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«Ammi Ali» raconté par ses frères d'armes
Hommage au commandant Ali Bennour
Publié dans El Watan le 04 - 02 - 2016

L'initiative du Musée régional du moudjahid de Tizi Ouzou d'organiser tout récemment, au campus de Tamda de l'Université Mouloud Mammeri un hommage à la mémoire du martyr commandant Ali Bennour, a été très appréciée par la nombreuse assistance. Les organisateurs de l'hommage consacré à celui qui a été appelé par ses jeunes pairs dans les maquis de la Révolution de Novembre 1954 "Ammi Ali" ou "Ali Moh N-Ali", ont touché un public approprié, jeune, instruit et intéressé.
Un film documentaire, réalisé par la famille du martyr commandant, a été projeté à l'assistance. Dans ce document de 52 minutes, l'on aura tout le temps d'apprendre, à travers des témoignages, aussi bien de ses deux sœurs (Tassadit et Houria) et de son frère Slimane en vie, ainsi que de son fils Hocine âgé de 65 ans, que de ses nombreux compagnons d'armes, qui rapportent de précieux renseignements sur le parcours de ce maquisard novembriste. Les témoignages rapportent que Ali Moh N-Ali, l'enfant du village Ighil Yahia-Ouali (Douar Beni Chenacha), dans la commune de Tadmaït (ex Camp du Maréchal), avait intégré les rangs du MTLD vers 1947-48, soit à moins de 20 ans, entraîné par son père, Moh N-Ali Bennour.
Il mènera à cette époque, comme première action politique, une campagne farouche, en 1947, contre des élections organisées par l'administration coloniale. Grâce à son action, cette consultation se solda par un cuisant échec dans la commune de Tadmaït. Se sachant identifié par les autorités coloniales comme étant un des principaux instigateurs du sabotage de ladite élection, Ali Bennour s'enfuira vers la capitale, Alger, en abandonnant son travail. Il poursuivra ses tâches d'organisation des cellules de militants, la vente de journaux du parti et le ramassage de cotisations.
Au déclenchement du 1er Novembre 1954, Ali Moh N-Ali, qui sera suivi ensuite dans le maquis par ses trois frères, sera à la tête du groupe qui incendia, à Tadmaït, l'unité Tabacop, le dépôt de bois et liège, ainsi que le sabotage de poteaux et de lignes téléphoniques à travers l'ex-Camp du Maréchal. Sana Ramdane, un de ses compagnons de lutte, plusieurs fois blessé, notamment durant l'année 1959 en zone 4 de la Wilaya III, actuellement président de l'association de wilaya des grands invalides de guerre, nous dira : «Ali Bennour, que nous appelions "Aami Ali" par respect à son âge (plus de 30 ans) – j'avais moins de 20 ans en 1959 – était alors notre commandant.
Avant le début de la sinistre "Opération Jumelles" du général Challe, c'était lui qui sillonnait notre zone pour informer les moudjahidine et les moussebiline sur la terrible épreuve à laquelle nous allions faire face. Je me souviens lorsqu'il nous avait rassemblés pour nous annoncer que "celui d'entre vous qui serait recherché doit se considérer comme moudjahid et donc prendre ses précautions en restant au maquis pour ne pas se faire arrêter, mais celui qui n'est pas recherché, peut toujours continuer son activité habituelle de moussebel ; nous ne savons pas ce que l'armée coloniale fourbit contre nous, mais dès lors, préparons-nous pour creuser des abris !" Il avait ordonné alors à ce que chaque élément d'entre nous, moudjahid ou moussebel, qui connaît le terrain, prenne avec lui son camarade venu hors de la localité ou non habitué au terrain.
Il nous conseilla alors de nous séparer en petits groupes pour éviter d'éventuels carnages dans nos rangs, sachant la maigre quantité d'armes et de munitions en notre possession. Au lendemain de la mort d'Ali Mouh N-Ali avec Ramdane Oukil, un chef de notre groupe, Moh-Akli Brahimi, un Algérois (décédé récemment), jura de venger notre chef et notre infirmier. Il organisa son coup tout près du village Maâmar et réussit à tuer plusieurs éléments de l'armée française dont des officiers.
Dans ce groupe il y avait aussi Hocine "Chipiri" (encore en vie), Amar Mokrane, Slimane Ouzidene, Saïd Mezazoua, etc. Le jour de la mort de Ammi Ali, nous étions venus de Sidi Ali Bounab, en arrivant à un endroit appelé "Ouguerfene" où il y avait un refuge et un lieu où étaient en soins près d'une vingtaine de djounoud blessés, sous la responsabilité d'un ''aspirant sanitaire'', ainsi que de Ramdane Oukil, le commandant Bennour s'est rendu dans ledit abri pour visiter et conforter les blessés, avant de partir, prévoyait-il, rapidement au PC de wilaya exposer les besoins du secteur et présenter son bilan.
En demandant à l'aspirant sanitaire de lui remettre le listing des besoins attendus, ce dernier le ''pria'' d'attendre jusqu'au lendemain matin, le temps qu'il préparerait son rapport et la liste des besoins. Ammi Ali m'avait dit alors d'aller vers le lieudit "Imezoughene" avec un moudjahid que nous appelions "23", dont j'ignore le vrai nom. Nous prîmes alors à deux une galette et une boîte de sardines chacun.
Le lendemain, dès 11 heures, "23" me secoue, alors que je sommeillais, très fatigué, et me dit de regarder dans les environs du refuge où nous étions la veille ; nous vîmes arriver des soldats français au lieudit "Annar n-Amar Ouramdane". Moins d'une demi-heure plus tard, nous entendîmes des rafales d'armes automatiques. Il s'avéra finalement que la "demande" d'attente pour le lendemain de la part de "l'aspirant sanitaire" pour élaborer son rapport, était un piège préparé avec la complicité d'une femme, considérée comme une "moussebila", en vue de prendre le commandant.
C'est ainsi que Ammi Ali avait été dénoncé par les deux individus et sera capturé, après avoir épuisé toutes ses munitions, alors qu'il était gravement blessé à la tête et au bras. Les atroces tortures sur le jeune infirmier Oukil Ramdane et son chef ont "convaincu" les tortionnaires qu'ils n'allaient pas avoir les aveux recherchés. Ils décidèrent alors de les passer lâchement par les armes et de prendre une quinzaine d'autres blessés pour la prison et dont j'ignore aussi, aujourd'hui, ce qu'il en était advenu de leur sort», nous narre M. Sana.
Ali Bennour, entraîné par son père, Mohamed Ben Ali, à la révolution, sera rejoint par ses 3 frères ; Rezki, Rabah et enfin Slimane, qui est toujours en vie. Le père et 3 de ses enfants tomberont les armes à la main durant l'opération "Jumelles" (juillet/décembre 1959) à l'âge, respectivement, de 63 ans (Moh N-Ali, 1896-1959), de 32 ans (Ali, 1927-1959), de 30 ans (Rezki, 1929-1959) et de 28 ans (Rabah, 1931-1959). Oukil Ramdane, l'infirmier de l'ALN dans la même zone, tué en même temps que son chef, Ali Bennour, le 21 octobre 1959, avait 26 ans.


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