Des enfants malades, on en voit des centaines par garde au pavillon des urgences pédiatriques. En moyenne 200 voire 300 le week end ! Et les infections ORL constituent le pain quotidien des pédiatres. La plupart de ces infections de l'enfant sont virales et guérissent spontanément, donc ne requièrent que quelques médicaments pour soulager la douleur et la fièvre. Dans certaines situations seulement, on doit avoir recours aux antibiotiques : comme en cas de fièvre persistante, une angine pultacée (ou il y a du pus) avant 4 ans et tout enfant au delà de 4 ans afin d'éviter les complications liées au streptocoque (scarlatine, rhumatisme articulaire aigue...). Certes il est très difficile pour le praticien de déterminer si la cause est bactérienne ou virale. De ce bon diagnostic dépendra la prescription ou non d'antibiotiques. Car ces médicaments ne sont efficaces que sur les bactéries. Et c'est l'administration « à tout va » d'antibiotiques qui est montré du doigt dans l'apparition de résistances. Selon l'Organisation mondiale de la santé, certains antibiotiques actuellement disponibles pourraient ne plus être efficaces d'ici 10 à 20 ans. Face à nos médicaments préférés, les bactéries ont appris à se défendre et nous ne sommes pas sûrs de gagner la bataille. Or , ce qu'on constate c'est que les antibiotiques sont plus prescrits dans le secteur privé, certains médecins en donnent à l'enfant dès qu'ils observent de la fièvre. De plus, les familles sont également responsables : A cause d'un manque d'information, ils demandent la prescription d'antibiotiques, pensant que leur enfant va guérir plus vite. Cette utilisation massive fait apparaître chez certains enfants des germes résistants aux quels le corps ne répond pas sous antibiotiques. Si on pose la question à un pédiatre, pourquoi les ordonnances prescrites sont elles aussi chargées de médicaments alors qu'un antipyrétique et du sérum physiologique auraient pu suffire à soigner l'enfant, il vous dira que les parents ne le rameront plus chez lui car ils resteront insatisfaits même si, il leur explique ! Alors, il préfère prescrire même s'il en connaît les risques plutôt que de tenter de convaincre les parents !