Renvoyer des collégiens en leur interdisant l'accès à leur établissement est un fait inédit dans les anales du secteur de l'éducation à Bouira. Cela s'est passé hier matin devant l'établissement scolaire Hadouche Saïd. Des enseignants, en guise de réplique, pour ne pas dire de représailles, au dernier mouvement enregistré jeudi par des lycéens venus des autres établissements et même dudit collège pour faire sortir et inciter leurs camarades à fêter la victoire de l'EN ont décidé d'observer une journée de protestation et renvoyer ainsi les élèves. Sur place, le directeur de l'établissement que nous avons questionné sur ces faits a minimisé les choses en affirmant tout bonnement que les enseignants sont en grève. «Nous avons besoin de la présence de policiers pour assurer un minium de sécurité et de sérénité au sein de notre établissement», dit une enseignante. «Les faits signalés sont l'œuvre d'intrus et d'élèves déjà exclus». Selon elle, une enseignante et une élève ont été sérieusement blessées. Des informations démenties par l'administration. Des parents d'élèves ont déploré l'attitude et le comportement de quelques enseignants et enseignantes censés encadrer leurs élèves. «Certes, les élèves ne devaient pas déserter les salles de cours pour fêter une victoire de l'EN, mais coller des étiquettes gravissimes à des élèves innocents est inadmissible». Notons qu'hier, comme à la veille d'une rencontre de l'EN, les lycéens du Technicum Oumrane ont quitté l'établissement en scandant «1.2.3, viva l'Algérie». Une chose est certaine, la démission des parents d'élèves et celle du corps enseignant sont à l'origine de ces actes, où des lycéens ont réussi à s'imposer. Par ailleurs, nous avons appris que des unités de la police ont été mobilisées à travers plusieurs quartiers de la wilaya. Des étals de pétards et de feux d'artifices ont été saisis.