Photo : Slimene S.A. La Fédération nationale des agences immobilières revient à la charge en demandant aux autorités publiques de réviser la loi 09-18 fixant les modalités d'agrément. Essentiellement l'article stipulant l'obligation pour l'agent immobilier d'être titulaire d'un diplôme universitaire ou du moins avoir un diplôme reconnu Selon Abdelhakrim Aouidat, vice-président de la fédération, 80% des 6600 agents en exercice à travers tout le territoire national ne sont pas diplômés. «Nous ne pouvons pas exiger à un agent qui a plus de 20 ans d'expérience de retourner à l'école», souligne notre interlocuteur rencontré au Salon international de l'immobilier «IGIMMO» où il participe comme exposant. Ce dernier a souhaité que le ministère de l'Habitat revienne sur la question de la rétroactivité de cette loi. «Nous ne sommes pas contre la professionnalisation de la corporation mais nous considérons qu'il est injuste de mettre tout le monde au même niveau», souligne le vice-président avant d'ajouter que la fédération a proposé de conclure une convention avec l'université de la formation continue pour une certaine catégorie des agents et d'organiser des séances de mise à niveau pour d'autres.Et d'ajouter : «Nous avons même contacté l'ANEM pour qu'elle nous propose des universitaires pour accompagner les agents mais celle-ci nous avait fait savoir qu'elle ne propose que des primo demandeurs d'emploi qui n'ont pas d'expérience». Le vice-président estime également nécessaire que les autorités publiques promulguent une loi, laquelle définira non seulement les droits et obligations des agents mais aussi ceux des clients. M. Aouidat souligne que l'agent immobilier «est souvent mal vu en cas d'arnaque alors qu'il est la première victime dans toute transaction». L'agent immobilier est confronté à des problèmes dont il n'est pas responsable, dit-il. A titre d'exemple, il citera le cas «où un demandeur verse au préalable des arrhes pour l'achat d'un logement ou même pour une location à l'agence et en fin de compte, l'offre est retirée rendant la situation embarrassante et même conflictuelle avec le client. Il y a même ceux qui mettent leurs offres dans plusieurs agences immobilières à des prix différents et dans ce cas-là, c'est l'agent lui-même qui perd sa crédibilité». Selon lui, il est impératif qu'il y ait un cadre juridique qui régit ce genre de transaction et d'instaurer une relation contractuelle qui assurera les intérêts de tous les concernés. Pour M. Aoudia, les clients oublient que l'agent n'est qu'un acteur intermédiaire. Toutefois, il fait remarquer qu'une certaine anarchie entache cette activité, qui, selon lui, est ouverte à n'importe qui. «Il y a des agences en activité alors qu'elles ne sont même pas enregistrées au registre de commerce», a-t-il indiqué avant d'ajouter que «90% des affaires traitées au niveau des tribunaux concernent les agences immobilières informelles».