Le monde a peur, et même terriblement depuis que la violence a envahi la planète et pas seulement une région bien précise. Il n'est pas inopportun de rappeler à ce sujet l'appréciation d'un chef d'Etat occidental déclarant, en 2003, lors de l'invasion de l'Irak, que la boîte de Pandore a été ouverte, et pour tous les analystes, la décision des Etats-Unis au sujet d'Al Qods n'aidera pas à la refermer. Ce monde était hier à l'écoute de tout ce qui pouvait provenir des Territoires palestiniens, et même du Proche-Orient, alors que se réunissait le Conseil de sécurité, lequel, quoi que l'on dise, incarne la légalité internationale. Et pour beaucoup, les Palestiniens, s'il faut parler en ces termes, ne sont pas les seuls perdants. Si l'on en juge par la somme d'analyses et leur totale convergence, ils en seraient même les principaux bénéficiaires. C'est ce qui avait d'ailleurs amené, ou plutôt contraint, l'ancien président israélien Shimon Peres à se prononcer en faveur d'un Etat palestinien, alors qu'il y était opposé, et il était d'ailleurs connu comme étant l'architecte du processus de colonisation des territoires palestiniens. Il y a trois années, et au sujet de cette même question d'Al Qods, un observateur israélien admettait qu'Israël affronte une «combinaison chimiquement explosive : une flambée de violence, un blocage diplomatique avec l'OLP, et un isolement international qui va croissant». Il serait même question, tenez-vous bien, de survie d'Israël, alors que la plupart des Occidentaux prennent très au sérieux la stagnation du processus de paix au Moyen-Orient qualifiée de destructrice. Beaucoup a été dit à ce sujet, et dès la signature des accords d'Oslo en septembre 1993, l'opposition des Palestiniens ne faisant que s'accentuer au sujet du processus de paix, dont le premier effet pour ces derniers était de donner leurs voix au Hamas qui défendait cette voie. Normal, puisque les Israéliens ne veulent pas d'un Etat palestinien, ils ont annexé Al Qods, ils refusent de libérer les prisonniers palestiniens et de permettre le retour des réfugiés. Ce sont là les trois éléments essentiels de la négociation, jamais abordés. Un principe, un cadre et une feuille de route vidés de leur substance, conduisant à un échec total, amenant l'Autorité palestinienne à explorer d'autres voies, comme le recours à l'ONU et ses institutions spécialisées, alors que de nombreux analystes palestiniens estiment tout simplement qu'il vaut mieux revenir à l'occupation israélienne à l'intérieur même des territoires devenus autonomes, un statut qui deviendra intenable pour Israël. Ce qui revient au même avec l'idée d'Etat occupé défendu par l'Autorité palestinienne forte du soutien de l'écrasante majorité des Etats membres de l'ONU. Ce qui n'est pas le cas d'Israël lâché jusque et y compris par nombre de ses alliés, surtout ces dernières années, avec au moins l'exacerbation du sentiment d'injustice et du désespoir. Ou encore de la peur que les Palestiniens ont cessé de connaître ou de côtoyer. Cette fois, ce sont les autres, principalement les Israéliens. Cela se voit depuis à vrai dire la première Intifadha en 1987, et les promesses de paix. Jamais tenues.