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Et si on revoyait notre modèle de (sur)consommation ?
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Publié dans El Watan le 25 - 11 - 2016

Il n'y a pas si longtemps, notre société était encore rurale et s'alimentait de produits agricoles cultivés dans nos terroirs, avec un régime alimentaire à base de céréales (couscous, mermez, chakhchoukha).
Ce plat était agrémenté de lait caillé (l'ben), ou de légumes et huile d'olive, pois chiches, plus rarement de viande de mouton et de fruits locaux (figues, dattes, raisin). C'était le régime méditerranéen algérien qui aujourd'hui perd du terrain du fait de l'évolution du mode de vie et de la mondialisation. Notre propos ici porte sur la réflexion autour de notre nouveau modèle de consommation, issu des produits de l'importation. Est-il viable face à la difficile conjoncture économique qui s'annonce ? Mais aussi est-il durable et adapté à notre santé ?
Quoi de plus normal que de souhaiter vivre selon le modèle mondialisé, qui s'avère être un modèle de surconsommation des biens et services, qui éloigne inexorablement les nouvelles générations du modèle ancestral, celui vécu il n'y a pas si longtemps par nos grands-parents ! Le monde est en train de changer à une allure vertigineuse, à tel point qu'il y a une réalité qu'on ne voit pas : le modèle planétaire de croissance n'est pas viable à terme, et il faudrait 2 ou 3 planètes supplémentaires pour répondre aux besoins de croissance de toute l'humanité !
En effet, les ressources surexploitées ne sont plus suffisantes en termes de matières premières, ressources hydriques, énergies fossiles, produits agroalimentaires.…Notre modèle économique algérien ne fait pas exception, et sans se poser la question, tout le monde trouve légitime d'aller vers la sur-consommation, oubliant totalement l'impact écologique ! Nous sommes en train de nous rendre compte par contre que ce modèle génère de la malvie (urbanisation, stress, maladies cardio-vasculaires, dépressions nerveuses, hypertension, diabète, cancers).
Et si la crise économique que vivront les Algériens était un moyen de revoir ce modèle ? Et si c'était l'occasion de revenir vers un modèle de sobriété et de consommation locale, de produits respectueux de nos traditions et du mode de vie typiquement de chez nous ? Prenons la question agroalimentaire, qui nous interpelle quotidiennement et sur laquelle nous pouvons agir, pour notre santé et bien-être !
Savons-nous ce que nous mangeons ?
Notre marché a considérablement évolué depuis une vingtaine d'années, passant d'une économie socialiste dans laquelle on ne trouvait que peu de choses mais d'assez bonne qualité, à une économie libéralisée, dans laquelle l'importation débridée permet de tout trouver sur les étalages, mais dont on ignore tout à propos de la qualité (chimique) des produits. Or, l'Organisation mondiale de la santé reconnaît que les pesticides peuvent avoir des effets toxiques aigus et/ou chroniques (cancers, problèmes hormonaux, infertilité), sachant que les enfants sont particulièrement sensibles à des doses infinitésimales.
Le modèle qui prend de l'ampleur est celui de la malbouffe, surtout chez ceux qui ne prennent pas la peine (ou le plaisir) de cuisiner chez soi. Les fast-foods, les chawarmas, frites-omelettes, pizzas, sodas, et même les produits de base que sont le pain et le lait… ! Que de produits importés finalement ! Sous forme de matières premières, ces aliments sont achetés au plus bas prix à l'international, à la qualité chimique fort discutable. En effet, nous n'avons aucun moyen de contrôler la qualité des produits. Dans le tableau qui suit, sont présentés les produits consommés actuellement par les Algériens.
Plus de 50% de ces produits sont issus de l'importation (les chiffres sont donnés ici à titre indicatif), alors qu'une partie des productions agricoles algériennes sont produites par le biais d'intrants importés (c'est le cas de la volaille, de l'aliment de bétail, des huiles (hormis l'huile d'olive), des semences, des jus de fruits,… la liste est longue, ce qui montre bien notre dépendance au marché mondial. La dernière colonne de droite montre comment changer de modèle de consommation, pour aller vers une alimentation locale et saine (et exempte de produits chimiques de synthèse)*.
Nous voyons bien que ce n'est pas évident pour les Algériens de consommer local et sain, ça exige toute une remise en question de notre mode d'approvisionnement. Consommer responsable pour sa santé et celle de notre environnement demande tout d'abord une prise de conscience des enjeux et de faire attention à ce qu'on achète.
Ça demande aussi de s'organiser éventuellement en famille ou en groupe pour s'approvisionner en produits locaux de qualité. C'est toute une nouvelle culture qu'on invite à adopter et ce n'est que petit à petit qu'on arrivera à revenir vers une nourriture saine, responsable et respectueuse de la vie paysanne, avant qu'il ne soit trop tard ! L'avenir sera écologique ou ne sera pas !
Solidarité paysanne
Le collectif Torba vise à sensibiliser le consommateur algérien à revenir au respect de la terre, de la nature et de l'environnement. Il encourage le consommateur à cultiver sa santé par la consommation responsable de produits sains et la pratique de la permaculture. Il encourage la consommation responsable des produits locaux, à travers l'organisation et la gestion des circuits courts (système AMAP) et la solidarité paysanne.
Soucieux de consommer sain et local, le collectif Torba a commencé par contacter Ammi Rachid, père d'une famille paysanne atypique dont la ferme est située à 700 m d'altitude, dans le Parc national de Chréa. Ce paysan a toujours cultivé la terre de manière ancestrale, sans ajout d'engrais chimiques ni de pesticides.
Il s'initie aux pratiques agroécologiques avec les conseils et le soutien du collectif Torba. C'est ainsi que cette famille livre chaque semaine au collectif Torba ses produits issus du maraîchage, ses fruits d'un verger diversifié, son huile d'olive, son lait et dérivés (vaches et chèvres locales), son poulet et œufs fermiers, son pain d'orge et de blé. Des couffins de fruits et légumes de saison sont livrés tous les vendredis matin, au Djnane Fayet Club, siège aussi de la Fondation Filaha et du collectif Torba.
L'existence de cette AMAP et les sorties organisées à la ferme ont permis la rencontre de personnes d'horizons divers, du monde paysan et de la ville, et que se crée convivialité solidarité et partage. Ce concept a connu un vif succès, à tel point que les producteurs-paysans n'arrivent pas à satisfaire la demande (une liste d'attente de demandeurs ne cesse de s'allonger) ; c'est pourquoi, le collectif Torba encourage les consommateurs à reproduire cette expérience dans d'autres lieux et d'autres villes d'Algérie.
Qu'est ce qu'une AMAP ?
C'est une Association pour le maintien de l'agriculture paysanne, par le développement d'une formule de vente directe entre producteur (de légumes, fruits, fromage, œufs ou viande) et un groupe de consommateurs. Ces consommateurs intéressés préfèrent généralement des produits sains, exempts de produits chimiques reconnus cancérigènes (source OMS).
Ils s'organisent pour acheter la production et la distribuent dans un point de vente situé au Fayet Club siège de la fondation Filaha, partenaire et hôte du collectif Torba. Il s'agit aussi de permettre à des consommateurs d'acheter à un prix juste des produits d'alimentation de qualité, en étant informés de leur origine et de la façon dont ils ont été produits, et de participer activement à la sauvegarde et au développement de l'activité agricole locale dans le respect d'un développement durable.
Un partenariat s'établit entre un groupe de consommateurs et un agriculteur de proximité. Il se formalise par un contrat dans lequel chaque consommateur achète en début de saison une part de la production (légumes, fruits, poulets, œufs…) qui lui est distribuée périodiquement à un coût constant. Le producteur s'engage à fournir des produits de qualité dans le respect de la charte des AMAP et du collectif des consommateurs.


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