Différence - Ce mur ne ressemble ni au mur de Berlin ni aux autres dans le monde puisqu'il est deux fois plus haut et deux fois plus large et sa chute n'est malheureusement pas pour demain. «La barrière de la honte», «barrière anti-terroriste», «grillage de séparation», «le mur de sécurité», «clôture de sécurité», «muraille de protection», «zone de couture», «mur de séparation raciale», «mur de l'Apartheid», «mur de la haine», «mur d'annexion», etc. Le vocabulaire des appellations diffère, selon qu'on soit pour ou contre, mais il désigne au final un mur, dont le début de la construction remonte à l'été 2002, autour de la Cisjordanie et de Jérusalem pour assiéger et isoler les populations palestiniennes et garantir la politique colonisatrice et d'occupation israélienne. Bien que ce projet ait été plusieurs fois condamné dès son entame par la communauté internationale à leur tête les Nations unies, Israël continue, au mépris de l'humanité, la construction de ce mur. A court d'arguments et en dehors de la volonté d'écraser avec tous les moyens le peuple palestinien, Israël justifie sinistrement la construction du mur par des raisons sécuritaires. Mais derrière, sans entrer dans les dédales inextricables du tracé du mur, apparaissent les objectifs expansionnistes, coloniaux et raciaux du projet. Contrairement à ce qui a été affirmé avant l'entame de la construction, à savoir que le tracé du mur suivrait celui de la ligne verte établie après l'armistice de 1949 entre Israël et les pays arabes et qui a délimité le territoire disputé de la Cisjordanie, l'actuel tracé s'écarte dans de nombreux endroits de plus de 20 kilomètres, de la ligne verte sur près de 70%. L'objectif est celui d'inclure et d'englober la majeure partie des colonies juives et de confisquer leurs terres aux Palestiniens. Cela fait référence à la formule selon laquelle «ce qui est construit aujourd'hui sera juif demain» et le démantèlement d'un tel ouvrage nécessitera du temps et des moyens colossaux à l'avenir. La construction du mur compromettra fortement toute éventuelle proposition de partage et de paix entre les deux peuples. C'est dire qu'Israël a tout planifié avant le lancement de ce projet dont un kilomètre lui coûte un million de dollars. D'ores et déjà, plusieurs milliers de familles palestiniennes ont été forcées de quitter leurs terres et leurs maisons, se trouvant désormais de l'autre côté du mur. Selon des informations 45% des terres cultivées palestiniennes et un tiers des puits d'eau de la ville, se retrouvent désormais à l'extérieur de la barrière. Les habitants palestiniens doivent demander des permis aux Israéliens pour accéder à leurs terres. Long de 709 kilomètres à son achèvement définitif, le mur érigé en Cisjordanie, illustration de la pire ségrégation raciale de ce siècle. Il est consolidé par des parois de béton de 8 mètres, des miradors ou de tours de contrôle tous les 300 mètres, des tranchées profondes de 2 mètres, des fils de barbelé et des routes de contournement. Certains postes d'observation sont tenus électroniquement avec des moyens technologiques ultramodernes ou par des soldats tout le long du tracé.