Pouvez-vous nous en dire plus ? Certes, les membres de la commission ont affirmé que la plupart des bénéficiaires sont des gens hors wilaya. Ils sont souvent originaires de la wilaya de Skikda ou autre, installés récemment à Constantine. Les constantinois sont en colère et se sentent marginalisés au profit de l'étranger de la wilaya qui bénéficie du logement RHP. Ils ont raison. Ce n'est pas une question de discrimination, même une personne habitant Tamanrasset peut venir s'installer ici. Nous sommes tous des algériens. Mais j'aimerai expliquer aux habitants que ceux qui sont nés et ont vécu à Constantine sont prioritaires. Pour en arriver à ce constat, avez-vous mené une enquête? Cela a été fait sur la base des déclarations de l'ancien wali de Constantine, Noureddine Bedoui, durant l'évacuation des habitants de Fedj Errih. Il était persuadé que ces logements étaient distribués au non Constantinois. Et comme je l'ai déjà cité, nous avons décidé de mettre en exergue ce problème suite aux dénonciations des Constantinois, tout en exprimant leur ras-le-bol. Concernant l'enquête, l'APW n'a pas les prérogatives d'agir seule et de diligenter une enquête à ce propos. Pourquoi parle-t-on seulement maintenant de ce problème ? Le problème a toujours été discuté, mais pourquoi nous insistons maintenant ? C'est par rapport aux habitants de la vieille ville. Depuis des années, ils n'ont pas été délocalisés. Ils ont pu obtenir seulement des bons, rien de plus et leur attente a duré longtemps. C'est la raison pour laquelle ils se demandent pourquoi les habitants des bidonvilles sont, à chaque fois servis les premiers. Parce qu'on commence à chaque fois par l'éradication des bidonvilles qui ne disparaissent jamais, puis on passe à la deuxième étape qui est la délocalisation des habitants des autres quartiers, et cette opération prend beaucoup de temps. Il doit y avoir des critères sélectifs, en prenant en compte l'ancienneté du dossier, le lieu de naissance et les années vécues dans la wilaya. Il faut noter que cette mauvaise gestion a créé une certaine polémique entre les citoyens et les responsables. Certes le problème n'est pas vraiment très grave, mais il ne faut pas aussi nier qu'il a pris de l'ampleur. Selon vous, qui est responsable de cette mauvaise gestion ? Tout le monde est concerné, sans exception, y compris le citoyen. D'abord, nous avons soulevé le problème du manque de communication entre le gouvernant et les gouvernés lors de la session. Il faut que les membres de l'APW soient au courant de l'avancement des procédures administratives ou autres. Il faut aussi qu'ils aient une idée sur le nombre des logements à distribuer. Nous avons demandé aux responsables de nous envoyer des communiqués de toutes les opérations. Par exemple, actuellement je n'ai pas le chiffre exact des logements sociaux ou des différentes opérations inscrites dans le programme de résorption de l'habitat précaire (RHP). Il faut que la communication se fasse de manière spontanée. Nous n'avons pas besoin de demander à chaque fois des informations. L'élu est l'intermédiaire entre l'exécutif et le citoyen, et il peut sensibiliser les gens. De la discussion jaillit la lumière. Il faut qu'il y ait une rigueur, et les responsables doivent avoir une crédibilité. Si on annonce une telle date pour reloger les gens, il faut tenir cette promesse. D'autre part, les associations des quartiers sont aussi responsables, ils sont les plus proches des habitants. Dans la plupart du temps, ils ne font pas leur travail dans les normes, ils ajoutent des gens dans les listes, puis ils font des recours, pourquoi ? En outre il y a même des associations qui ne sont pas agréées. J'aimerais bien m'adresser à des associations agréées. Quel sera le rôle de l'APW dans tout cela ? Nos prérogatives sont limitées pour agir ou pour mener une enquête dans ce sens ; il y a des commissions spécifiques pour ce genre de travail. Mais cela ne nous a pas empêché de proposer des solutions objectives et bien étudiées, si l'on tient compte de nos propositions bien sûr. Par exemple, il faut établir intelligemment un plan pour occuper les terrains libérés après l'éradication des bidonvilles, dans l'immédiat. Sinon, ce terrain sera réoccupé anarchiquement par d'autres gens. Il ne faut pas donner des occasions à des personnes irresponsables. Un nouveau phénomène s'est propagé dernièrement, et je considère qu'il est très grave. C'est celui des habitants qui ferment la route. Ils exercent une pression pour avoir du logement. Il ne faut pas céder à ce genre de comportements, surtout qu'il y a des personnes qui ont déjà bénéficié d'un logement social ou alors que leurs noms figurent sur la liste. Ne peuvent-elles pas patienter ? A la fin, le foncier à Constantine pose aussi un problème. En réalité, on ne manque pas de foncier, mais il est mal exploité. Dans nos prochains projets, l'APW va proposer à l'exécutif de récupérer les terrains et les habitations, après le relogement, dans certaines cités, à l'instar de Kouhil Lakhdar et Benboulaïd, dans le but de reconstruire de belles tours dans ces lieux. C'est un double jeu, on reloge les gens et on embellit la ville.