Pour donner corps à la prochaine loi de finances complémentaire 2015, Abdelmalek Sellal réunira, dans les prochains jours, tous les ministres concernés. La rencontre permettra d'aborder les grands axes de ce que sera la loi qui corrigera la loi de finances en cours. Selon plusieurs sources, la rencontre, qui regroupera les ministres des Finances, de l'Energie, de l'Industrie et du Commerce, vise à trouver de nouvelles recettes fiscales susceptibles d'atténuer le manque à gagner engendré par la brutale chute des prix des hydrocarbures. Parmi les pistes qu'explore le gouvernement, la hausse de la taxe sur les véhicules neufs. Ainsi, cette taxe – qui a déjà fait couler beaucoup d'encre lorsqu'elle a été instaurée, en 2009 – risque d'être multipliée par trois. Ainsi, le minimum de cette redevance commencera à partir de 150 000 DA au lieu de 50 000 DA actuellement. Une mesure qui aura pour effet de diminuer l'importation de véhicules et l'augmentation des recettes fiscales de l'Etat. Mais elle risque d'être impopulaire à cause de l'impact qu'elle aura sur les prix des véhicules, qui vont exploser. L'augmentation des taxes sur les tabacs et les alcools est une autre niche à laquelle s'attaquera le gouvernement. Déjà très élevées, ces deux taxes feront exploser les prix des tabacs et alcools. Même si, pour des considérations idéologiques, la vente des boissons alcoolisées est de plus en plus restreinte. Une situation qui n'a pourtant pas eu un impact sur la consommation, restée stable selon les professionnels du secteur. L'augmentation de ces trois taxes rapportera à l'Etat plusieurs milliards de dinars supplémentaires, mais elles ne règleront certainement pas la problématique liée à la chute des prix du pétrole. En face de ces augmentations, le gouvernement fera un nouveau geste envers les entreprises. Comme l'a promis Abdelmalek Sellal lors de l'installation, le mois dernier, du PDG de Sonatrach, l'impôt sur les bénéfices des sociétés (IBS) et la taxe sur l'activité professionnelle (TAP) seront réduits. Cette dernière taxe, qui représente une petite part dans le chiffre d'affaires des sociétés, est destinée au financement des collectivités locales. Le gouvernement sera donc confronté à la baisse des budgets des communes, dont la majorité souffre déjà du manque de ressources financières. Cette nouvelle LFC devra également consacrer le principe de l'austérité budgétaire exprimée récemment par M. Sellal. Mais les secteurs qui seront touchés par la baisse des budgets ne sont toujours pas connus. C'est la première fois que le gouvernement recourt à la loi de finances complémentaires depuis deux années. En 2013 et 2014, le gouvernement avait fonctionné avec la seule loi de finances. Une exception sous l'ère Bouteflika qui est devenue une règle de gestion. Pis, le chef de l'Etat a souvent eu recours aux ordonnances présidentielles pour promulguer les LFC.