Une foule en colère a pris d'assaut un commissariat de police dans le sud du Pakistan, pour entraîner à l'extérieur un homme soupçonné d'avoir profané Le Coran, qu'elle a ensuite battu à mort, a indiqué la police hier, samedi. L'homme, dont on pense qu'il s'agissait d'un déséquilibré, a été tué, vendredi, dans le district de Dadu dans la province de Sindh, puis son corps a été brûlé par des centaines de villageois. Environ 30 personnes, soupçonnées d'avoir participé au lynchage, ont été arrêtées. La loi pakistanaise sur le blasphème, prévoit jusqu'à la peine de mort pour les personnes dénigrant le Prophète Mohammed (QSSSL) et la prison à vie à quiconque brûle Le Coran. Les violences ont débuté dans le village de Seeta, quand «des gens des villages voisins ont appris qu'un homme avait brûlé des exemplaires du Coran», a indiqué un responsable de la police locale. «Ils l'ont emmené, l'ont tabassé, puis l'ont brûlé», a-t-il précisé. La police avait arrêté cet homme vendredi, après que des gens eurent déclaré qu'ils l'avaient vu en train de brûler des exemplaires du Coran dans la mosquée de Seeta, a indiqué un villageois, ajoutant qu'«ils l'ont attrapé puis amené à la police vendredi matin». Certains des assaillants ont filmé la scène du lynchage avec leur téléphone portable. «Les seules preuves que nous ayons pour le moment sont les clips vidéo que les assaillants ont pris avec leurs portables, qui montrent comment la victime a été tabassée puis brûlée», a déclaré un responsable de la police.