Quel crédit accorder à présent aux propos des responsables centraux et locaux de la culture quant à leur engagement à développer le secteur ? Tizi Ouzou semble, en fait, victime d'un plan d'assèchement culturel sans commune mesure. Le metteur en scène, Fouzia Aït L'Hadj a mis à nu les carences de ceux qui sont en charge de certains dossiers du secteur de la culture. Elle est la directrice du théâtre Kateb Yacine, érigé en théâtre régional il y a plus d'une année. Mais, elle est non seulement sans salaire, mais aussi sans bureau. Aussi, la bazardisation de l'emblématique immeuble persiste. Cette semaine, on y fête la mariée et la lingerie féminine. Cinq ans après que l'établissement a été repris par les autorités aux archs qui y avaient installé leur permanence en 2001, la situation n'a pas évolué. Le 17 janvier dernier, le directeur de la culture avait annoncé que 1,5 million de dinars ont été débloqués pour la rénovation du théâtre. L'ouverture était annoncée pour cet été. La semaine dernière, le même responsable a annoncé qu'un bureau d'études a été engagé pour le même projet. Autrement dit, il faudrait encore attendre. Pendant ce temps-là, les troupes des amateurs évoluent dans un cadre inapproprié, des comédiens de l'Institut des arts dramatiques de Bordj El Kiffan sont sans emploi. En brimant la création artistique par mauvaise volonté politique, ce sont les talents qui sont étouffés. Un animateur d'une troupe de théâtre amateur d'un village de la wilaya a indiqué que les enfants qui ont grandi avec des attentats sanglants ont besoin de rêver, d'écouter des histoires, des contes. Fouzia Aït L'hadj est venue avec des projets : formation de scénographes, de comédiens, d'auteurs, dynamisation de l'établissement, encadrement des troupes amateurs, etc. La directrice du théâtre Kateb Yacine est sans point d'attache et des comédiens sans scène. Mais le théâtre est régional. Virtuellement. Tizi Ouzou plante les décors. La comédiecontinue.