Située sur la RN3, à la sortie sud de la ville de Khroub, la nouvelle ville Massinissa (qui porte son nom par rapport au mausolée du roi Massinissa), érigée dans l'urgence au début des années 2000, se dégrade d'année en année, contrairement à Ali Mendjeli, présentée, normalement, comme sa sœur jumelle. La cité est à la traîne et manque de tout : confort, animation culturelle et sportive, aires de jeux, moyens de transport, commerces, établissements de santé...etc. Un habitant ironise à ce sujet en nous déclarant : « La ville ressemble à une grande prison sans murs ! » Le principal boulevard a pris un coup de vieux en à peine une dizaine d'années, seuls les quelques commerces font un semblant d'animation. Paradoxalement, au tout début, cette méga-cité avait, pourtant, la cote auprès des habitants de Constantine qui voyaient en elle une future ville moderne et agréable. Résultat du laisser-aller et d'une urbanisation chaotique des autorités de l'époque. Aujourd'hui, la cité ressemble à une grande cité-dortoir. Coincée entre deux chantiers, une nouvelle cité LSP, certes, inaugurée en 2009 et plutôt agréable à voir, est à l'abandon en raison de la dégradation de la chaussée, de l'absence d'éclairage public la nuit, de l'insécurité et de l'insalubrité. Les habitants ont constitué un comité de quartier en réaction : « Nous espérons que la nouvelle APC de Khroub s'occupera de la ville et de notre quartier. Depuis que nous sommes ici, nous avons l'impression que la mairie nous rejette, aucun responsable ne daigne nous recevoir, les visites du wali n'ont rien amélioré, les entrepreneurs, qui ont en charge la mise à niveau du quartier sont très en retard », se plaint un résidant de la cité. Autre souci, l'ennui et le manque de loisirs qui poussent les jeunes à sombrer dans l'alcool et la drogue. Selon certains habitants, le phénomène des gangs fait rage ces derniers temps. En effet, des bandes de voyous s'affrontent de jour comme de nuit, et les bilans mensuels de la police ne font que confirmer le climat d'insécurité dans cette ville. Certains résidents ne se gênent pas pour se livrer à une activité illicite. Après le commerce informel, c'est au tour de l'élevage d'animaux à illustrer cette clochardisation de la ville. Pour preuve, vaches et moutons sillonnent normalement les quartiers en plein jour, des petites fermes, construites au pied des immeubles, ont même vu le jour. Les habitants, dont beaucoup regrettent déjà de résuder dans cette ville, attendent beaucoup de la nouvelle APC, tout est à refaire ou presque. Mais si, pour rattraper le retard, l'Etat a procédé à la mise à niveau des nouvelles villes construites ces dernières années -le ministre de l'Environnement et de la Ville, Amara Benyounes, a qualifié, lors de sa visite à Constantine, il y a quinze jours, Ali Mendjeli de catastrophe urbanistique-, avec le déblocage d'un fonds de 14 milliards de dinars pour Ali Mendjeli, le cas de Massinissa demeure encore flou. Entre temps, la population de la ville continue à croître. Aussi, on prévoit que d'ici quelques mois, la ville accueillera près de 100.000 âmes.