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Un Nobel pour l'exception tunisienne
Les pays arabes en panne de réformes
Publié dans El Watan le 10 - 10 - 2015

Le comité norvégien, relevant de la Fondation Nobel, a attribué le Prix Nobel de la paix au Dialogue national en Tunisie, œuvre du quartette des organisations nationales (UGTT, Utica, LTDH et Ordre des avocats), qui a parrainé ce processus de réconciliation ayant abouti aux élections de 2014.
L'attribution du Prix Nobel de la paix 2015 au Dialogue national en Tunisie n'est qu'un nième hommage à la réussite de la transition démocratique dans ce pays qui a vu la naissance du Printemps arabe. Cette distinction survient une année après que la centrale syndicale UGTT eut échoué à obtenir la même distinction. Le comité norvégien a donc rectifié le tir cette année et décerné cet hommage universel à la Tunisie, reconnaissant ainsi que c'est ce Dialogue national qui a fait la différence entre les pays ayant vécu le Printemps arabe. Le Yémen, la Syrie et la Libye sont en guerre pour la quatrième année consécutive.
L'Egypte est loin d'être dans son meilleur élément. La déchirure sociale est très profonde dans ces quatre pays, faute d'initiatives citoyennes louables. La Tunisie et son Dialogue national ont fait exception. Les faits historiques indiquent qu'il a suffi que des Tunisiens de tous bords se soient assis ensemble et aient essayé, de manière constructive, d'obtenir des solutions à leurs différends pour qu'une Constitution consensuelle voie le jour, le 27 janvier 2014.
Ladite Constitution a été suivie, dans la semaine d'après, par l'installation d'un gouvernement de technocrates qui a parrainé les élections législatives et présidentielle au quatrième trimestre 2014. Mais, c'était loin d'être facile ni évident. L'année 2013 a été marquée par les assassinats du dirigeant politique Chokri Belaïd (6 février 2013) et du membre de l'Assemblée nationale constituante (ANC) Mohamed Brahmi (25 juillet 2013), ainsi que par une activité accrue des membres de la cellule Okba Ibn Nafaâ, liée à AQMI, dans les maquis de Chaâmbi et Jbel Ouergha. Plusieurs soldats et membres des forces de l'ordre ont perdu la vie dans ces attaques terroristes.
Intérêt national
L'environnement politique était donc tendu en Tunisie en 2013. Et il fallait trouver le moyen de le détendre et d'éviter l'affrontement entre les forces en place. Les islamistes d'Ennahdha étaient au gouvernement avec Ettakattol du président de l'ANC, Mustapha Ben Jaâfar, et le CPR du président de la République de l'époque, Moncef Marzouki. La rue, qui ne désemplissait pas, était occupée par la société civile, dominée par la tendance moderniste et progressiste. «Tout pouvait basculer à tout moment vers la confrontation. Mais la Tunisie est parvenue à échapper à la spirale de la violence, grâce à ce Dialogue national où a prévalu la logique de la réconciliation», nous a confié Hassine Abbassi, secrétaire général de la centrale syndicale UGTT.
Le dirigeant syndicaliste insiste sur le fait que les parrains du Dialogue national avaient compris la nécessité de prendre une initiative réunissant les principaux acteurs de la scène sociale pour contourner la confrontation : «La présence de l'organisation patronale Utica a apporté plus de stabilité à notre initiative, devenue nationale.» «Personne ne pouvait plus dire que c'étaient des syndicalistes contestataires, des avocats revendicatifs et des militants des droits de l'homme, toujours insatisfaits», reconnaît Abbassi.
Le président de la Ligue des droits de l'homme (LTDH), Abdessattar Ben Moussa, se rappelle comment le courant ne passait pas facilement entre les quatre formations initiatrices du Dialogue national : «L'UGTT, la LTDH et l'Ordre des avocats avaient la tradition de travailler ensemble, ce qui n'était pas le cas avec l'organisation patronale Utica. Et il fallait jeter les bases de la confiance entre nous.» «Au bout de quelques réunions, tout le monde avait compris que ce qui nous réunissait était suffisant pour faire réussir l'initiative», ajoute Me Ben Moussa.
Compliqué
La réussite du Dialogue national ne veut nullement dire que le processus était facile. Le président de la LTDH se rappelle des moments difficiles traversés par l'initiative, notamment lors du sit-in du Bardo, près de l'ANC, déclenché le 27 juillet 2013, qui était accompagné par le gel des activités de ladite assemblée le 6 août 2013, suite à la démission d'une cinquantaine de députés et du blocage des discussions autour du projet de Constitution.
Dès le 29 juillet 2013, une vingtaine de partis politiques ont annoncé leur adhésion à l'initiative lancée par l'UGTT et soutenue par les autres organisations (Utica, LTDH et Ordre des avocats). Tous les intervenants sentaient l'aggravation de la situation et la nécessité d'un accord. Une feuille de route devait être discutée entre toutes ces parties.
Il s'agissait surtout d'établir un calendrier pour l'adoption de la nouvelle Constitution et de fixer des dates de passation du pouvoir de la troïka aux technocrates. Ladite feuille de route a été adoptée le 17 septembre 2013. Son application devait se faire en quatre semaines ; elle a finalement pris un peu plus de quatre mois. «Mais en termes politiques, c'est correct», selon Mustapha Ben Ahmed, député de Nidaa Tounes. «Ce n'est pas facile de quitter le pouvoir sans recourir à la violence», explique-t-il.
En ces quatre mois, le Dialogue national est parvenu à réunir les Tunisiens autour d'un projet consensuel de Constitution, à choisir un nouveau chef de gouvernement ainsi qu'un calendrier pour les modalités de passation du pouvoir de l'islamiste Ali Laârayedh au technocrate Mehdi Jomaâ. Le gouvernement Jomaâ est parvenu à veiller à la tenue des élections législatives et présidentielle.
La Tunisie dispose désormais d'un Parlement et d'un Président, élus au suffrage universel, grâce à ce Dialogue national. Le Prix Nobel de la paix est amplement mérité.


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