Constat n L'état d'abandon, remarqué dans la majorité de nos immeubles, qu'ils soient de l'époque coloniale ou récents, est déplorable. L'origine de cette situation tient au manque de rénovation et d'entretien périodiques notamment après le désengagement de l'Etat. Une responsabilité qui incombe, donc, aux locataires devenus, après l'application de la loi sur la cession des biens publics, propriétaires. Peu préparés à ce genre de responsabilités, ces derniers n'ont pas été à la hauteur, laissant les immeubles tomber en décrépitude. Les ascenseurs, toujours opérationnels dans nos immeubles aussi bien anciens que nouveaux, se compte sur les doigts de la main. Même constat pour les terrasses qui, suite à l'exode rural qu'ont connu nos grandes villes, se sont transformées en habitations. Que dire alors du concierge qui, désormais, est de l'histoire ancienne ? Il était le gardien de l'immeuble chargé de surveiller les entrées et sorties, mais aussi d'accueillir et de de renseigner toute personne étrangère au bâtiment. C'était également la personne la mieux indiquée pour renseigner même pour une éventuelle demande en mariage lorsque l'heureuse élue habite le quartier. L'absence de cette culture, puisque c'en est vraiment une, a transformé radicalement la cité. C'est ainsi que l'anarchie a pris le relais après la traditionnelle gestion du patrimoine immobilier qui a fait les beaux jours d'Alger la blanche pour ne parler que de la capitale. Celle-ci tente, tant bien que mal, de sauvegarder jalousement l'identité d'une architecture qui risque de disparaître au vu et au su des autorités. Outre les dégradations et l'absence d'entretien, nos bâtiments sont, aujourd'hui, envahis par des individus imposant l'insécurité et le huis clos pour tout le voisinage. Dans les cages d'escaliers, nous ne sommes d'ailleurs plus étonnés par les odeurs d'urine et de boissons alcoolisées qui nous «accueillent» et accompagnent ces «veilleurs de nuit» d'un autre genre dans l'attente d'un lever de soleil… d'espoir ou d'évasion. La décennie noire a contribué, pour sa part, à détruire les liens sociaux entre voisins du même palier. L'individualisme est, à présent, le seul garant de la sécurité. Et la culture «de ce qui se passe au-delà de ma porte ne me regarde pas» a pris le dessus d'une solidarité millénaire que même le colonialisme n'avait pas réussi à anéantir. Du coup, les cages d'escaliers sont devenues des lieux publics profitant aux personnes étrangères à l'immeuble qui les prennent comme domicile. Cette situation a poussé beaucoup de familles à déménager. Les logements sont transformés en cabinets médical, d'avocat ou en études de notaire ou toute autre profession libérale. En somme, tout plaide aujourd'hui pour la création de structures à même d'assurer la sécurité, l'entretien et la préservation de notre parc immobilier dont les plus anciens sont en dégradation avancée.