Une bien mauvaise nouvelle a marqué l'actualité libyenne encore et toujours faite de violence et d'incertitude(S). Le maire de Misrata, troisième plus grande ville de Libye, a été tué dimanche soir après avoir été enlevé par des inconnus, alors même qu'il quittait l'aéroport de cette ville que l'on disait parmi les plus sûres de Libye. Encore faut-il, de ce point, connaître leur nombre. Là est toute la question, ou plutôt le drame de ce pays ravagé par la violence depuis, mais surtout que l'on dit menacé de partition avec l'émergence de milices et le contrôle qu'elles exercent sur des régions entières. A l'image de cette même ville de Misrata, où sont déployés des groupes armés considérés comme les plus puissants du pays. C'est cela le chaos dans lequel a sombré la Libye depuis le soulèvement qui a mis fin à l'ancien régime de Mouammar El Gueddafi, et sans jamais pouvoir lui (en) substituer un autre. Trop de pouvoirs, tous opposés les uns aux autres, contribuant, et même fortement, à approfondir les clivages, et même (aini que) les oppositions entre les régions. Elle a même servi de refuge aux multiples groupes étrangers, de lieu d'entraînement et de repli, et surtout de dépôt d'armes, une réalité que plus personne n'ignore, et qui suscite les pires inquiétudes jusque dans les régions que l'on dit éloignées. Une bien terrible réalité, et même plus que cela, si l'on y ajoute les informations faisant état de trafic d'esclaves. Et pourtant, devrait-on dire, ce ne sont pourtant pas les plans de règlement qui ont manqué. Les initiatives sont à ce sujet fort nombreuses, et toutes tendent à mettre fin au pouvoir des milices, et mettre en place un pouvoir qui soit légitime donc accepté, et pleinement engagé dans le rétablissement de la paix dans ce pays. Ce qui veut dire aussi une approche qui fasse pleinement le consensus, et sans la moindre intervention extérieure. C'est d'ailleurs ce qui a été rappelé avec force, dimanche, lors de leur réunion, les membres (Algérie, Tunisie et Egypte) de la Tripartite sur la Libye en réitérant leur refus à toute intervention en Libye, à toute forme d'escalade ou tentative par une quelconque partie libyenne visant à saper le processus politique, et leur attachement à l'unité, à la stabilité et à l'intégrité territoriale de la Libye. Un point qui revient, relève-t-on, avec insistance tant la question se pose encore très sérieusement. Mais pas question de guerre non plus, puisque l'approche est considérée comme suicidaire et serait condamnée sans la moindre réserve. L'on remarquera ce fort appui à la position de l'ONU portée par un «plan d'action pour la Libye», réitérée justement jeudi dernier par le Conseil de sécurité. Et il s'agit cette fois de la mise en œuvre du «plan d'action pour la Libye» élaboré par l'envoyé spécial des Nations unies, abordée le 10 octobre dernier par cette même instance onusienne. C'est dire non seulement la proximité dans les positions à l'égard de cette question, mais aussi dans le temps, ce qui est remarquable et révélateur de l'intérêt qui lui est porté. Une urgence sur laquelle il y a convergence, car la situation demeure dangereuse.