Le Collectif des retraités de l'éducation nationale, menacés d'expulsion de leurs logements, crie au scandale. Réunis pour trouver une solution à leur situation, ils dénoncent ce qu'ils considèrent un «non-respect des textes réglementaires». Dans une correspondance adressée à la présidence de la République, dont nous détenons une copie, ils soulèvent plusieurs points. Ils viennent en effet d'être destinataires de décisions d'expulsion par voie d'huissier de justice, pour quitter les logements, disent-ils, pourtant occupés légalement. Le Collectif signale que «l'attribution des logements était dictée, au commencement de leur carrière professionnelle, par des raisons de nécessité de service et d'intérêt général», peut-on lire dans le document. «Nous avons servi en toute loyauté, probité et abnégation durant toute notre carrière, croyant nous assurer de la sécurité, la stabilité et la quiétude une fois à la retraite. Malheureusement, ce n'est pas le cas puisque des menaces d'expulsion sont exprimées à notre encontre au motif que nous sommes retraités, prétexte utilisé pour justifier la sommation de libérer les logements occupés. Or, être retraité n'est rien d'autre que le cheminement normal d'une carrière bien accomplie pour un travailleur normal qui n'a pas fait l'objet de sanction disciplinaire ou réglementaire pour le priver du droit à la retraite ou du bénéfice du logement», indique le Collectif. Et d'ajouter : «Nous ne sommes pas non plus frappés de sanctions honteuses susceptibles de confiscation de notre droit à la retraite avec ses éléments, dont le logement qui est une composante de notre salaire de retraités, que nous défendons légitimement, d'autant plus que ces logements dits de fonction ne sont plus à la charge des établissements scolaires. Les compteurs électriques, d'eau et de gaz sont au nom des locataires qui s'acquittent des factures reçues, des loyers ainsi que divers frais d'entretien et de réparation. Ces logements ne font plus partie du domaine public.» Non-respect de la circulaire Les auteurs du courrier rappellent : «En tant que locataires que nous sommes devenus, nous avons droit au maintien dans les lieux avec tous les avantages que la loi de 1981 prévoit, l'indexation de notre pension de retraite au coût actuel de la vie pour nous permettre de payer ailleurs un loyer qui dépasse notre revenu au titre de la pension.» Sur le même point, le Collectif ajoute une autre option : «Nous accorder une indemnité d'éviction pour nous permettre d'acquérir un autre logement au prix coûtant actuellement, compensatrice du préjudice matériel et moral que nous subissons par cette décision arbitraire de nous spolier de notre droit au logement à l'instar de tout un chacun.» Dans la foulée, le Collectif des retraités s'interroge : «Est-il juste, après tant d'années de service et d'occupation paisible de nos logements, de décider de nous expulser, de nous jeter à la rue en ignorant les dispositions de la circulaire ministérielle n°95/548 du 10 décembre 1995 garantissant au retraité le droit de demeurer dans le logement qu'il occupe avec sa famille jusqu'à l'obtention d'un autre logement équivalent ?» Et de conclure : «Tout le drame vient du fait que nous avons toujours cru aux promesses faites par l'administration de nous reloger sur les quotas réguliers (10%) attribués chaque année au profit des personnels administratifs du secteur éducatif.»