Des arbitres sont en train de se regrouper dans un «mouvement d'indignés», comme ils le qualifient, pour «dénoncer les dérives, la hogra, la marginalisation et le mépris affichés par la Commission fédérale des arbitres (CFA) à l'égard d'arbitres honnêtes, intègres qui ont servi l'arbitrage avec conscience et qui, du jour au lendemain, se retrouvent exclus du circuit de l'arbitrage», indique un arbitre qui est à la base de ce mouvement. Notre interlocuteur ajoute : «Une pétition est en circulation et sera rendue publique prochainement. L'arbitrage est pris en otage par des individus qui agissent à leur guise et avec la complicité du bureau fédéral, informé de tous les dépassements, mais qui n'a pas bougé le petit doigt.» La situation que traverse l'arbitrage depuis l'intronisation de l'actuelle équipe dirigeante n'est pas réjouissante et surtout pas à la hauteur des attentes qu'elle a fait naître avec le changement intervenu au printemps 2014. Sur ce chapitre, un arbitre fédéral tonne : «Il ne faut plus parler d'arbitrage, mais de l'arbitraire érigé en système depuis 2 ans. Les intimidations et les pressions sont le lot des arbitres qui sont rarement désignés. L'affaire Mounir Betam est loin d'être un cas isolé. De nombreux arbitres ont vécu le calvaire que l'arbitre de Batna a dénoncé au prix d'une fin de carrière anticipée. Les arbitres qui refusent de se plier aux injonctions et qui refusent le rôle de chargés de mission sont systématiquement éliminés.» C'est une vérité. Comme c'est le cas de l'affaire de la fuite des questions à l'examen écrit pour le passage au grade fédéral. Un membre très influent de la CFA a divulgué les questions et les réponses du test écrit à un arbitre pour favoriser sa «réussite» en s'appuyant sur la tricherie. Cette affaire n'a fait réagir personne au niveau de la fédération et de la CFA et pourtant, elle est d'une gravité sans borne. Les arbitres la ressassent lors des séminaires et regroupements que la CFA organise. Il est temps que la fédération ouvre une enquête sérieuse sur cette affaire et la confie à des personnalités indépendantes ne faisant partie d'aucun organe ni structure fédérale. Le «Mouvement des indignés» s'interroge sur le «silence assourdissant de la fédération qui, par son attitude, renvoie le message suivant : ‘‘il faut laisser faire''». Un ancien arbitre fédéral porte un regard lucide sur l'actualité de l'arbitrage : «Lorsque les membres de la CFA quitteront la place, ils laisseront des ruines fumantes. Ils ont anéanti l'héritage que leur ont légué leurs prédécesseurs. La manière avec laquelle ils gèrent la ‘‘boutique'' renseigne sur leur incapacité à faire face aux défis auxquels l'arbitrage est confronté depuis des mois.» Ils ont même «oublié» de dénoncer les multiples agressions dont ont été victimes des arbitres depuis le début de saison. Les séminaires pour «fêter» les anniversaires, les désignations «sur mesure pour les amis et copains» ainsi que le pouvoir, c'est-à-dire les ordres de mission, synonymes d'indemnités, semblent être les seuls moteurs des activités de la Commission fédérale des arbitres.