La grève à laquelle ont appelé les syndicats autonomes a été largement suivie à Oran dans le secteur de l'éducation mais aussi dans celui de la santé. Hier, des représentants de la coordination de l'éducation ont organisé une conférence de presse au siège de l'UNPEF pour expliquer les motivations des protestataires à rejoindre cette action mais aussi donner une évaluation, même partielle, du suivi du mouvement de grève. Les représentants locaux, à l'instar de M. Aous du SNAPEST, de Abdelhadi Mohamed de l'UNPEF ou de Bourogba Redouane, vice-président de la coordination des adjoints de l'éducation affiliée au SETE, ont insisté sur le fait que les revendications concernent pour le moment la nécessité d'améliorer la situation sociale des travailleurs du secteur. Ils ont remis en cause le contenu des propositions de l'administration axées, selon leur lecture, sur des aspects répressifs avec, comme conséquence, la marginalisation des représentants syndicaux dans les commissions. Concernant les lycées, le taux de suivi a été qualifié de satisfaisant avec 48 établissements sur 51 que compte la wilaya. « Même des enseignants qui ont répondu à l'appel du CNAPEST ont également observé la grève avec nous », indique M. Aous. Une syndicaliste de l'UNPEF a même assuré que des travailleurs affiliés à l'UGTA ont participé à la grève car, selon elle, conscients de la légitimité des revendications. « Nous laissons de côté les conflits intersyndicaux, car nous prônons une démarche unioniste dans l'intérêt de tous », assure pour sa part le représentant de l'UNPEF qui estime la participation du cycle moyen à une fourchette comprise entre 60 et 70%. « Nous sommes les plus lésés par le contenu des nouveaux textes », considère M. Bourogba qui évalue la participation dans le cycle primaire à plus de 57%. Les intervenants ont cependant tenu à clarifier l'origine de l'écart entre les chiffres annoncés par l'administration et les syndicats. « Nous, hormis le fait que les vacataires sont exclus de fait de la grève, ce qui est prévu dans la loi, nous tenons compte uniquement des enseignants ou des employés qui travaillent le jour de la grève alors que l'administration calcule le taux de participation en fonction de l'effectif global de l'établissement », explique-t-on. Sur un autre registre, celui de la santé, Dr Djallal, vice-président du SNPSP, a insisté sur le fait que 70% du personnel concerné ont répondu favorablement au mot d'ordre de grève. « Nous avons évidemment tenu à maintenir un service minimum, mais cela ne doit pas servir à l'administration pour minimiser l'impact de la participation », a-t-il indiqué.