Le royaume chérifien multiplie ses échecs diplomatiques à l'approche de la présentation de son « projet d'autonomie marocain » pour le Sahara-Occidental occupé à l'ONU. A tel point que même la presse marocaine n'hésite plus à mettre en exergue ce qu'elle qualifie d'« inertie » de la diplomatie du roi. Ainsi reproche-t-on aux responsables du Makhzen d'être en panne de vision et de stratégie concernant le « dossier sahraoui ». L'hebdomadaire Le journal, dans son édition du 14 au 20 octobre, regrette la gestion « folklorique » par le Maroc du dossier du Sahara-Occidental. Cet hebdomadaire évoque une série d'événements liés au dossier sahraoui qui ont, à ses yeux, entaché l'image du Maroc à l'échelle internationale. Evoquant sans hésiter « une série noire pour le Maroc », ce journal critique l'attitude des responsables marocains quand la Minurso a procédé au baisser du drapeau marocain de son quartier général à El Ayoun. Il s'en est pris également à la presse proche du pouvoir qui a tiré à boulets rouges sur le Haut commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme (HCDH). Celle-ci a estimé dans son rapport, publié au début du mois d'octobre, que l'ensemble des abus commis au Sahara-Occidental trouvent leur origine dans le non-respect du droit à l'autodétermination des populations sahraouies. Et par conséquent, ce journal trouve logique que la délégation onusienne préconise la mise en application « sans plus de délais » de ce droit. Il faut noter que les associations des droits humains ainsi que la presse indépendante avaient déjà, à maintes reprises, tiré la même sonnette d'alarme en ce qui concerne la violation des droits de l'homme dans les territoires sahraouis. Autre revers exprimé par ce journal à l'égard du Maroc, la décision par Rabat de reporter subitement la visite d'une délégation du Parlement européen à El Ayoun. Une visite qui a été pourtant longtemps programmée. Le journal s'interroge : est-ce vraiment nécessaire de provoquer un clash avec les Européens alors que le Maroc cherche à faire valider son projet d'autonomie par la communauté internationale ? Sous le titre « La diplomatie des bisous et ses conséquences », le journal La vérité, parle de « reculade affligeante » de la diplomatie marocaine sur la scène internationale. Ce journal s'en est pris, particulièrement, à la personne de Mohamed Benaïssa, actuel chef de la diplomatie, qu'il estime avoir atteint les limites de son incompétence. Pour ce journal « quand on en arrive à subir, sans discontinuité, des attaques de provenance diverse et que l'on réagit juste pour se plaindre et crier au complot extérieur, c'est que la diplomatie de ce pays et ses supposés réseaux s'emmêlent les pédales et souffrent d'un manque évident de vision et d'horizon. » Ce journal note que « le rapport onusien du Haut commissariat des droits de l'Homme est, certes, à maints égards, peu objectif à l'égard du royaume, mais qu'il ait pu s'autoriser tant d'abus à nos dépens, traduit la faiblesse de notre positionnement et souligne la perception réductrice avec laquelle nous sommes désormais abordés. » La vérité qualifie plus loin la diplomatie marocaine de « vieille machine déglinguée. » Elle évolue, selon ce journal, sans perspective, sans dessein et sans projet.