Aujourd'hui, la carrière de Kad Merad a pris un tournant décisif. Il est devenu en effet un des acteurs les mieux payés du cinéma français et, sur la période 2007-2008, il est à l'affiche d'une dizaine de longs métrages dont La tête de Maman. Ce soir, je dors chez toi, Faubourg 36 et le fameux Bienvenue chez les Ch'tis … De son vrai nom, Kaddour Merad, cet Algérien (aujourd'hui binational) est né le 27 mars 1964 à Sidi Bel Abbès d'un père qui travaillait dans le montage de wagons et d'une mère qui était une des premières coiffeuses de la ville. Juste après sa naissance, sa famille émigre en France et c'est à Balbigny, dans la Loire, puis à Ris-Orangis, dans l'Essone, que le petit Kaddour engage sa scolarité. Il obtient son baccalauréat et entre dans une école de commerce mais ses penchants pour l'art le dissuadent de poursuivre ses études. Adolescent, il avait créé plusieurs groupes de rock sans envergure où il était tantôt batteur et tantôt chanteur. Il découvre d'ailleurs la scène au Club Méditerranée avec le groupe Gigolo Brothers. A cette période, il entreprend une courte expérience théâtrale, sous la direction de Jacqueline Duc, dans des pièces du répertoire classique. Puis il entre en 1991 à la radio OUI FM et y rencontre son complice, Olivier Baroux, avec lequel il crée un duo qui se fait connaître en créant l'émission hebdomadaire Rock'n roll Circus. Kad Merad crée parallèlement une émission quotidienne d'expression libre, le Ziggy Show. Ils sont repérés alors par l'animateur-producteur, Jean-Luc Delarue qui les propulse à la télévision avec la série Les 30 dernières minutes. On lui propose de petits rôles au cinéma, souvent burlesques ou insignifiants mais qui lui mettent le pied à l'étrier. En 2003, il coécrit avec Olivier le film Mais qui a tué Pamela Rose ? » où ils jouent. C'est leur première apparition d'importance. En 2007, arrive la consécration pour Kad Merad avec le César du meilleur acteur dans un second rôle, dans le film Je vais bien, ne t'en fais pas, tiré du roman éponyme d'Olivier Adam. Il y confirme un véritable talent d'acteur dans un registre différent de l'humour à tout crin, ce qu'il avait laissé percevoir dans certains films comme Les Choristes (2004) où il était le surveillant général d'un pensionnat. Le César s'accompagne d'une consécration socio-médiatique en tant que parrain du Téléthon 2007, membre des Enfoirés (artistes soutenant les restaurants du cœur)… Acteur dans 26 longs métrages et 7 courts, il a signé les scénarios de deux films. Il est un des rares comédiens d'origine maghrébine en France à jouer dans des rôles où il incarne des personnages français ou d'autres nationalités. Et selon de nombreux critiques, sa palette d'acteur est loin d'avoir révélé tout son potentiel.