Considérée comme l'un des premiers relais et un maillon fort de l'information continue, la radio nationale est, depuis 1991, année de la création de la première radio locale, la Saoura (Béchar), plus présente dans la société. Le maillage du pays par un réseau de 48 radios locales et de quatre chaînes thématiques, en l'occurrence Radio culturelle, Radio Coran, Radio Jil FM et Radio internationale, n'a fait que conforter la position de ce média. Des voix accompagnent le citoyen là où il se trouve. Dans des émissions interactives, la parole est accordée à l'auditeur, et souvent en direct. Les pouvoirs publics, en multipliant les canaux de diffusion, ont rapproché les citoyens de la radio. Dans un pays aussi vaste que le nôtre, une radio nationale ne pouvait refléter à elle seule les préoccupations des citoyens et valoriser son riche patrimoine. L'apparition du Net et la voiture ont redonné une seconde jeunesse à la radio. Pour faire fonctionner cette machine, des femmes et des hommes travaillent d'arrache-pied. Ils sont journalistes, techniciens ou animateurs au service de l'information et du citoyen. Parmi eux Mohamed Chellouche, directeur de la radio culturelle et directeur du musée de la radio. Pour lui, « bien que la radio ait connu un bon qualitatif dans les moyens de travail, l'autosatisfaction ne peut être complète. » La satisfaction n'est pourtant pas entière. « Nous avons négligé à un moment l'aspect humain et la formation », reconnaît-il. « En 1986, avec la séparation de la télévision de la radio, cette dernière s'est libérée et est devenue autonome en matière de gestion et cela a permis des moyens techniques qui ont modernisé l'outil. » L'information de proximité, par les radios locales dotées de véhicules et de studios, s'est par conséquent renforcée et diversifiée. « En 1988, lors d'une rencontre internationale, le président d'une délégation saoudienne s'est étonné d'une telle interactivité et d'espace d'expression directe sur les ondes. La liberté d'expression chez nous est une réalité », nous confie notre interlocuteur. L'amélioration des performances professionnelles se constate depuis quatre ans. « Depuis 2010, le retard dans la formation a été rattrapé avec, notamment, la programmation de sessions au niveau du centre de Tipasa. Des conventions ont été signées à cet effet avec la BBC, Radio Canada, Radio France, pour encadrer ces formations. Mieux, des formateurs algériens ont été apprêtés pour remplacer les formateurs étrangers », nous a expliqué le directeur de la Radio culturelle. « L'application de la nouvelle grille des salaires reflète le travail fourni par cette corporation et son rôle dans la société », a souligné le responsable à la radio. Il estime aussi que « le 22 octobre rappelle le combat des journalistes qui étaient également des militants. Pour conforter ses dires, Chellouche se rappelle la phrase de feu Houari Boumediene : « La révolution algérienne c'est moitié l'ALN et moitié Aissa Messaoudi. » Pour Chellouche, « célébrer cette journée est une reconnaissance du sacrifice de nos aînés. » « Du scotch à l'ordinateur » Mohamed Siad, de radio culturelle, évoque son travail avec fierté. Depuis 7 ans qu'il exerce, il se dit chanceux car il a assisté à l'évolution de la radio. « A mes débuts, mon outil de travail était un simple Nagra et une bande d'enregistrement. L'unique moyen pour procéder au montage était alors une paire de ciseaux et du scotch. » Selon lui, « la création d'un service d'information en 1995, composé de jeunes encadrés par les pionniers, a permis de donner un nouveau souffle à la Radio. » « L'évolution du temps d'émission de 17 à 23 heures sur les ondes FM et l'acquisition d'un nouveau siège depuis une année, ont permis d'amplifier notre voix et d'améliorer les conditions de travail. » L'effectif de la radio thématique a depuis atteint 30 personnes, entre journalistes, techniciens et animateurs. » L'évolution n'est pas seulement d'ordre technique. « L'application de la grille des salaires en 2012 a contribué à améliorer nos conditions de vie et à nous motiver davantage », nous dit notre confrère. Témoignage d'une journaliste de la Chaîne III Ecouter Radio Chaîne III est un plaisir pour beaucoup de citoyens. La chaîne francophone, qui émet toute la journée, est même devenue une source d'information, à travers des émissions spécialisées dans tous les domaines. Sa présence lui assure un écho auprès de notre communauté à l'étranger. Les efforts de modernisation et de renouvellement du plateau technique sont une réalité. Hafida Hamouche, grand reporter et ayant accumulé une expérience depuis 24 ans, témoigne de cette évolution. « Avec la numérisation de grands pas ont été réalisés sur le plan professionnel se réjouit-elle. Pour notre consœur. L'autre acquis des travailleurs de la Chaîne III, à l'instar des 800 travailleurs des ondes, est incontestablement l'adoption de la grille des salaires. « C'est la réparation d'une erreur qui a longtemps porté préjudice à la corporation. Mieux, le reclassement est systématique, suite à une décision de notre directeur général.