A l'initiative de la Commission fédérale des arbitres (CFA), les directeurs de jeu et assistants d'élite seront regroupés à Tikjda du 29 février au 3 mars. Encore un séminaire pour on ne sait quel objectif, si ce n'est peut-être pour arrondir les (difficiles ?) fins de mois de certaines personnes qui trouvent largement leur compte dans ces regroupements réguliers et onéreux pour les caisses de la Fédération. Des évaluateurs et formateurs de la CFA ont encadré 86 jours de stage à raison de 4000 DA/jour par individu. Certains ont dû empocher la rondelette somme de 303 000 DA pour ce service qu'ils rendent à l'arbitrage. Les avis sur ces regroupements, sur le plan technique, sont tranchés. C'est une perte de temps et d'argent. Surtout pour les arbitres, qui exercent une fonction professionnelle. Un habitué des séminaires qualifie ces rendez-vous «d'occasions pour faire la fête et célébrer les anniversaires autour d'un bon gâteau et de cadeaux payés avec l'argent cotisé auprès des arbitres». Pendant que la CFA verse dans l'exposition médiatique, des arbitres fédéraux et interligues rongent leur frein et se dégourdissent les jambes dans les rencontres de divisions inférieures, lorsque leur instance veut bien leur lâcher des désignations au compte-gouttes. Des centaines d'arbitres formés durant les mandats de Belaïd Lacarne ont perdu leurs illusions depuis l'intronisation de la nouvelle direction de la CFA. Oubliés des désignations, écartés à dessein pour laisser la place aux nouveaux affidés, (et) totalement marginalisés parce qu'un jour ils ont fait partie de la relève préparée par Belaïd Lacarne, ils souffrent d'une injustice qui n'a pas de nom. Un arbitre fédéral qui vit mal cette situation déplore : «La politique dangereuse et aventureuse de la CFA basée sur la hogra, le régionalisme et la chasse aux sorcières menée contre ceux que Lacarne a lancés. Nous sommes très déçus de l'absence de réaction du président de la Fédération, qui est pourtant le garant des droits des arbitres. Nous vivons un calvaire dans l'indifférence de tous les responsables du football.» Ces derniers restent sourds aux appels des arbitres marginalisés sans raison et aux dénonciations des conflits d'intérêt, de manquement au code de l'éthique, de tricheries, comme ce chapitre du sujet de l'examen écrit offert sur un plateau à un arbitre, dénoncé sur ces mêmes colonnes, sans que la Fédération diligente une enquête (menée par une commission indépendante) pour faire toute la lumière sur ce grave dépassement. La CFA se distingue par la promotion des uns, la mise en boîte des autres, en violation des règles de transparence et du statut de l'arbitre. Ces derniers jours, des informations font état d'un possible changement au niveau de la CFA. Il serait la conséquence directe de la montée au créneau de certains présidents de club. Si tel est le cas, ce serait dramatique pour le football et l'arbitrage. Cela signifie que les appels des arbitres ne trouvent aucun écho, contrairement à ceux des dirigeants de club. Lamentable !