Omar El-Béchir et Salva Kiir qui se sont rencontrés, directement, pour la dernière fois, officiellement lors du dernier Sommet de l'UA, en janvier dernier, se sont retrouvés, en tête-à-tête, samedi soir, dans un hôtel d'Addis-Abeba. Une première depuis les combats qui ont opposé les armées des deux Soudan à leurs frontières entre mars et mai. Seul couac, les deux présidents n'ont fait aucune déclaration après cette rencontre qui a duré un peu plus d'une heure. En présence de conseillers, d'abord, en tête à tête, ensuite. Fait nouveau, les deux dirigeants, qui ont promis « un nouvel esprit de partenariat stratégique, se sont engagés à ne plus jamais recourir à la force pour régler leurs divergences », dixit Ramtane Lamamra, le commissaire de l'UA à la paix et la sécurité. « Sans paix, il n'y aura pas de développement et les deux Etats ont tout intérêt à consolider cette évolution et de renoncer à la violence », déclare le président en exercice du CPS, le chef de l'Etat ivoirien, Alassane Ouattara. Les analystes se demandent si El Béchir et Kir qui n'ont pas échangé un traître mot, lors de la réunion du Conseil de paix et de sécurité de l'Union, consacrée dans la matinée aux tensions existantes entre leurs deux pays, n'ont pas agi sous la menace des sanctions brandies par l'ONU et l'UA. « Ils se sont rencontrés (...) et ça a été un bon entretien », affirme Pagan Amum, le négociateur en chef du Soudan du Sud estimant que la rencontre a « créé un environnement favorable ». Selon ce dernier, ils auraient même trouvé des « accords de principe » sur tous les sujets de tension en suspens entre les deux pays depuis la partition du Soudan en juillet 2009. Est-ce un feu vert pour leurs négociateurs qui n'ont pour l'heure débouché sur aucun réel progrès ? Un nouveau cycle a repris le 12 juillet, à Bahar Dar, dans le nord-ouest de l'Ethiopie. L'UA et l'ONU ont donné jusqu'au 2 août à Khartoum et Juba pour régler leurs différends - tracé de la frontière, ressources pétrolières et statut de zones contestées notamment -, sous peine de sanctions. M. Amum dit espérer que les deux pays puissent parvenir à un accord avant cette date. En janvier, Juba, qui a récupéré lors de la sécession 75 % du pétrole du Soudan d'avant la partition, reste tributaire des oléoducs du nord pour l'exporter. Elle a stoppé sa production de brut, accusant Khartoum de détourner son pétrole sur fond de différend sur les redevances de transit. Cette décision a sérieusement dégradé les économies des deux voisins.