Homme avisé, Abdelkader a compris que pour poursuivre l'édification de son Etat, il lui faut la paix. Il va donc, avec l'aval des chefs de tribus, traiter de nouveau avec les Français. Ceux-ci, poussés par leur opinion publique, favorable à la paix, sont d'accord pour un nouveau traité. C'est le traité de la Tafna (30 mai 1937), signé cette fois-ci du côté français par le général Bugeaud. Au terme de l'accord, les Français acceptent de se replier sur le littoral, abandonnant tout l'arrière-pays à l'Emir. Fort de son succès, celui-ci va profiter du répit pour consolider son autorité, soumettre les tribus hostiles et réduire les oppositions. Ainsi, les deux tiers de l'Algérie vont relever de sa souveraineté.Cette puissance va inquiéter les Français qui viennent de conquérir Constantine et qui ont peur que l'Ouest algérien ne leur échappe. Ils commencent à violer délibérément le traité de la Tafna. L'emir prend alors l'initiative de reprendre la guerre contre l'envahisseur. Le 20 novembre 1839, le djihad, la guerre contre l'occupant, est déclarée. Elle va durer huit années entières, jusqu'en décembre 1848. Les débuts de la guerre sont favorables aux Algériens, les Français se tenant sur la défensive. Le maréchal Valée, en dépit des moyens mis à sa disposition, ne parvient pas à le refouler en Oranie.