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«Nous sommes dans une impasse !»
Ahmed Benbitour. Economiste et ex-chef de gouvernement
Publié dans El Watan le 20 - 05 - 2015

- La chute des cours du pétrole inquiète depuis quelques mois. Pouvez-vous expliquer quelles conséquences pourrait avoir cette situation sur l'avenir financier du pays ?
Il faut noter qu'il y a une baisse des volumes d'exportation d'hydrocarbures depuis déjà 2006. Entre 2006 et 2014, il y a eu une baisse continue des volumes d'exportation qui a toujours été compensée par une hausse des prix. Mais à partir de 2014, nous sommes tombés dans une situation où la baisse des volumes d'exportation s'est accompagnée d'une baisse des prix à l'export. Ce qui se traduit par une accélération de la baisse des recettes.
Aussi les perspectives quant à l'évolution des cours mondiaux du pétrole ne sont pas rassurantes. Les prix se situeraient, dans le meilleur des cas, autour d'une moyenne de 60 dollars en 2015, de 65 dollars en 2016 et 70 dollars le baril en 2017, des niveaux de cours qui reflètent les prévisions les plus optimistes.
Car il suffirait que quelque chose s'améliore en Libye, en Irak ou en Iran pour que l'embargo sur les exportations pétrolières soit levé, pour que le marché, déjà sous la pression de l'abondance de l'offre, soit inondé et que les cours retombent. Maintenant, le problème qui se pose se situe au niveau de la gestion budgétaire du pays. Le prix d'équilibre budgétaire se situe aujourd'hui à 130 dollars, je ne vois pas comment on pourrait le baisser. Avec un prix du baril de pétrole à 60 dollars, nous allons faire face à de sérieuses difficultés.
Il est vrai qu'il y a de l'épargne accumulée au niveau du Fonds de régulation des recettes, qui permettra de couvrir le déficit en 2015, sans problème, et en 2016 avec quelques difficultés. Reste qu'en 2017, il faudra s'arranger pour réduire les dépenses budgétaires de 40 ou 50% ou alors augmenter les recettes de 40 ou 50%, ce qui me semble difficile au regard de la situation du marché pétrolier. Si l'on observe aussi la situation de nos réserves de changes, celles-ci pourraient permettre de financer nos importations jusqu'en 2019, en supposant une baisse de nos capacités d'importation.
- Avons-nous actuellement les capacités pour, soit réduire les dépenses budgétaires, notamment courantes, soit élargir l'assiette fiscale afin de relever le niveau des recettes ?
C'est là que se situe le cœur du problème. Durant les années 1970, le budget de l'Etat était régi par une règle consistant à dire que la fiscalité pétrolière est issue d'une ressource non renouvelable et de là celle-ci ne pouvait servir qu'à financer le budget d'équipement et non le budget de fonctionnement. Cette règle a été abandonnée. Aujourd'hui, 70% des postes du budget de fonctionnement sont financés sur la fiscalité pétrolière. De quelles solutions pouvons-nous donc disposer. Pour l'heure, les autorités ont commencé à dévaluer le dinar face au dollar. La cotation a atteint près de 100 DA pour un dollar. Mais cette mesure ne suffit pas. Il reste à baisser les dépenses.
Pour l'heure, nous voyons des annonces qui induiront des hausses des dépenses budgétaires, comme la création de nouvelles wilayas dans le cadre du nouveau découpage administratif ou encore de nouvelles hausses des effectifs, si ce n'est de nouvelles augmentations de salaires à chaque fois que le front social bouillonne. Je ne vois pas comment on pourrait baisser les dépenses de 40 à 50%. On peut dire qu'il n'y a pas de solution du côté de la baisse des dépenses. Pour ce qui est de l'élargissement de l'assiette fiscale, on regarde aujourd'hui vers le marché informel qui ne paye pas d'impôts.
Or, celui-ci a réussi à devenir indispensable. C'est même lui qui régule toutes les marchandises à travers tout le territoire national. Si on tente de serrer la vis, ce sera le bras de fer. Chose qui pourrait induire une pénurie généralisée. Ce sera donc une mission extrêmement difficile. Très franchement, je ne vois comment, dans la situation actuelle, réduire les dépenses, ou augmenter les recettes. Je pense que nous sommes dans une impasse.
- Quelles pourraient être les solutions, à supposer qu'il y ait une volonté politique réelle de redresser la situation ?
Il n'y a pas de volonté politique réelle. Les autorités veulent acheter le calme social par les dépenses budgétaires. Cette politique est la pièce maîtresse du système et celle-ci a été bâtie sur une augmentation spectaculaire des prix du pétrole. Il ne faut pas oublier que les cours ont atteint des niveaux de 115 à 147 dollars le baril à un moment donné.
La seule solution est le changement de tout le système de gouvernance. Une nouvelle équipe qui aura une autre vision et un autre programme de développement. Cela demande du temps. Il faut un minimum de cinq ans pour redresser la situation économique avec des capacités d'investissement que nous n'avons plus.


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