Depuis ce matin, toutes les boucheries de la commune de Tizi Ouzou ont baissé rideau. Ce mouvement de protestation de la corporation des bouchers est venu en guise de solidarité avec les travailleurs de l'abattoir communal de Tizi Ouzou dont l'entreprise est fermée depuis hier. Ce matin encore, les travailleurs de l'abattoir, soutenus par les bouchers, ont observé un rassemblement devant l'enceinte de l'abattoir pour réclamer sa réouverture. Tout au long du boulevard Stiti, qui a été fermé hier à la circulation par les protestataires. Cinq fourgons de CNS ont été dépêchés sur les lieux, probablement pour empêcher le blocage du boulevard. Les contestataires et les policiers se regardaient sans broncher. Notons que cet abattoir, classé deuxième à l'échelle nationale sur le plan infrastructurel et d'accueil de têtes animalières à abattre, emploie trente-cinq personnes. Tout porte à croire que les autorités locales ne sont pas prêtes à lâcher du lest et procéder à la réouverture de l'abattoir. Hier, une délégation de l'APC s'est déplacée sur les lieux et avait promis l'intervention du P/APC. Rien n'y fit. Du coup, d'autres actions seront décidées pour arracher la remise en route de cet abattoir qui est opérationnel depuis 1973. On croit savoir qu'il est le deuxième, après celui de Ruisseau (Alger), en matière de capacité d'abattage. L'abattage moyen journalier de têtes s'effectuant à l'abattoir communal de Tizi Ouzou est estimé entre 60 et 70 têtes bovines, 20 et 30 têtes ovines et 15 et 20 chevalines. Cette fermeture est tombée sur la tête des travailleurs et des bouchers de la commune, qui sont au nombre de 120, comme un coup de massue. On ignore les véritables raisons de cette décision qui reste rejetée par tous.