La Banque centrale européenne (BCE) a pris hier ses responsabilités. Elle a décidé, malgré le refus de la zone euro de prolonger le plan d'aide grec au-delà du 30 juin, de maintenir Athènes sous perfusion. Comment ? En maintenant le plafond des liquidités d'urgence pour les banques grecques à son niveau actuel, soit 89 milliards de dollars. Cette décision laisse de facto la porte ouverte à une solution politique pour éviter la déroute de l'économie grecque et le « Grexit ». Cité dans un communiqué de presse, Mario Draghi, président de la BCE, déclare : « Nous continuons de travailler en relation étroite avec la Banque de Grèce (...) ». Dans le même communiqué, Yannis Stournaras, gouverneur de la Banque de Grèce dit : « La Banque de Grèce, en tant que membre de l'Euro système, prendra toutes les mesures nécessaires pour garantir aux citoyens grecs la stabilité financière en ces circonstances difficiles ». Les négociations pour éviter à la Grèce un défaut de paiement ont pris un nouveau tour samedi, après l'annonce fracassante d'un référendum le 5 juillet où les Grecs sont invités par leur Premier ministre à dire « non » aux exigences des créanciers (BCE, FMI et Commission européenne). Convoqués en urgence à Bruxelles, les ministres des Finances de cette zone ont refusé de prolonger au-delà du 30 juin une nouvelle fois le programme d'aide à ce pays censé rembourser 1,6 milliard d'euros au FMI. La Grèce qui a mis un pied en dehors de la zone euro, selon la presse spécialisée, évitera-t-elle la faillite ? Une sortie de la Grèce de la zone euro paraît désormais presque inévitable, estime le ministre autrichien des Finances, Johann Georg Schelling. A Bruxelles, certains planchent déjà sur les risques de contagion de cette « sortie ». A Athènes, les citoyens sont la proie d'une panique bancaire. Selon certains experts, les pays européens gagneraient à ériger des digues pour éviter la fuite des capitaux de ce pays. Faute de disposer d'assez d'euros, la Grèce pourrait émettre des reconnaissances de dettes du gouvernement, en tant qu'ersatz de monnaie afin de payer salaires et fournisseurs. Si ces titres se multipliaient, s'échangeaient, fluctuaient, Athènes n'aurait au bout d'un moment pas d'autre choix que d'introduire officiellement une autre monnaie et de se résigner à renoncer à l'euro. Le ministère allemand des Affaires étrangères a recommandé hier aux Allemands se rendant en Grèce de « prévoir suffisamment d'argent liquide »