelles supérieures en faveur des enfants bilingues par rapport aux enfants unilingues ayant le même niveau d'intelligence générale, l'auteur en déduit qu'il paraît raisonnable d'envisager l'introduction d'une langue 2 dès l'école maternelle et son apprentissage tout le long de l'enseignement primaire.
En Belgique, 49% des Belges parlent une langue étrangère, les Danois 60%, les Hollandais 72%. Au Pays-Bas, 44% des habitants parlent au moins deux langues étrangères, 31% au Danemark, un peu plus du quart des Belges se retrouvent dans cette situation.
L'apprentissage des langues en Europe est en train de devenir une nouvelle compétence fondamentale de l'enseignement de base. Lire, écrire, compter et comprendre 3 langues. Le plurilinguisme, au niveau mondial, constitue pour ainsi dire la normalité. En Asie et en Afrique, la plupart des gens maîtrisent plusieurs codes linguistiques différents. Le XXIe siècle évolue vers un pluriculturalisme de plus en plus généralisé et l'unilingue de demain risque de devenir l'analphabète du futur.
Les langues, véhicules de la puissance
Depuis qu'il existe des rapports de force entre les peuples, les langues sont des véhicules inconscients de puissance. Elles représentent aussi le moyen d'expression d'une civilisation, d'une société à l'égard d'une autre société. L'histoire des langues fait d'ailleurs clairement apparaître le moment où telle civilisation dont la langue a été le véhicule était dominante.
Aujourd'hui plus qu'hier, les langues dominantes : anglais, français, allemand, italien, espagnol… traduisent une supériorité politique et économique.
En effet, les langues n'ont plus seulement un usage commercial, les innovations scientifiques et techniques suscitent un nouveau vocabulaire, et les premiers à inventer une technologie donnée en créent aussi la terminologie. Aucune langue ne naît riche, mais c'est l'usage qui l'enrichit. Microprocesseur, laser, scanner, énergies renouvelables, biotechnologie, séquençage du génome humain, robotique, nouvelles technologies de l'information et de communication, nanomondes, nanotechnologies… des mots comme ceux-ci sont devenus en peu d'années familiers à tout le monde (ou presque). Cela révèle un phénomène majeur du monde contemporain : aujourd'hui plus que jamais, la science et la technique bouleversent la vie des gens, les relations entre pays, les stratèges des entreprises. L'action culturelle, autrefois vecteur prioritaire, est largement supplantée aujourd'hui par l'action commerciale et technologique qui détermine en fait la compétitivité. L'exemple de l'anglais illustre bien les effets de la domination linguistique.
La domination de la langue anglaise ou d'ailleurs plus précisément l'américain est mondialement utilisée. Elle est la langue de communication privilégiée de la recherche dans la plupart des domaines (plus de 80% des publications scientifiques se font en anglais, contre 5% en français et moins encore en allemand ou en russe). Le même sens donné aux mêmes mots assure une circulation rapide des connaissances, stimulant les équipes de recherche en concurrence mondiale, épargnant les pertes de temps dues à une documentation insuffisante ou à un travail de traduction difficile et partiel.
Lien entre tous les savants, la langue anglaise offre l'accès au vaste ensemble anglophone, fut-ce en recourant à une forme simplifiée comme «Basic English». Seule une dizaine de langues peut résister : français et allemand (en déclin), russe, japonais, arabe, chinois (en progrès), espagnol, italien, portugais.
Sur le plan diplomatique, rares sont en effet les textes importants de traités internationaux qui ne soient pas écrits ou traduits en anglais. Sur le plan commercial, toutes les transactions de par le monde entre individus ou Etats, de gré à gré, se font dans cette langue de référence.
Dans le domaine scientifique et technique, toute communication faite dans la langue originale se doit d'être traduite en anglais. L'exemple de l'Institut Pasteur en France, décidant désormais de publier le résultat de ses travaux en anglais est à ce sujet édifiant. En signe ultime de la puissance des Etats-Unis, sur le plan militaire, tous les termes techniques et commerciaux sont en anglais.
Langues utilisées dans les publications scientifiques (en % de publications) :
Pays francophones : anglais : 20, français : 79, autre : 1
Pays anglophones : anglais : 92, autres : 8
Pays hispano et lusophones : anglais : 38, français :2, espagnol et portugais : 63.
L'anglais domine dans la littérature scientifique. Les chercheurs latino-américains publient plus du tiers de leurs travaux en anglais et les chercheurs francophones plus du quart. Nul ne peut nier le rôle que cette langue joue dans les relations internationales et plus particulièrement dans ce que l'on peut appeler la guerre commerciale à l'orée de ce IIIe millénaire.
Conclusion :
Notre espoir est de voir se développer l'allemand, l'espagnol, l'italien, le russe, le chinois… en seconde langue dans plusieurs établissements, puis voir se renforcer nos possibilités en première langue. Pour l'enseignement des langues vivantes, la situation ne peut changer que dans une structure totalement renouvelée de l'enseignement. Que des recherches plus poussées soient entreprises, en liaison étroite avec les études psychologiques et sociolinguistiques sur le bilinguisme, déterminent de façon précise le type d'enseignement à envisager.

Notes :
Les langues les plus parlées en Europe de l'Ouest (principal partenaire commercial de notre pays) :
1) anglais : 35.50%
2) français : 26.50%
3) allemand : 25.50%
4) italien : 19.30%
5) espagno-l :13.60%


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